Planet Libre

Okki : Création d’un compte Mastodon


Pour ceux qui n’en auraient encore jamais entendu parler, Mastodon est un logiciel libre de microblogage, et un réseau social décentralisé. Si ça ne vous parle toujours pas, disons que pour l’utilisateur final, c’est le même principe que Twitter, la liberté et le respect de l’utilisateur en plus 😁

Chacun est libre de créer sa propre instance et de fixer ses propres règles, ou d’en rejoindre une déjà existante, comme celles de La Quadrature du Net, de Framasoft, ou parmi la centaine d’autres.

Je ne vais pas réexpliquer le principe de Mastodon, Next INpact et Numerama ayant déjà écrit de nombreux articles sur le sujet :

Donc voilà, je me crée un compte sur l’instance gérée par La Quadrature du Net, puis celle-ci de me prévenir qu’il faut que j’indique l’adresse @gnomelibre@mamot.fr à mes amis pour qu’ils puissent m’envoyer un message ou me suivre à partir d’une autre instance.

Je configure rapidement mon compte et m’empresse de balancer mon premier « pouet » (l’équivalent local d’un tweet) sur la mort annoncée des clients libres pour Twitter (on notera d’ailleurs que WordPress ne sait toujours pas inclure les pouets correctement dans un article, affichant énormément d’espace entre le pouet et le reste de l’article).

Et maintenant, c’est le drame. N’étant pas présent sur Twitter (j’avais créé un compte il y a longtemps pour pouvoir illustrer un article sur Corebird, mais ce n’était guère allé plus loin), on ne peut pas dire que je sois particulièrement à l’aise avec le microblogage (je suis resté bloqué sur IRC :)

Je cherche donc à suivre le compte de certains projets, mais je me rends vite compte que GNOME, KDE, Fedora, la Linux Foundation et tant d’autres sont bien présents sur les réseaux sociaux, mais uniquement les propriétaires : Facebook, G+ et Twitter en tête. Et il en va de même des principaux développeurs de logiciels libres, qui semblent se limiter à G+ ou Twitter.

Je me retrouve donc désespérément seul sur mon tout premier réseau social, sans le moindre projet à suivre et sans savoir comment le reste du monde pourrait bien entendre mes pouets 😱

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Okki : Mort annoncée du client Twitter Corebird

Depuis plusieurs années, Twitter tente de faire disparaître les clients tiers pour contraindre les utilisateurs de passer par le site web ou d’utiliser le client officiel. Même si l’entreprise se refuse à en donner la raison, il y a fort à parier que ce soit bien plus simple et efficace pour récolter les données personnelles de leurs utilisateurs (pour pouvoir les revendre) ou de garantir l’affichage de la publicité.

Récemment, Twitter est allé encore plus loin, en annonçant la suppression à venir de certaines API vitales pour les clients tiers, telle que la mise à jour des flux en temps réel.

Last year we announced our plan to retire Site Streams & User Streams, and replace them with the Account Activity API (currently in beta). We are delaying the scheduled June 19th deprecation date.

— Twitter Dev (@TwitterDev) April 6, 2018

Twitter a bien prévu une API de remplacement (Account Activity), mais cette dernière ne serait gratuite que pour une utilisation limitée à seulement 15 comptes. Impensable pour des clients qui ont parfois plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs. Au-delà, l’accès à l’API sera commercialisé à 2899 dollars par mois par tranche de 250 utilisateurs. Pour que ce soit rentable, il faudrait que les applications soient commercialisées sous forme d’abonnement mensuel à 16 dollars. Inconcevable pour les applications qui auraient fait le choix d’une licence libre.

Les développeurs de plusieurs applications (Talon, Tweetbot, Tweetings, Twitterrific…) se sont associés en lançant le site web Apps of a Feather pour prévenir leurs utilisateurs et tenter de faire pression sur Twitter. Mais comme l’indiquait à Next INpact Ludovic Vialle, le créateur du client Plume, « Je sais que Twitter ne cédera pas, ce n’est pas dans leur intérêt, et cela concerne peu d’utilisateurs. Le public peut se passer de son application préférée, mais difficilement de Twitter ».

Pour en revenir à Corebird, son développeur, Timm Bäder, annonce sur sa page Patreon que l’application n’a aucun futur. Il ne pourra jamais payer pour l’accès à l’API, et Corebird étant profondément lié aux API Twitter, d’implémenter la prise en charge d’un autre réseau (tel que Mastodon), demanderait beaucoup trop de travail. Et n’étant plus étudiant, il n’est pas certain d’avoir le temps de s’en occuper. Il est donc fort probable que Corebird cesse de fonctionner à la mi-août, date annoncée par Twitter pour la suppression des API.

Encore une occasion de rappeler l’importance du libre, et ce, à tous les niveaux. Aussi bien logiciel que pour les services en ligne et leurs API. Dépendre d’un tiers non libre est une épée de Damoclès sur les développeurs, qui peuvent se voir résilier l’accès à tout moment.

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Journal du hacker : Liens intéressants Journal du hacker semaine #20

Pour la 20ème semaine de l'année 2018, voici 10 liens intéressants que vous avez peut-être ratés, relayés par le Journal du hacker, votre source d’informations pour le Logiciel Libre francophone !

Pour ne plus rater aucun article de la communauté francophone, voici :

De plus le site web du Journal du hacker est « adaptatif (responsive) ». N’hésitez pas à le consulter depuis votre smartphone ou votre tablette !

Le Journal du hacker fonctionne de manière collaborative, grâce à la participation de ses membres. Rejoignez-nous pour proposer vos contenus à partager avec la communauté du Logiciel Libre francophone et faire connaître vos projets !

Et vous ? Qu’avez-vous pensé de ces articles ? N’hésitez pas à réagir directement dans les commentaires de l’article sur le Journal du hacker ou bien dans les commentaires de ce billet :)

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Yannic Arnoux : Hébergement et taille de containers

Dans le prolongement de mon article “Choix du système pour s’auto-héberger”, je peux faire un bilan des 6 mois écoulés avec mon hébergement à base de containers LXC avec la distribution Proxmox.

Commençons par les avantages

Le passage d’une installation monolithique à une installation containerisée avec des services répartis dans une dizaine de containers donne la flexibilité de choisir le meilleur outil pour chaque tâche :

  • les micro-services Python se contentent de containers Alpine ultra-légers (64 Mo de RAM).
  • le service Nextcloud a migré d’un container Alpine à un container ArchLinux. Je n’aurais jamais pensé utiliser Arch sur un serveur mais c’est une bonne solution pour garantir une version stable et toujours à jours en terme de sécurité de Nextcloud.
  • le middleware RabbitMQ est installé sur sa distribution de prédilection CentOS dans un container dédié.

La modularité facilite l’administration du serveur : on a besoin d’un nouveau service, on rajoute un container et on limite les risques de casser quelque chose sur l’installation existante.

L’interface Web d’administration de Proxmox est de qualité. Au delà de la gestion des machines virtuelles KVM et des containers LXC, elle donne une vision des ressources CPU /Mémoire consommées par container et au niveau physique.

Tableau de bord Proxmox

Ce qui n’est pas parfait

J’ai un service Nextloud, aisé à gérer dans un seul container avec l’application, les données et la base de donnée. Pour sauvegarder, c’est moins drôle, cela revient à sauvegarder le container de bientôt 100 Go avec Proxmox et la balancer sur l’espace FTP de 100 Go offert par Online. Autre option, sauvegarder les données du calendrier et les contacts avec des scripts maison et mettre en place une sauvegarde classique vers un disque externe des fichiers synchronisés sur mon ordinateur portable. C’est vers cette solution que je m’oriente.

La nuée de services développés par bibi autour du blog (SRMail, Stacosys) serait parfaite pour Docker. Aujourd’hui c’est installé dans des containers LXC, avec des partages de répertoires entre le hôte et les containers pour externaliser la configuration et les données. Docker permettrait de standardiser cet assemblage et d’en profiter à la maison pour facilement remonter un environnement de test.

C’est vraiment le point négatif : j’ai des relations troubles entre la machine hôte et les containers. J’ai installé un serveur NginX sur Proxmox qui fait du proxy vers les NginX des différents containers en fonction du service demandé. J’ai partagé des répertoires entre le hôte et les containers pour externaliser les parties sensibles (la configuration et les données) et faciliter leur sauvegarde puis la machine hôte. Je gère les certificats Let’s Encrypt au niveau du hôte aussi. Bref j’ai une installation custom de Proxmox avec des containers mais aussi plein de trucs installés au niveau de l’hyperviseur.

Conclusion

Ca fonctionne bien mais si j’ai un souci (mise à jour de Proxmox qui casse quelque chose, panne du serveur), je risque de passer des jours à tout remettre en service car j’ai tout installé à la mano. L’idée de tout reprendre à zéro en passant plus de temps pour tout containeriser refait surface. L’idéal pour moi serait de tout exécuter dans des containers et d’avoir une seule arborescence de fichiers à sauvegarder. J’avais tâté un peu Docker et je sais que ça prend pas mal de temps de repenser en containers, de choisir les bonnes images de base… Autre bémol, miser sur une seule entreprise ne m’emballe pas, malgré les efforts de l’Open Container Initiative pour standardiser partiellement la technologie.

Donc j’étudie les options :

  • un provisioning avec Ansible d’un container LXC générique
  • l’ajout de Docker à Proxmox pour rajouter Docker au panel KVM / LXC: dockeriser c’est long, donc garder Proxmox permettrait de répondre rapidement à un besoin avec un container LXC, quitte à dockeriser ensuite le service dans un 2ème temps…

Si vous avez des suggestions je suis carrément preneur :-)

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Okki : Sortie de Dash to Panel 14

Dash to Panel 14

Pour rappel, cette extension permet de remplacer le dock de la vue d’ensemble des activités et la barre supérieure par un panneau équivalent à la barre des tâches sous Windows.

De nombreuses options sont proposées, permettant de choisir l’emplacement du panneau (en bas ou en haut de l’écran), la taille du panneau et des icônes, le choix des indicateurs pour distinguer les applications actives, la position de l’horloge et de la barre des tâches, la possibilité d’afficher ou non les applications favorites, l’ajout d’un bouton pour afficher le bureau ou encore, un aperçu des fenêtres lors du survol des icônes…

Pour en revenir à cette nouvelle version, cette dernière apporte plusieurs options attendues de longue date, à commencer par la possibilité de masquer intelligemment le panneau, en laissant à l’utilisateur la possibilité de configurer finement le comportement :

  • ne cacher le panneau que lorsqu’il est au-dessus d’une fenêtre
  • requiert une pression sur le bord de l’écran pour afficher le panneau
  • permettre au panneau d’être affiché en mode plein écran

Tout en permettant de modifier les durées (en ms) des animations d’affichage ou le délai avant le masquage du panneau.

Autres nouveautés, la possibilité de modifier la taille des aperçus des fenêtres lors du survol, de modifier l’icône du menu Applications ou d’ajuster la marge intérieure de l’icône d’application. Sans oublier quelques améliorations, telle qu’une meilleure prise en charge du HiDPI, une meilleure gestion de la transparence dynamique du panneau ou des écrans tactiles.

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Francois Aichelbaum : Are you struggling with Nginx rewrite rules and $ ?

1 rewrite ^/that-s-my-original-uri/(with-my-folder)/(.*)$ /that-s-my-destination$$1/$2 last;

See the \\($1 ?

Are you trying to use a \\) in the destination of your rewrite rule ? Then you may have try escaping it, and found out you can only do it via some LUA scripting you might not want or a third party plugin that you can’t use for X or Y reason. The constant result of this situation ?

1 nginx: [emerg] invalid variable name in /etc/nginx/sites-enabled/XXXXXXXX:YYY

Ok so what’s next ? The idea would be to host the $ inside a variable. Sadly, the set argument does not allow this and will reject you with the same error. The solution would be to use geo in your nginx.conf and replace use the key:

1 2 3 geo $dollar { default "$"; } 1 rewrite ^/that-s-my-original-uri/(with-my-folder)/(.*)$ /that-s-my-destination$dollar$1/$2 last;

And, voila !

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Framablog : Ce qui nous pousse au Libre

Si certains logiciels libres sont réputés à la fois pour leur efficacité et leur esthétique fonctionnelle (qu’on nommera design, parce que c’est ainsi), il faut reconnaître qu’ils ne font pas la majorité.

Certains designers aimeraient apporter leur pierre à l’édifice libriste, et rendre plus attractifs et fonctionnels les logiciels libres, mais la route semble encore bien longue comme l’a récemment constaté Maiwann. Le dialogue entre développeurs de logiciels libre et designers semble cependant s’amorcer sous les meilleurs augures, d’abord en identifiant clairement les besoins mais aussi en proposant des solutions d’interactions. Dans ce billet, Marien Fressinaud apporte une réponse de développeur et identifie, à son tour, un espace de convergence. Cet article a été initialement publié sur son blog sous licence « CC BY ».

Marien, développeur et membre de Framasoft.

Il y a quelques jours, Maiwann proposait dans un article de réconcilier designers et logiciels libres. L’article ne manque pas d’intérêt, ne serait-ce que parce qu’il identifie les freins à la collaboration des designers au libre et suggère des actions concrètes pour y remédier.

Bien que je partage bon nombre des constats, je souhaitais le « compléter », cette fois en adoptant le point de vue du développeur que je suis. En effet, il est un sujet que Maiwann n’aborde quasiment pas : pourquoi faire du logiciel libre ? Pour ma part, j’aurais en effet aimé mieux comprendre ce qui motive des designers à vouloir contribuer au Libre. En guise d’effet miroir, j’essaie donc dans cet article d’envisager les raisons qui peuvent inciter un développeur à le faire, sans prétendre être exhaustif. Cette mise en perspective repose sur mes expériences personnelles concernant FreshRSS, Lessy, les actions menées au nom de Framasoft ou encore à travers les écrits que j’ai pu lire à droite à gauche.

Apprentissage

Dans l’article de Maiwann, la seule référence à une potentielle motivation se trouve au détour d’un paragraphe :

Lors de nos études, […] alors que nous cherchons à nous entraîner, sur notre temps libre ou pour des projets de fin d’année, nous nous plaignons de ne connaître aucun développeur avec qui co-créer des sites ou logiciels.

Voilà une raison qui devrait parler à bon nombre d’étudiants et d’étudiantes ! Appliquer ce que l’on a pu apprendre en cours et donc, par extension, apprendre par la pratique est souvent moteur chez les développeurs. J’ai moi-même développé un certain nombre de programmes avec cette simple motivation. Par exemple, Minz fut ma tentative de comprendre le fonctionnement interne des frameworks web. FreshRSS a été l’occasion de travailler véritablement en communauté, et donc en équipe collaborant à distance et de façon asynchrone. Sur Lessy, j’ai pu consolider tout un paquet de connaissances que j’ai ensuite pu proposer et appliquer au boulot. Le logiciel libre est une formidable source d’apprentissage que je recommande fortement à toutes et tous.

Cela étant dit, considérer l’apprentissage comme seul moteur dans le développement d’un logiciel libre est bien entendu extrêmement réducteur et j’aurais tendance à dire que ce n’est pas la raison majeure (bien qu’il s’agisse probablement de la porte d’entrée principale pour bon nombre d’entre nous). Cherchons donc ailleurs d’autres raisons qui nous poussent, nous développeurs et développeuses, à produire du logiciel libre.

Plaisir, apprentissage et logiciel libre : le Serious Gaming (et Framinetest) en sont un bon exemple.

Plaisir

Dans le prologue du bouquin L’Éthique hacker, Linus Torvalds explique les motivations des hackers derrière le système d’exploitation Linux :

La raison pour laquelle les hackers derrière Linux se lancent dans quelque chose, c’est qu’ils trouvent ça très intéressant et qu’ils veulent le partager avec d’autres. Tout d’un coup, vous avez le plaisir parce que vous faites quelque chose d’intéressant et vous avez aussi le pendant social.

Il nous dit plusieurs choses ici. Tout d’abord, le développement d’un tel système relève avant tout du plaisir. Et il est vrai qu’on peut se demander ce qui pousse des milliers de développeurs à partager leurs savoirs et leur temps, généralement de façon gratuite, si ce n’est le plaisir de le faire ? D’ailleurs Pekka Himanen (l’auteur du bouquin) cite un peu plus loin Éric Raymond, à l’origine de la popularisation du terme « open source » (j’aurai l’occasion de revenir sur ce terme plus tard) :

La conception de logiciel et sa mise en œuvre devraient être un art jubilatoire, et une sorte de jeu haut de gamme. Si cette attitude te paraît absurde ou quelque peu embarrassante, arrête et réfléchis un peu. Demande-toi ce que tu as pu oublier. Pourquoi développes-tu un logiciel au lieu de faire autre chose pour gagner de l’argent ou passer le temps ?

On y retrouve la notion de plaisir à travers le « jeu haut de gamme ». Je prends souvent l’exemple du Sudoku ou de la grille de mots-croisés : il n’y a, à priori, aucune raison de remplir ces cases de chiffres ou de lettres, si ce n’est le plaisir de résoudre un problème, parfois complexe. Je trouve personnellement que le développement de logiciel peut amener à un état de satisfaction similaire lorsqu’on se trouve face à un problème et qu’on arrive finalement à le résoudre après plusieurs heures jours semaines de recherche.

D’un point de vue personnel, j’ai toujours été attiré par les domaines de « création ». J’ai immédiatement accroché au développement lorsque j’ai découvert que créer un site web était aussi simple que créer un fichier texte avec quelques mots dedans. Les balises HTML ? – Un simple jeu de Lego®. Les CSS ? – Quelques directives de base à connaître et on arrive rapidement à quelque chose de totalement différent. Un serveur web ? – Un ordinateur avec un logiciel spécifique qui tourne dessus. Un bug ? – Une « chasse » durant laquelle on déroule le programme qui nous semblait si logique au moment de l’écrire (mais qui l’est maintenant beaucoup moins !). Pour moi, la beauté de l’informatique réside dans sa simplicité et sa logique : il y a un véritable plaisir à comprendre comment toutes ces petites boîtes s’agencent entre elles et que tout devient plus clair.

L’espace Logiciels Libres, Hackers, Fablab de la fête de l’Huma 2016.

Partage

Si l’on s’en tient aux notions d’apprentissage et de plaisir, il n’y a rien qui distingue le logiciel libre du logiciel propriétaire. Vous pouvez très bien apprendre et éprouver du plaisir en développant du code fermé. Il nous faut revenir à la citation de Torvalds pour commencer à percevoir ce qui les différencie :

[…] ils veulent le partager avec d’autres.

Le partage : on a là une valeur fondamentale du logiciel libre qui ne trouve pas véritablement son pendant du côté du logiciel propriétaire. Bien que j’aie plus de mal à identifier clairement ce qui peut motiver l’être humain à partager ses savoirs, c’est quelque chose que je ressens effectivement. Cet aspect coopératif — Torvalds parle d’un « pendant social » — peut créer ou renforcer des liens avec d’autres personnes ce qui rend cette activité profondément humaine.

Partager, c’est donc transmettre. Transmettre à une communauté, donner les clés pour que celle-ci soit indépendante. Partager ses savoirs qui permettront peut-être à d’autres de bâtir autre chose par-dessus. Cela permet aussi de créer du lien humain, rencontrer des personnes et ouvrir ses perspectives en créant son propre réseau. C’est aussi s’offrir un coin de canapé quand on voyage. Je me suis rendu compte assez récemment de ce que m’offrait aujourd’hui cette décision en IUT de partager les petits programmes que je pouvais développer sur mon temps libre. La liberté n’est pas que celle du code.

Il y a certainement une forme de fierté à avoir exploré un domaine le premier, ou développé une application que d’autres vont utiliser (« Quoi ? Ce que j’ai fabriqué de mes propres mains t’est aussi utile ? »). Si cette fierté est par essence un peu narcissique (je suis toujours un peu pénible lorsque je suis cité chez NextInpact ou chez Korben 😇), elle est aussi bénéfique car elle encourage à rendre son travail public et donc… partager encore.

Loin du cliché des hackers à capuche, l’édition 2018 du Toulouse HackerSpace Factory utilise Langue des Signes et police Open-Dyslexie dans son imagerie.

Éthique

On retrouve aussi cette notion de partage dans les écrits de Richard Stallman lorsqu’il nous parle des quatre libertés du logiciel :

Elles sont essentielles, pas uniquement pour les enjeux individuels des utilisateurs, mais parce qu’elles favorisent le partage et la coopération qui fondent la solidarité sociale.

Ces mots, pris du point de vue de Stallman, sont bien évidemment à interpréter sous la dimension éthique (et donc politique) du logiciel libre, ce qui n’est pas forcément le cas de Torvalds (je ne saurais néanmoins l’affirmer). Puisque Stallman est à l’origine du mouvement du logiciel libre, on ne peut évidemment pas enlever l’éthique de son équation ou alors vous obtenez de l’open source (comme il l’explique dans l’article cité plus haut). On peut toutefois raisonnablement penser que les partisans du logiciel libre sont moins nombreux que ceux de l’open source, ce que j’explique par une peur ou un désintérêt envers cet objet politisé.

Je trouve toutefois dommage de ne pas plus s’y intéresser. En effet, la dimension éthique aide à répondre à une question que beaucoup de personnes peuvent se poser : « ce que je fais au quotidien a-t-il du sens ? ». Stallman y répond par la défense et le respect des utilisateurs et utilisatrices :

Le mouvement du logiciel libre fait campagne pour la liberté des utilisateurs de l’informatique depuis 1983.

Ou encore :

Pour qu’on puisse dire d’un logiciel qu’il sert ses utilisateurs, il doit respecter leur liberté. Que dire s’il est conçu pour les enchaîner ?

Si je souhaitais conclure par cet argument, c’est parce qu’il aide à boucler la boucle avec l’article de Maiwann. En effet, en tant qu’UX designer, elle va avoir à cœur de répondre aux besoins de ses utilisateurs et donc d’imaginer des mécanismes pour rendre l’outil le plus utilisable et accessible possible. Aujourd’hui il me semble percevoir dans cette communauté un mouvement de prise de conscience que ces mécanismes doivent respecter (on y revient !) les personnes utilisant le logiciel. Cela est superbement bien illustré par la vidéo « Temps de cerveau disponible » (de la série « (Tr)oppressé » que je recommande vivement) dans laquelle un ancien employé de Google, expert en éthique, témoigne :

Le but est de capter et d’exploiter au maximum l’attention.

Il l’illustre ensuite par le lancement automatique de l’épisode suivant sur Netflix et par le défilement infini sur Facebook ou Twitter (incitant de ce fait à parcourir son fil d’actualité dans son ensemble) ; ces petits riens qui font que nous revenons sans cesse à ces applications et que nous en devenons dépendant⋅e⋅s alors qu’elles n’ont d’intérêt que de nous divertir.

L’un des problèmes que j’identifie aujourd’hui est que le logiciel libre copie beaucoup (trop) ce qui se fait dans le propriétaire, et en particulier chez GAFAM et consorts… jusque dans leurs mécanismes nocifs. On peut ici reprendre l’exemple du mécanisme de défilement infini que l’on retrouve chez Mastodon ou Diaspora (et même sur FreshRSS !). Une certaine forme de dépendance peut donc s’installer au sein même de logiciels libres.

Convergence des buts ?

Les designers peuvent aujourd’hui nous aider, développeurs et développeuses, à repenser l’éthique de nos logiciels en replaçant les usages au centre de nos préoccupations et en imaginant et proposant des mécanismes permettant « d’endiguer » ce flux permanent d’informations qu’il nous faut ingurgiter.

Elles et ils peuvent aussi nous aider à atteindre véritablement nos utilisateurs et utilisatrices en rendant nos outils utilisables et… utilisés. Car un logiciel non utilisable peut-il véritablement être considéré comme Libre ? Je ne peux m’empêcher de faire ici le parallèle avec l’association Liberté 0 qui a pour objet de « sensibiliser et de promouvoir le numérique libre et accessible à toutes et tous ». Dans leur charte, il est explicité :

Les membres du groupe « Liberté 0 » considèrent que la liberté d’exécuter un programme n’a de sens que si celui-ci est utilisable effectivement.

L’association est donc dans cette même démarche de promouvoir l’« utilisabilité » des logiciels, au même titre que les UX designers (mais sous le prisme de l’accessibilité).

N’y aurait-il pas ici une convergence des buts ? N’existe-t-il pas un lieu où nous pourrions nous regrouper tous ensemble pour imaginer des outils autres que ceux issus du « capitalisme de surveillance » ?

Merci à Maiwann pour sa relecture attentive !

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genma : Devenir SysAdmin d'une PME, retour d'expérience - Billet n°0

Introduction

Depuis mes débuts sous Linux, j'ai toujours su taper des commandes. Très tôt, j'ai appris à installer différents services et des serveurs (essentiellement dans des machines virtuelles et pour faire du LAMP : Linux, Apache, MySQL, PHP), mais c'est toujours resté de la bidouille. Avec le début de mon autohébergement fin décembre 2015, j'ai commencé à m'intéresser aux problématiques d'administration système. A l'été 2016, pendant les vacances, j'ai mes débuts véritable en sysadmin - administration système en cherchant à comprendre comment fonctionnait Yunohost dans ses entrailles, les différents services, en cassant et restaurant sans soucis à plusieurs reprises mon instance de production... J'ai donc appris et pas mal progressé à titre personnel, en gérant mon instance Yunohost, soit un seul serveur.

Pourtant, à côté, j'ai continué à m'intéresser à une gestion plus professionnelle et industrielle et en début de cette année 2018, je me suis vu affecter la reprise de la gestion de toute l'infrastructure de la société dans laquelle je travaille. Cette prise de fonction et de responsabilité a été décidé dans le cadre d'une restructuration des services : gérer les services de production, de support et d'infrastructure interne et liée à nos clients permet d'avoir une meilleur vision d'ensemble, plus de réactivité...

Comme toute nouvelle prise de fonction, les précédentes personnes ayant eu à gérer le service sont parties faire d'autres horizons bien qu'une passation de connaissances s'est faite, elle s'est faite rapidement.

Et avec les semaines, on découvre que même si une documentation existe (répartie dans plusieurs wikis), elle n'a pas été maintenue à jour, n'est pas assez détaillée ou obsolète... Et avec le temps il y a des choses qui marchent mais on ne sait pas comment, il y a des serveurs qu'on ne touche pas, des services qui tournent alors on ne touche à rien. Tout cet héritage et empilage de choix technique mis en place avec les années par les différents administrateurs systèmes qui se sont succèdés, c'est ce que j'appellerai le legacy, soit l'héritage.

Contexte de l'infrastructure Je pense qu'il est important, pour la suite des billets que j'aurai à rédiger, de préciser, que l'infrastructure actuelle se compose de trois grandes catégories de machines et ces catégories ont leurs importances :
- Les machines physiques : 99% des serveurs sont sous Debian, dans différentes versions
- Les machines virtuelles sur un hyperviseur : Xen et Proxmox
- Les machines cloud (sur l'hyperviseur d'un autre)

Un travail de modernisation avec le passage à des technologies plus évolutives et flexibles (virtualisation, Docker / K8S Kubernetes...) a été débuté mais il reste encore beaucoup de "une machine physique ou virtuelle pour un service dédié" avec autant de système d'exploitations et d'applications à maintenir et à découvrir...

Je pense que je ferai là encore, une série de billets au fur et à mesure de ma progression et sur comment j'ai commencer à dresser une cartographie détaillé de l'existant, documenter de novo en reprenant TOUTE la documentation existante pour la remettre d'aplomb... Et dans le futur, je parlerai de mon expérience dans la mise en place de nouveau service, dans la refonte et modernisation de l'infrastructure...

L'objectif de ma série de billets ces prochains mois sera le partage de mon expérience acquise avec le temps, le partage de bonnes pratiques mises en places, d'astuces etc. En complément de ma série de billets plus spécifiques sur le projet Chatonkademy/

Les commandes que j'utilise le plus

Pour finir ce premier billet un peu fourre-tout, je voudrais parler des commandes que j'utilise le plus au quotidien. A l'heure actuelle, quand l'outil de supervision (sous Zabbix) remonte des alertes, je me connecte en SSH sur les machines et voici les commandes que j'utilise le plus :
- ncdu
- ls -lrtu
- tail -f /var/log/le_fichier_de_log_qui_va_bien

ncdu Habitué de la commande du dont je ne me rappelle jamais les options pour avoir uniquement le niveau 1 (réponse du -h —max-depth=1 .), j'ai découvert et depuis je ne m'en passe plus et l'installe sur tous les serveurs la commande ncdu, soit NCurses Disk Usage. Simple, rapide et efficace, on a de suite l'espace disque occupé par un répertoire. Pratique pour de suite savoir quel dossier prend plein de place, et c'est très complémentaire à du, en ajoutant en plus un système de navigation au clavier dans l'arborescence scannée. Indispensable.

ls -lrtu on liste les fichiers et on les trie par date pour de suite avoir en base de liste les derniers fichiers modifiés. Pratique pour savoir quel est le dernier fichier de logs qui vient d'être modifié (c'est le dernier de la liste), voir quel est le propriétaire et la date et heure de dernière écriture.

Pour ensuite faire dessus le classique

tail -f /var/log/le_fichier_de_log_qui_va_bien J'ai dans les projets pour les mois à venir la mise en place d'un système de gestion des logs centralisés mais en attendant, à l'ancienne, je consulte les logs avec un tail -f et éventuellement du |grep motif_qui_va_bien pour filtrer affiner un peu.

Et pour le reste, il y a les commandes que j'évoquais dans mes billets :
-Yunohost - Supervision en ligne de commande
-Yunohost - Supervision du trafic réseau

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Thuban : Syspatch : Patch 8 IPSec over IPv6 pour OpenBSD

Cette nuit, l'équipe d'OpenBSD a livré un nouveau correctif pour OpenBSD.

Un paquet malicieux peut causer un crash du noyau lors de l'usage d'IPsec sur IPv6 !

 

Architectures concernées : amd64, arm64 et i386.

OS concernés :

Un redémarrage est nécessaire !

 

 

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Cyprien Pouzenc : Restaurer GRUB avec une partition chiffrée séparée

Logos de GRUB (© Karol Krenski)

Lorsque l'ordinateur ne peut plus démarrer à cause d'un chargeur d'amorçage cassé, il suffit de réparer le-dit chargeur d'amorçage — en l'occurence GRUB, dans le cas qui nous intéresse ici. Classiquement, cela implique de démarrer l'ordinateur sur le Live CD de sa distribution GNU/Linux favorite, de taper quelques commandes dans le terminal, puis de redémarrer. Cela se complique un poil lorsque le système est installé sur plusieurs partitions, potentiellement chiffrées. Voici un petit article bloc-note, pour savoir quoi faire quand la situation se présentera à nouveau sous les orteils de mes mains.

Logos de GRUB (© Karol Krenski)Logos de GRUB (© Karol Krenski) Démêlons les fils, LVM2 et LUKS

Je démarre donc l'ordinateur sur un Live CD de Debian GNU/Linux. Une fois passées les quelques étapes cosmétiques — à savoir la sélection d'une disposition de clavier française et l'installation des pilotes non-libres de la carte wifi pour avoir une connexion Internet — je peux m'attaquer au vif du sujet.

Dans ce cas précis, le disque dur contient trois partitions : /dev/sda1 pour /boot/efi, /dev/sda2 pour /boot et /dev/sda3 comme groupe de volumes logiques LVM2, chiffré avec LUKS — et qui contient, notamment, la partition racine. Afin de gérer LVM2 et LUKS, il faut commencer par installer les paquets nécessaires sur le système autonome du Live CD. Les étapes à suivre sont énoncées ci-dessous.

Se connecter en tant que super-utilisateur :

su -

Mettre à jour la liste des paquets :

apt update

Installer les paquets lvm2 et cryptsetup :

apt install lvm2 cryptsetup

Charger le module noyau dm-crypt utile au chiffrement des volumes :

modprobe dm-crypt

Déverrouiller et charger la partition chiffrée :

cryptsetup luksOpen /dev/sda3 luks_sda3

Il est maintenant possible de trouver les groupes de volumes LVM2 présents :

vgscan

Lequel nous répond :

Found volume group "portable-vg" using metadata type lvm2

J'active donc le groupe indiqué, afin de pouvoir accéder aux volumes qu'il contient :

vgchange -a y portable-vg

Pour trouver les-dits volumes :

lvscan

Qui nous répond à son tour :

ACTIVE            '/dev/portable-vg/root' [107,12 GiB] inherit ACTIVE            '/dev/portable-vg/swap_1' [3,93 GiB] inherit

Le groupe contient donc deux volumes, à savoir la racine du système et une partition d'échange — qui est passablement inutile dans le cadre de cet article. Information intéressante s'il en est, le volume de la racine est accessible sur /dev/portable-vg/root.

Sus au chroot !

Il est maintenant possible de procéder à la restauration — désormais classique — de GRUB. Cela commence par la création d'un point de montage :

mkdir /mnt/chroot

Sur lequel monter le volume de la racine :

mount /dev/portable-vg/root /mnt/chroot/

Ainsi que quelques partitions spéciales du disque autonome :

mount --bind /dev /mnt/chroot/dev mount -t proc /proc /mnt/chroot/proc mount -t sysfs /sys /mnt/chroot/sys

Enfin, plongeons la tête dans le chroot :

chroot /mnt/chroot

Désormais, attention les doigts, toute opération prendra effet sur le disque à récupérer, non-plus sur le système autonome du Live CD. Finie la rigolade. À noter que les partitions /dev/sda1 et /dev/sda2 n'ont pas été montées précédemment. Si cela avait été le cas, le système chrooté aurait eu l'impression qu'il s'agissait d'une seule et unique partition, ce qui n'est évidemment ici pas l'ombre du reflet de la réalité. Et cela aurait posé problème lors de la configuration de GRUB. Ce n'est que maintenant, une fois entré dans le chroot, qu'il faut monter ces partitions :

mount /dev/sda2 /boot mount /dev/sda1 /boot/efi

Pour enfin, objectif ultime, réparer ce foutu GRUB :

update-grub grub-install /dev/sda

Pour terminer proprement le travail avant de quitter l'usine, on sort du chroot et on démonte toutes les partitions :

exit umount /mnt/chroot/boot/efi umount /mnt/chroot/boot umount /mnt/chroot/dev umount /mnt/chroot/proc umount /mnt/chroot/sys umount /mnt/chroot

Puis on redémarre l'ordinateur en croisant les narines :

reboot

Article sous licence Creative Commons BY-SA 3.0 France.

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Okki : Hackathon GNOME pour l’amélioration des performances

GNOME Performance Hackfest 2018 (© Alberto Ruiz)

Les fondations GNOME et Raspberry Pi ont récemment organisé un hackathon ayant pour objectif l’optimisation des ressources (RAM, CPU, GPU, consommation énergétique) utilisées par une session GNOME typique, ainsi que l’amélioration des performances.

L’événement s’est déroulé du 14 au 16 mai 2018 à Cambridge et a réuni plus d’une quinzaine de développeurs issus de diverses entreprises telles que Broadcom, Canonical, Collabora, Endless et bien évidemment Red Hat, dont les développeurs étaient présents en nombre.

Parmi les différents problèmes d’utilisation de la mémoire sur lesquels les développeurs ont travaillé, nous pouvons citer le gestionnaire de session GDM, qui maintient sa propre instance de GNOME Shell. De régler ce problème fait chuter la consommation de RAM de 280 Mio. Rien que ça. Autre cible importante, Logiciels, la logithèque GNOME, qui tourne en tâche de fond pour pouvoir fournir des résultats lors d’une recherche d’applications dans la vue d’ensemble des activités. Ce dernier consomme plus de 90 Mio de RAM. Sans oublier tous ces petits démons qui pourraient être appelés à la demande, plutôt que de tourner en permanence.

Le travail est loin d’être terminé, mais GNOME 3.30, dont la sortie est prévue pour le mois de septembre prochain, devrait, à n’en pas douter, être bien plus léger et réactif qu’il ne l’est actuellement.

Ceux qui souhaitent en apprendre plus peuvent consulter les billets de blog (en anglais) d’Alberto Ruiz et de Carlos Garnacho.

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genma : Lifehacking - Avoir des templates de documents dans Nautilus

J'ai récemment migrer sous la dernière version LTS d'Ubuntu, la 18.04, et je suis passé d'un environnement Unity (que j'utilisais depuis le début et auquel je suis resté fidèle au fil des versions) à un environnement Gnome. J'utilisais régulièrement la création de fichier vide dans un dossier de Nautilus avec un clic droit, créer un fichier et je ne retrouvais pas cette fonctionnalité dans ma nouvelle version d'Ubuntu. J'ai cherché un peu et en fait, c'est plus complet que ce que je ne pensais.

Dans le Home de l'utilisateur vous avez un dossier Modèles (ou Templates en anglais), tous les fichiers qui y figureront pourront être créés par un clic droit, vides ou contenant le texte que vous souhaitez. Bien évidemment les fichiers s'ouvriront avec les programmes par défaut de votre environnement. Source Ajouter ‘un nouveau fichier' par un clic droit avec Nautilus.

Ayant découvert que l'on pouvait donc ajouter ses propres modèles, j'ai alors déposer tout un tas de fichier template / modèle que j'ai déjà préparé dans différents formats : dès fichiers LibreOffice de différents types déjà formatés (tableau pour Calc, Présentation, Document avec en-tête et pied de page...) et des fichiers textes (Structure de billets de blogs, de fichiers de Markdown pour le Wiki

Avant, j'allais dans mon dossier de référence de template, je copiais le fichier de modèle, allait dans le dossier de travail / projet, je collais le fichier, je le renommais. Désormais, je n'ai plus qu'à faire qu'un clic droit dans n'importe quel dossier, je crée un fichier du type que je veux avec une structure déjà prédéfinie, je le renomme et je gagne du temps. Une nouvelle astuce qui m'est bine utile au quotidien.

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genma : Chatonkademy - Billet N°3 - FreshRSS, Yunohost et plusieurs utilisateurs

Série de billets sur le projet Chatonkademy

Dans ce billet je voudrais parler du cas de FreshRSS sur Yunohost avec plusieurs utilisateurs. Pour rappel, FreshRSS est une application de type agrégateur RSS, fort pratique (on peut se connecter dessus via son API pour avoir une application mobile avec EasyRSS (voir Yunohost, FreshRSS et EasyRSS pour Android).

A la suite de la création et de l'installation de l'instance Yunohost, j'ai créer un utilisateur pour moi (Genma), qui est l'utilisateur par défaur puis installer différentes applications dont FreshRSS. J'ai ensuite fait la création des utilisateurs en masse (une quarantaine) sur cette instance.

L'application n'est pas une application publique et partagée, chaque utilisateur a donc l'application disponible pour lui et aura la gestion de son propre contenu.

Le soucis est que les différents utilisateurs au moment du premier usage de FreshRSS (et des fois suivantes), rencontraient différents soucis : pas de possibilité d'importer un fil RSS, pas de possibilité de changement de langue...

La solution est de reprendre le répertoire FreshRSS de l'utilisateur qui était là à l'installation de FreshRSS et de dupliquer ce répertoire nécessaire au bon fonctionnement de FreshRSS.

Cela se fait via

cd /var/www/freshrss/data/users
# On prend comme liste d'utilisateurs ceux qui ont un dossier dans /home (créer automatiquement par Yunohost, à l'exception des dossiers Yuno*
for user in `ls /home -I yuno*` do
# On copie le dossier existant de l'utilisateur qui était initialement présent avant l'installation de FreshRSS
cp -R genma/ $user
# on change les droits car il faut que ce soit www-data le propriétaire du dossier
chown -R www-data: ./$user
done

On remarque donc que les données pour l'application FreshRSS dans Yunohost se trouvent dans le dossier /var/www/freshrss/data/users/
Ces données sont un fichier config.php qui contient des préférences / paramétrage de l'application et un fichier de log, log.txt qui contient des logs spécifiques à l'application (différents des logs liés à nginx qui se trouvent dans /var/log/nginx/).

Les données (fils RSS auxquels on est abonné, catégorie, lu ou non lu...) sont dans la base de données et sont bien sauvegardées par le script de l'application. Seul le paramétrage de l'interface n'est donc pas sauvegardé par défaut. A prendre en compte dans le processus de sauvegarde.

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Jehan : GIMP 2.10.0 est sorti!

Salut à tous!

Nous l’annonçons un peu en retard, puisque cela s’est passé le 27 avril, pendant la réunion du Graphisme Libre 2018 (à propos, pouvez-vous repérer l’équipe de ZeMarmot, Aryeom et Jehan, dans la photo d’adieu de la réunion?), mais voilà… après 6 ans de développement effréné, GIMP 2.10.0 est enfin sorti!

C’est une sortie absolument énorme. Jetez un œil aux notes de sorties. La taille de la page, qui défile encore et encore et encore… est à elle seule symptomatique. Et encore, on n’a pas tout mis dans ces notes de version. On a dû mettre certains changements de côté pendant l’écriture pour garder une page lisible.
Et en français, vous pouvez aussi lire cette dépêche sur la sortie de GIMP 2.10.0 (aussi écrite par Jehan, de ZeMarmot) sur LinuxFR!

Pour cette sortie, nous ne ferons pas de compte rendu détaillé sur nos contributions, comme pour les sorties intermédiaires, puisqu’il y a simplement trop, et notre compte-rendu serait aussi gros que les notes de sorties! On va vous épargner. 😛
En deux mots cependant, Jehan est le second plus gros contributeur de GIMP 2.10.0 avec 1126 commits et par conséquent, le projet ZeMarmot est le second plus gros contributeur de GIMP. Cool hein?!

Nous vous souhaitons d’apprécier cette version de GIMP (que vous pouvez télécharger ici) autant que nous avons apprécié la créer pendant 6 ans. Et ce n’est pas fini! À peine rentrés de la réunion du Graphisme Libre, et un peu épuisés (ce qui explique le retard de cette nouvelle d’ailleurs), nous commençons déjà à travailler sur GIMP 3, qui est un port vers GTK+3, en même temps que nous corrigeons un flot de nouveaux bugs (comme toujours après une sortie majeure).
Le futur de GIMP s’annonce ensoleillé!

Un grand merci à tous nos donateurs pour nous aider à créer un logiciel si extraordinaire! Chacune de vos donations a participé au développement du Logiciel Libre. Nous vous aimons!

Équipe ZeMarmot

Rappel: vous pouvez financer notre contribution au Logiciel Libre sur Liberapay, Patreon ou Tipeee (et autre) grâce au projet ZeMarmot.

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OLPC France : Sugarizer v1.0 est disponible

 

Finalement après 5 ans de développement Sugarizer, le portage de la plate-forme pédagogique Sugar sur toutes les plateformes et officiellement disponible en version 1.0.

Au delà d’un simple portage, Sugarizer est le résultat de 10 d’expérience d’OLPC France sur des déploiements à Madagascar et en France et il déjà utilisé en beta dans plusieurs écoles.

Notre ambition est qu’il devienne LA plate-forme pédagogique libre.

A découvrir et à télécharger sur votre plate-forme sur https://sugarizer.org et participez à l’aventure !

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Renault : Revue de presse de Fedora 28

Cela fait depuis Fedora 19 que je publie sur la liste de diffusion de Fedora-fr une revue de presse de chaque sortie d'une nouvelle version. Récapituler quels sites en parle et comment. Je le fais toujours deux semaines après la publication (pour que tout le monde ait le temps d'en parler). Maintenant, place à Fedora 28 !

Bien entendu je passe sous silence mon blog et le forum de fedora-fr.

Sites web d'actualité

Soit 7 sites sur les 25 contactés.

Blogs, sites persos ou sites non contactés

Soit 2 sites.

Bilan

Le nombre de sites parlant de Fedora 28 est en légère baisse, deux blogs en moins. Beaucoup d'articles se fondent sur ce que j'ai moi même rédigé (que ce soit la version courte ou longue). Notons que developpez.net m'a contacté pour publier la version longue les prochaines fois, ce que je vais essayer de faire bien entendu.

La semaine de sa sortie, nous avons eu une augmentation de visites par rapport à la semaine d'avant de cet ordre là :

  • Forums : 4% (soit 250 visites environ)
  • Documentation : baisse de 1% (soit environ 40 visites)
  • Le site Fedora-fr : 43% (soit 500 visites en plus)
  • Borsalinux-fr : 344% (soit 90 visites en plus)

À tenir compte de la situation particulière avec une sortie le 1er mai qui est un jour férié globalement dans l'espace francophone, hors Québec.

Si vous avez connaissance d'un autre lien, n'hésitez pas à partager ! Rendez-vous pour Fedora 29.

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Framablog : Enquête criminelle en Terre sainte avec Ernaut, un nouveau Framabook

Les aventures médiévales et policières d’Ernaut, après un inquiétant huis-clos maritime et une semaine sanglante, se poursuivent aujourd’hui avec un crime au royaume de Jérusalem.

Pour Ernaut, il va falloir trouver vite le coupable pour sauver d’un combat mortel son propre frère qui s’est porté champion pour un homme injustement accusé.
Heureusement une tempête de sable vient retarder l’échéance mais elle ralentit tout autant l’enquête que mène le colossal sergent.

De manse en casal, du forgeron aux prostituées, des lavandières aux pasteurs paysans, cultivateurs, nomades musulmans, éleveurs, croisés installés de la première heure et nouveaux arrivants, soudards, esclaves évadés, Catalans, Bourguignons et Syriens… c’est tout un monde que croise Ernaut, et bien rares sont ceux qui n’avaient pas une bonne raison de tuer la victime.

Un roman sous licence libre offert par Yann Kervran que nous avons interrogé pour vous.

 

Bonjour Yann ! Alors revoici Ernaut dans « La Terre des morts », brrr pourquoi ce titre ?

Chacun pourra s’en faire une idée. Pour l’essentiel, c’est le sentiment d’appartenir à ce que l’on nommait au Moyen Âge un feu et un lieu : nous existons par nos liens à une communauté humaine et à une zone géographique. Dans des communautés agraires, qu’elles soient de cultivateurs ou d’éleveurs, il est difficile d’exister en-dehors de ces structures qui bornent nos possibilités, d’autant que nous héritons à la fois d’éléments bâtis, aménagés et de cadres sociaux et culturels. C’est la thématique principale de ce tome, qui en illustre diverses articulations.

Il y a ensuite un autre sens, plus anecdotique, lié à l’enquête elle-même, que lecteurs et lectrices découvriront ; j’aime bien jouer sur les différents niveaux de compréhension possibles, en restant suffisamment ouvert pour permettre d’y projeter ce qu’on souhaite.

Le nouveau Framabook est arrivé… Tremblez ! (ou plutôt cliquez sur l’image pour y accéder)

Nous voilà encore dépaysés dans le temps comme dans l’espace ! Pourquoi nous emmener au XIIe siècle au royaume de Jérusalem ?

Ça fait plus de vingt ans que j’y voyage et j’aime parcourir de telles contrées en bonne compagnie. C’est la période de l’histoire que je connais le mieux, elle alimente donc forcément ma réflexion sur le présent. C’est l’un de mes mondes mentaux qui me permet de proposer des récits intéressants et j’espère distrayants, tout en offrant une grille de lecture sur le monde.

J’ai eu l’idée du cycle Hexagora pour rendre moins fantasmatiques les récits de Croisades et le Moyen-orient médiéval. Le lieu et la période historique cristallisent beaucoup de raccourcis et de relectures des faits. L’Histoire sert souvent d’illustration et d’alibi à des décisions et opinions modernes. Il serait naïf de croire que c’est une science dépourvue d’usage politique. Le rôle du poète, de l’écrivain, permet d’assumer un biais, mais le lecteur en est prévenu.
Je tente donc d’apporter ma petite pierre à cet édifice, à ma manière. Je propose à chaque fois les sources qui m’ont inspiré, ceux qui le souhaitent pourront ainsi aller plus loin.

Dans le récit, tu précises chemin faisant, c’est-à-dire sans ralentir le rythme, ce que les personnages mangent et boivent, la saveur particulière d’un breuvage, son amertume dans un gobelet en céramique, comment ils sont vêtus, l’effet du khamsin sur la nature et les êtres etc. On y croirait presque, tu as tout inventé hein ?

En effet, j’invente tout, c’est le travail d’un écrivain que d’inventer, mais en m’appuyant sur des sources scientifiques : ouvrages d’archéologie, textes d’époque (que je lis souvent dans une traduction faite un spécialiste de la langue d’alors, ce que je ne suis pas) ou éléments géographiques voire ethnographiques. C’est une grosse partie de mon travail préparatoire que de recenser les documents, d’y accéder, beaucoup de livres n’étant pas faciles à trouver, ou parfois carrément hors de prix. J’accumule au fil des ans une belle bibliothèque.
C’est de là que naissent aussi mes idées d’enquêtes : je rebondis sur une anecdote (comme c’est le cas pour ce tome), et j’essaie de m’imprégner des lieux, des cultures, des événements pour qu’à la lecture on soit immergé dans un environnement réaliste. Ma longue pratique de la reconstitution historique a aussi nourri bien des aspects sensoriels que je décris. J’aime à dire que je suis un auteur médiéviste qui est déjà monté à cheval en armure, avec lance et bouclier. J’ai aussi une longue familiarité avec des pratiques artisanales, alimentaires, de vie quotidienne, qui se rapprochent, je le pense, de ce qui se faisait à l’époque d’Ernaut.

Dans ce roman, on découvre peu à peu que la victime n’invite guère à la compassion : Ogier est un personnage bien peu sympathique… Pourquoi donc le sergent Ernaut se met-il en tête d’enquêter au lieu d’aller retrouver sa fiancée ?

C’est justement le thème central : le lien aux autres et aux lieux. Ernaut est un déraciné, un immigré en terre étrangère. Il a un besoin viscéral de s’inscrire dans une filiation, une communauté qui atteste de son appartenance au groupe. C’est pourquoi il demeure très proche de son frère, malgré leurs différences. Et par extension, il est dans l’obligation morale de nouer des liens avec les proches de Lambert. Cela ne se fait pas sans heurts dans « l’affaire Ogier », les hésitations et questionnements d’Ernaut le prouvent.

Photographie CC BY SA Philippe Dumay

L’auteur en tenue de chasseur médiéval

L’enquête menée par Ernaut est aussi une course contre la montre (hum les montres n’existaient pas au fait, c’est une expression hein), pourquoi est-ce si urgent de trouver le coupable ?

La justice était relativement rapide par rapport à nos pratiques contemporaines et il y a donc un impératif temporel, qui me sert de ressort dramatique. Comme dans le tome 2 Les Pâques de sang, mais sous une forme différente, Ernaut doit composer avec le temps et l’espace. C’est depuis le tome 1 pour moi l’occasion de parler du rapport à ces deux éléments qui diffère du nôtre. Il n’y a pas le rythme quotidien des heures (du moins pas dans notre acception contemporaine) ni de projection rapide de soi en un autre lieu. Le moindre déplacement est en soi une aventure, et on ne sait pas organiser ses tâches de façon aussi fine et détaillée qu’aujourd’hui. Il y a toujours un certain flottement dans l’estimation des distances, du temps et des modalités de leur organisation.

Un peu brutale cette coutume de s’en remettre au jugement « par bataille », il y a forcément mort d’homme et c’est celui qui meurt qui a tort ? Pas très malin pour des Francs et des Chrétiens de tuer leur prochain ! Et en plus on appelait ça « le jugement de Dieu » ?

À l’époque, un certain Usamah ibn Munqidh, diplomate pour le régime damascène à Jérusalem, trouvait en effet cette pratique révoltante, barbare et imbécile. Mais j’ai eu envie d’en montrer le déroulé précis, la logique interne, qui ne se comprend que par référence à cette communauté, avec ses croyances religieuses et sa dynamique interne.

J’ai toujours été frappé par l’imbécillité de la mise en scène dans les représentations contemporaines de ce que l’on nommait alors en général « Jugement par bataille ». On voit souvent juste un des combattants venir vociférer devant l’autre, lui jeter un gantelet de mailles au visage (ce qui n’existait pas). Pour ensuite se battre à la façon de pirates avinés en fracassant autant de meubles que d’accessoires divers autour d’eux, en ahanant comme des bûcherons. Au final, je trouve cela dénué de sens.

Je ne cherche pas à juger une pratique qui peut sembler brutale. J’ai souhaité remettre cette pratique en contexte, évaluer comment elle prenait place véritablement au sein d’un univers mental distinct du mien. C’est similaire à ce que j’ai fait par rapport aux pratiques religieuses dans le tome 2.

Cette idée de la justice médiévale reviendra dans le cycle, vu qu’Ernaut est appelé à résoudre d’autres meurtres…
Pour l’anecdote, je me suis amusé à présenter dans le récit même des contradicteurs à cette pratique, dans le monde latin, en cherchant un effet ironique quand on découvre l’alternative proposée. Je laisserai les lecteurs et lectrices le découvrir par eux-mêmes.
De façon générale, j’aimerais montrer que les notions de justice, de pouvoir pacificateur n’ont pas suivi un développement linéaire jusqu’à nos pratiques, qui seraient l’aboutissement de ces errements passés. Nos ancêtres n’étaient pas naïfs, même s’ils avaient des croyances qui nous semblent irrationnelles. Sur le long cours, je vais me servir d’Ernaut et de son parcours pour illustrer cette idée que comme aujourd’hui, il y a un aspect réflexif intense entre pratiques et analyse.

Mais dis donc, au cours de cette enquête, nous rencontrons avec Ernaut toutes sortes de populations, comme se fait-il qu’on trouve une telle diversité sur un aussi petit territoire ? On ne peut pas dire que ce soit l’entente cordiale d’ailleurs, on se rend compte qu’il peut y avoir de fortes tensions entre toutes les communautés qui vivent là….

Le territoire où se déroulent les enquêtes est au croisement de nombreuses cultures et populations, depuis des millénaires, l’actualité malheureusement nous le rappelle régulièrement avec des événements violents.
La situation n’était pas plus simple voilà 800 ans et, pour coexister, les populations ne s’appréciaient pas pour autant. Cela allait le plus souvent de l’ignorance froide à la franche hostilité. L’arrivée des colons latins s’inscrit dans un mouvement régulier d’arrivées exogènes, qui venaient s’agréger à l’existant, pour finir en un patchwork avec peu de mélanges. Cette tendance humaine ne provient pas forcément d’un rejet de l’autre, mais plutôt d’une préférence envers ce qui nous ressemble. C’est magnifiquement expliqué dans la parabole des polygones.
Au travers des récits Hexagora , et pas seulement dans les enquêtes d’Ernaut, j’ai eu envie de présenter la société dans sa complexité, et pas comme un univers manichéen, avec d’un côté les Croisés et de l’autre les Musulmans. C’est un choix politique assumé.

Le tome 2, disponible chez Framabook.

Tiens en parlant de choix politique, où en es-tu avec tes publications chez Framabook ? Les deux premiers tomes étaient des rééditions et surtout des « libérations », mais celui-ci est inédit et tu le mets directement en licence libre dès sa première publication ?

En effet. je l’ai écrit voilà des années, à la suite des deux premiers et il patientait dans mes tiroirs. Il va donc être le premier directement diffusé sous licence libre. C’est un long processus pour un auteur que de s’affranchir des habitudes de publication traditionnelle, où le droit d’auteur est privilégié par rapport au droit des publics. Je suis finalement content d’avoir eu du temps pour faire ce chemin complexe.

Alors tout le cycle romanesque à venir va désormais être sous licence libre ?

Oui, le cycle d’Ernaut, mais aussi l’intégralité du monde Hexagora (qui comporte en outre plusieurs dizaines de Qit’a, textes courts). Je publie aussi les sources, à savoir un texte le moins mis en forme possible, pour permettre à chacun de bâtir dessus aisément. Pour cela, j’écris en markdown et je mets à disposition mes fichiers sur un dépôt Git.

Et donc si je veux m’emparer de ton personnage d’Ernaut et le faire évoluer dans d’autres époques et d’autres milieux c’est possible ? Tiens par exemple, je verrais bien Ernaut en justicier interplanétaire, chargé par le Grand Continuum de la Galaxie d’enquêter sur la disparition du prince d’Orion, j’intitulerais ça : L’astéroïde des morts, qu’est-ce que t’en dis ? … – hein ? Comment ça c’est nul ?

Je ne sais pas, on ne peut jamais savoir d’une idée si ce qu’elle produira sera nul, si on adhère à l’idée d’un tel jugement de valeur. Tout le monde a des idées, tout le temps. C’est ce que l’on en fait qui est vraiment intéressant et qui demande du travail. Beaucoup de travail.
Et pour en revenir à ta proposition, pourquoi pas ? J’aime bien la SF et c’est un univers où le policier a toute sa place, même si ce n’est pas le plus développé des sous-genres. Je pense à une série comme The expanse ou un univers comme celui de La culture de Iain Banks où de tels traitements existent.

Est-ce que tu as trouvé de nouveaux lecteurs et nouvelles lectrices grâce à la publication chez Framabook, même si la diffusion en papier demeure un peu anecdotique ?

J’en ai rencontré, en tout cas. La culture libre n’est pas l’aspect le plus connu et le plus mis en avant dans notre société, que ce soit dans les établissements culturels ou même les rencontres libristes. En outre, la diffusion des ouvrages papier est compliquée, les réseaux actuels étant assez étanches à ce genre d’initiative. Cela pose un souci quand on sait que le modèle économique des revenus des écrivains repose sur les ventes de ce support.

Quoi qu’il en soit c’est aussi ce qui m’intéresse dans cette aventure, tenter de décorréler mes revenus d’un produit physique qui ne représente pas l’intégralité de mon travail. D’où l’appel au don, au soutien sous forme de mécénat. Pour un résultat négligeable pour l’instant, je dois l’avouer. Si cela ne s’améliore pas d’ici quelques mois, il va me falloir envisager une reconversion professionnelle. Si jamais vous connaissez des entreprise qui embauchent un spécialiste du 3e quart du XIIe siècle, ça pourrait m’intéresser. ;)

Cliquez sur la couverture pour aller télécharger et/ou acheter la version papier du tome 1 chez Framabook.

Tu as tout de même investi beaucoup de passion, de temps et d’énergie pour élaborer ce cycle romanesque encore en chantier, qu’est-ce qui te donne autant de motivation ?

Desproges aurait répondu « À chacun sa névrose ». Et un de mes amis, John Waller, qui a supervisé pendant longtemps les interprétations historiques au sein du Royal Armouries disait que si quelque chose méritait d’être fait, il méritait d’être bien fait. Aller au-delà de ces aphorismes me coûterait peut-être une fortune en analyse. ;)

Dans quelles sombres et sanglantes aventures vas-tu plonger ce pauvre Ernaut la prochaine fois ? Il va encore voyager, redresser les torts et risquer sa peau ou bien se ranger et fonder une petite famille ?

Je sais à peu près vers quoi je vais pour l’ensemble du cycle narratif, mais le détail n’est pas défini précisément au-delà de quelques volumes. Je suis actuellement en train d’écrire Le souffle du dragon, qui sortira d’ici cet automne. C’est un tome qui verra le personnage prendre de la maturité et où des réseaux relationnels se précisent. On y découvrira comment le personnage d’Ernaut va évoluer. Géographiquement, cela restera encore au cœur du royaume, à mi-chemin entre Jérusalem et la côte, vers Jaffa.
Pour les deux autres enquêtes, je prévois de le faire voyager plus loin. Le tome 5 vers le nord et le 6 vers le sud.
Il y a tant de magnifiques endroits et de lieux passionnants… c’est toujours frustrant de voir le temps que ça prend de mettre les choses en place. J’aimerais pouvoir aller plus vite !

Découvrez le volume 3 des aventures d’Ernaut en vous téléportant sur sa page Framabook !

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genma : Yunohost 3.0 sur Debian 9 - Retour d'expérience rapide

Jusqu'à présent, Yunohost n'était compatible avec Debian 9 Stretch (uniquement Debian 8 Jessie). A l'annonce du passage en phase de test Beta sur le forum pour la compatibilité Debian 9, ayant un peu de temps, pour tester, je me suis lancé.

Yunohost 3.0 ?

Actuellement la version stable est la version 2.7.x. La version 3 apporte la compatibilité avec Debian 9 : une migration sur une instance déjà installée fait que la machine passe sous Debian 9. On a alors des versions plus récentes de PHP (passage de 5 à 7), ce qui sera mieux pour les futures versions à venir de Nextcloud qui nécessitent Php7. Et on est enfin sous Debian 9. Et ça c'est cool aussi.

Test dans une machine virtuelle clone de mon instance de production

Pour avoir un bac à sable qui ne craint rien, j'ai refait un clone complet via Clonezilla de mon instance de production (et j'ai ainsi un backup complet tout frais, en plus des sauvegardes régulières) que j'ai réimporté dans une nouvelle VM Virtualbox. Pour me connecter à celle-ci, j'ai modifié mon fichier hosts pour que l'IP de la VM corresponde aux noms de domaines de mon Yunohost de production. Je résume vite fait car je me suis basé sur mon expérience précédente abordée dans les billets précédemment écrit Yunohost dans Virtualbox et Yunohost, Clonezilla et Virtualbox

Et j'ai trouvé des bugs

J'ai ainsi pu tester plusieurs fois la migration (et repartir du snapshot fonctionnel de la VM), en indiquant à chaque fois les erreurs rencontrées, cherchant des solutions et contribuant ainsi, modestement, à mon niveau à Yunohost. Je suis assez content car mes tests ont permis de détecter des erreurs sur les applications suivantes Sonerezh et Nextcloud.

Dont voici la correction...

Le détail et toute la démarche faite durant quelques heures passées à comprendre et chercher est sur le forum, je donne directement les solutions :

Sonerezh

Il y a deux lignes où il y a des # et non des ; (ancien système de commentaire de PHP non compatible avec PHP 7).
On édite le fichier de configuration pour faire la correction :

nano -l /etc/php/7.0/fpm/pool.d/sonerezh.conf

Nextcloud

Module PHP manquant conduisant à une erreur Interne (500 dans les logs)

apt-get install php7.0-apcu -y
service nginx restart

J'ai au passage vu que les logs de Nextcloud ne sont pas dans /var/log/nginx/monsousdomaine.domaine.log (soit les logs du domaine nginx lié à Nextcloud) mais dans le fichier /home/yunohost.app/nextcloud/data/nextcloud.log

Reste à voir comment on peut faire pour ajouter tout ça en patch / proposée que ces corrections soient faites automatiquement dans les migrations et installations des applications dans YunoHost.

Sachant que pour Sonerezh, le code source de l'application en elle-même n'est plus maintenue, il faut probablement ajouter la modification dans le script de migration ou d'installation de Sonerezh en tant qu'application YunoHost. A voir.

Migrer ou non ?

La version est encore en Beta. Je ne l'ai pas testé assez longtemps pour voir si il n'y a pas d'autres soucis. J'attendrai donc la sortie officielle en version stable courant juin pour migrer mon instance de production (que j'utilise tous les jours), en attendant, dès que j'ai un peu de temps, je continuerai sur l'instance de test dans Virtualbox pour voir comment je peux continuer à aider un peu un projet que j'utilise quotidiennement. La moindre des choses étant, à mon niveau, d'aider un peu.

Mais dès à présent, de ce que j'ai pu voir, les applications suivantes sont fonctionnelles : Amapache, Dokuwiki, FreshRSS, Kanboard, Shaarli, Roundcube, Wallabag, Sonerezh (suite à la correction), WemaWema, Phpmyadmin et Nextcloud. Reste quand même à tester ça en profondeur.

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Journal du hacker : Liens intéressants Journal du hacker semaine #19

Pour la 19ème semaine de l'année 2018, voici 10 liens intéressants que vous avez peut-être ratés, relayés par le Journal du hacker, votre source d’informations pour le Logiciel Libre francophone !

Pour ne plus rater aucun article de la communauté francophone, voici :

De plus le site web du Journal du hacker est « adaptatif (responsive) ». N’hésitez pas à le consulter depuis votre smartphone ou votre tablette !

Le Journal du hacker fonctionne de manière collaborative, grâce à la participation de ses membres. Rejoignez-nous pour proposer vos contenus à partager avec la communauté du Logiciel Libre francophone et faire connaître vos projets !

Et vous ? Qu’avez-vous pensé de ces articles ? N’hésitez pas à réagir directement dans les commentaires de l’article sur le Journal du hacker ou bien dans les commentaires de ce billet :)

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blog-libre : Autour de SSH

Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai bricolé des trucs mais je suis bien incapable de reconnaître si c’est bien ou cruellement mauvais. Pour rappel je suis autodidacte, il est parfois difficile de savoir quand on suit une mauvaise voie alors je partage avec vous

Complétion SSH

On tape ssh luig, on appuie sur Tab, la complétion affiche alors ssh luigi.pizza.net.

Dans mon ~/.bashrc, j’ai complete -W "$(<~/.ssh/hosts)" scp ssh sshfsu qui me permet d’avoir la complétion pour scp, ssh et ma fonction sshfsu. Le fichier hosts n’est pas un fichier système, c’est moi qui le maintiens avec une liste des serveurs sur lesquels je me connecte. Ça marche parfaitement, rien à dire, je ne peux plus m’en passer. J’ai vu que certains parsent le fichier ~/.ssh/know_hosts. Sur Ubuntu par défaut le nom des hosts est hashé . On peut via une option SSH afficher... Lire la suite

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