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Paul Ezvan : BOINC, systemd et priorité des processus sous Linux

Je me suis récemment remis à faire tourner BOINC sur ma machine. BOINC est un logiciel de calcul scentifique distributé. En utilisant BOINC je prête en quelque sorte la capacité de calcul de mon ordinateur à des projets de recherche scientifique.

Le principe de BOINC est de n'utiliser que les ressources libres de la machine. Il fait de la sorte en attribution une priorité minimale aux processus qui réalisent le calcul. Sous Linux c'est fait en attribuant la valeur nice maximale aux processus lancés par BOINC, qui est 19. Plus la valeur nice est élevée, moins le processus est prioritaire.

Cette valeur 19 correspond à une priorité idle, ce qui signifie qu'elle ne permet d'utiliser que le temps restant qui n'est réclamé par aucun processus plus prioritaire. Cela correspond en pratique à n'utiliser que les ressources laissées libres sur le machine.

Cette configuration a fonctionné pendant longtemps sous Linux. Or j'ai remarqué que sur mon système BOINC ne semblait pas laisser toutes les ressources libres, car certains de mes programmes étaient plus long à s’exécuter, et donc mon ordinateur avait l'air plus lent. J'ai donc voulu vérifier cela. Un moyen simple est d'essayer d'utiliser au maximum le processeur, et de voir si toutes les ressources étaient disponibles.
Pour ce faire je lance huit fois (car ma machine a huit processeurs logiques) une commande qui va utiliser toute la ressource processeur disponible.

for i in `seq 8`; do sha512sum /dev/zero&;done

En observant l'utilisation du processeur avec la commande top, je remarque que chacun des processus sha512sum n'obtient que 50% de temps processeur. De plus le champs ni de top indique une utilisation de 50% pour les processus à priorité minimale. Normalement elle devrait être de 0 !
Pourquoi n'est-ce pas le cas ?

En fait la gestion des priorités de processus sous Linux a été pas mal compliquée par l'apparition des cgroups, ou control groups. Ces groupes permettent de grouper des ressources du noyau et d'appliquer des contrôles à ces groupes. Il est ainsi possible de limiter les ressources utilisées par un groupe de processus.

Cela introduit une nouvelle hiérarchie pour la priorité des processus. Dans mon cas tous les processus BOINC sont dans un même cgroup, et les processus que je lance dans un autre cgroup.

Les processus BOINC arrivaient toujours à utiliser environ 50% du système car les ressources processeur sont réparties équitablement entre ces deux groupes. Tout cela indépendamment des priorités des processus.
Ce type de mécanique a été implémenté car il était auparavant facile d'accaparer les ressources d'un système en lançant plein de processus. En équilibrant les priorités des groupes on évite ce problème.

Mais dans mon cas je veux que le groupe contenant les processus BOINC ait une priorité minimale. Ces groupes sont configurés par le système d'initialisation systemd qui gère entre de multiples choses les services systèmes et démarrer les sessions utilisateurs, et qui les place dans des groupes séparés. Il suffit donc d'indiquer à systemd de donner une priorité minimale au group utilisé par BOINC:

sudo systemctl set-property boinc.service CPUWeight=1

Après avoir lancé cette commande, je relance mon expérience, et cette fois mes processus de test utilisent bien chacun 100% du processeur. BOINC ne ralentit donc plus mon ordinateur !

Thème: LibreLinuxsystemdBOINC

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Jehan : Appel à l’aide: financement du développement de GIMP et d’animation Libre

En deux mots: notre travail de développement sur GIMP ainsi que la production du film ZeMarmot est actuellement financé à un peu plus de 400€ par mois. Cela ne paie pas nos factures. Et là — paf! — mon ordinateur vient de casser et la tablette graphique d’Aryeom montre des signes de faiblesse depuis un certain temps maintenant. L’avenir du projet ne s’annonce pas radieux.

C’est pourquoi nous vous appelons à l’aide!
Vous pouvez financer le développement de GIMP et la production de ZeMarmot sur Patreon ou Tipeee!

Lire dessous pour les détails…

Si vous nous lisez régulièrement, vous savez que je contribue énormément au développement de GIMP. Nous sommes à peine une poignée de développeurs réguliers sur GIMP. Je suis l’un d’eux. Mes contributions vont des corrections de bug régulières aux fonctionnalités majeures, ainsi que de la maintenance de plusieurs parties du code et de la revue de code contribué. Je fais tout cela dans le contexte du projet ZeMarmot, aux côtés d’Aryeom Han, réalisatrice et animatrice. Nous dessinons avec et hackons GIMP car nous croyons dans le Logiciel Libre.
Bien entendu, je contribue aussi à de nombreux autres Logiciels Libres.

Notre but, absolument-pas-secret, est de pouvoir un jour vivre du développement de Logiciel Libre et de création d’Art Libre. Clairement pour l’instant, c’est un échec. Avec environ 400€ par mois, pour 2 personnes, l’association LILA a à peine de quoi rémunérer quelques jours par mois (ce qui est fait selon les règles, donc avec une partie non négligeable de charges sociales). Soyons clair, ces 400€ ne sont même pas assez pour payer le loyer du studio de 31m² où nous vivons, que nous louons dans la banlieue éloignée de Paris; donc dire que nous n’en vivons pas serait un euphémisme. Nous vivons principalement de nos économies et de ce que nous pouvons avoir d’autre pour vivre. Cet « autre » bien sûr nous prend du temps que nous préférerions passer sur ZeMarmot.

Car oui clairement, travailler à plein temps pour créer du Logiciel Libre ainsi que de l’Art Libre ne nous déplairait vraiment pas. Pour l’instant, on en est loin.

La raison principale pour laquelle nous continuons est que nous avons promis au moins la sortie du pilote. Les contributeurs comptent sur nous. Bien sûr, l’autre raison est que nous espérons toujours que les choses vont s’améliorer pour nous permettre finalement de vivre de nos passions. Quoiqu’il en soit, le projet avance lentement car on ne peut pas vraiment se permettre de mourir de faim. Souvent nous en sommes assez démoralisés.

C’est donc la raison de cet appel. Si vous en avez les moyens et pensez que GIMP est un logiciel important, alors je vous propose de financer ZeMarmot qui paye du développement.
De même si vous voulez voir plus d’Art Libre, et notamment de sympathiques films d’animation, voire plus tard d’autres films toujours sous licences LIbres, de qualité professionnelle, alors là aussi je vous propose de financer ZeMarmot.

» Financement Patreon «
» Financement Tipeee «

Notre matériel se meurt…

L’autre raison de cet article soudain? La situation que je dépeinds n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau est que mon ordinateur portable vient de casser. Il ne s’allume plus, tout simplement. Je ne sais pas encore si c’est réparable, mais dans tous les cas, cela ne sent pas bon. Mes données vont bien, puisque je fais des sauvegardes régulières (et je ne crois pas que le disque soit cassé bien que je n’aie pas encore vérifié). Par contre je n’ai plus d’ordinateur pour travailler (j’écris cela depuis un netbook 32-bit de 8 ans d’âge, machine de secours qui malheureusement peine rien qu’à ouvrir le navigateur web!).

De son côté, la tablette graphique d’Aryeom a des problèmes depuis longtemps. Vous vous en rappelez peut-être, nous avons  réglé le problème en partie. Malgré cette réparation de fortune, la tablette s’éteint régulièrement sans raison, nous forçant à retirer et remettre la batterie pour la redémarrer, ou autre « contournement » similaire. Nous craignons donc que nous soyons forcé d’en acheter une autre un jour prochain s’il lui prend aussi de ne plus s’allumer du tout.

Cette panne d’ordinateur fut donc le déclic pour cet appel, comme je me rends bien compte de la précarité de notre situation. Peu de financement, des économies qui se font la belle, et maintenant des problèmes de matériel (coûteux). Nous faisons donc appel à vous tous, ceux qui aiment le Logiciel Libre et/ou l’Art Libre. Pensez-vous que ZeMarmot soit un projet positif? A-t-il un sens, et donc devrait-il continuer à prospérer? C’est en tous cas ce que nous croyons depuis le début, et ce pourquoi nous continuons. Si c’est aussi votre cas, un peu d’aide ne serait pas de refus, proportionnellement à vos moyens. Et si vraiment vous n’avez pas les moyens du tout, alors faites passer le mot, c’est toujours ça. 🙂

ZeMarmot est une aventure dure mais merveilleuse pour nous, et tant que possible nous aimerions éviter une fin triste (bien que nous ne regretterions pas une seconde de l’aventure!).

Merci d’avoir lu!

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Yannic Arnoux : Attrapons les vilains

A la fin de mon article sur le blocage des attaques de brute force, j’étais resté sur l’envoi quotidien d’un e-mail avec le log des attaques de la journée, histoire d’avoir une idée de ce qui s’est passé. Pour rappel, mon serveur tourne sous OpenBSD et l’outil de protection contre les attaques est Vilain, un équivalent de Fail2ban sous Linux. Le log de la journée est fastidieux à lire et j’ai eu envie de construire un rapport avec les informations suivantes :

  • liste des adresses IP bloquées
  • répartition horaire des attaques
  • top des adresses IP les plus agressives

Après un échange avec Thuban, le créateur de Vilain, nous convenons que Vilain doit rester KISS, qu’il n’est pas souhaitable de compliquer son code pour générer un rapport. Il est préférable de réaliser le travail en externe en analysant les logs. C’est ainsi que j’ai écrit vilainreport (une centaine de lignes en Python), qu’on peut lancer quotidiennement avec une tâche CRON pour recevoir le rapport du jour :

cat /var/log/vilain | vilainreport | mail -s "Vilain rapport du jour" admin

vilainreport est intégré au dépôt de Vilain sur Framagit.

Voici un exemple de rapport généré par vilainreport:

### Date 2017-10-12 00:17:00 blacklist IP 156.196.136.52 (ssh) 01:26:17 blacklist IP 115.249.139.206 (ssh) 02:31:08 blacklist IP 218.62.64.179 (ssh) 02:35:16 blacklist IP 91.223.167.69 (ssh) 02:46:54 blacklist IP 27.102.203.180 (ssh) ... Probe 'ssh' : 137 attacks ### Attacks per probe Probe 'ssh': 137 attacks ### Hourly repartition Hour 00 - 01: 1 Hour 01 - 02: 1 Hour 02 - 03: 4 Hour 03 - 04: 4 ... ### Top attackers IP 195.184.191.147 : 6 IP 81.4.110.104 : 5 IP 90.63.248.112 : 5 IP 176.31.126.176 : 5 ...

Ma configuration personnelle de Vilain est la suivante : je bannis pendant 1 heure toute adresse après sa deuxième tentative erronée de connexion à un de mes services. Donc un Top attacker qui a été banni 6 fois dans la même journée n’a pas fait d’erreur de connexion. Il a vraiment l’intention de s’introduire dans mon serveur. Je pourrais durcir ma configuration pour bannir beaucoup plus d’une heure mais ça ne m’arrange pas car je partage des documents avec des gens qui peuvent se tromper une fois ou deux en saisissant leurs identifiants Nextcloud. J’ai donc décidé de mettre en place une sanction plus dure pour les récidivistes : les jeter dans un puits sans fond, concrètement, une blackliste définitive au niveau du pare-feu OpenBSD.

Prison de Bane

J’ai appliqué une logique similaire à vilainreport. Je réinjecte le rapport dans un petit shell script supervilain qui identifie les récidivistes et les jette dans le puits, où il resteront… jusqu’au prochain redémarrage du serveur.

Voici le script en Korn Shell :

#!/bin/ksh if [ $# != 1 ]; then echo "Usage: $0 logfile" exit 1 fi file=${1--} while read line do line=`echo $line | tr -d '\\r'` if [[ $line = IP* ]]; then ipend="${line##+(IP )}" ip="${ipend%%+( ):*}" count="${ipend##*\\: }" if [ "$count" -gt "2" ]; then echo "Ban supervilain ${ip} (${count})" `pfctl -t supervilain -T add ${ip}` fi fi done <"$file"

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Miamondo : Comment trouver des ressources libres?

Cet article a également été publié dans le journal  l’âge de faire

Collectif EmmabuntüsGPL V3

Dessin : Péhä CC-BY 2017

Dans l’article du mois précédent, nous avons présenté le logiciel libre. La philosophie de ce dernier a donné naissance à des licences similaires dans les domaines artistiques, que nous appelons la culture libre. De fait, l’utilisation des licences art libre et Creative Commons, a permis l’émergence de la musique libre et de l’art libre.

peha_domaine_public

Par exemple, pour la musique libre : elle peut être librement écoutée, partagée avec vos amis, incluse dans vos vidéos de vacances, et vous pouvez même diffuser vos propres versions modifiées, à condition de citer vos sources ;). Ainsi, grâce à la culture libre, vous pouvez écouter, voir, utiliser, prêter des morceaux de musique, des films… car leurs auteurs l’ont bien voulu : pas d’abonnement, de publicité, de risques de contrefaçon, etc. Le paradis des communs. Mais une fois qu’on a compris cela, encore faut-il savoir où trouver ces fameuses ressources libres !

Dans le domaine musical, les sites comme www.dogmazic.net, whoo.fr, www.jamendo.com vous permettront de découvrir plus de 40 000 nouveaux artistes, de construire vos listes de lectures, et de télécharger des œuvres au format mp3, format qui est, depuis avril 2017, devenu… libre de droits.

Il existe aussi maintenant une radio dédiée à la culture libre, qui se nomme Libre à Toi et qui diffuse uniquement des contenus réalisés avec des logiciels libres, ainsi que des musiques sous licence « Creative Commons ». Cette fabrique de Communs a été sélectionnée le 8 mars 2017 par le CSA pour exploiter la fréquence 93.1, et nous espérons que très bientôt, elle pourra diffuser sur la bande FM parisienne sous le nom de « Cause Commune » ses émissions d’innovation sociale et d’éducation populaire autours des biens communs. Rassurez-vous, ces futures émissions seront aussi accessibles pour tous par podcasts 🙂

Pour les images, la plus grande des photothèques disponibles est celle de Wikipédia qui se nomme Wikimedia Commons. Elle revendiquait en février 2017 plus de 37 millions d’œuvres, essentiellement des photos, mais des enregistrements audio et vidéo commencent à faire leur apparition.

Dans le domaine littéraire, toutes les œuvres de nos grands auteurs sont désormais dans le domaine public. Nous vous conseillons de les redécouvrir en parcourant des sites tel que feedbooks.com, site qui permet de découvrir aussi des auteurs contemporains publiant leurs livres sans verrou numérique (DRM).

La question de la culture libre, et de l’éducation à celle-ci, est un sujet que nous avons déjà traité dans son aspect technique, dans le cadre du réemploi des ordinateurs donnés à des associations solidaires voulant mettre en place, au sein d’établissements scolaires, des salles de formation à l’informatique et à l’éducation. Alors, pour les aider à déployer ces solutions basées sur des systèmes d’exploitation GNU/Linux, nous avons réalisé ce tutoriel intitulé « Emmabuntüs : Serveur de Culture Libre » qui explique comment mettre en place une bibliothèque basée sur des données libres ePub du domaine public, et un Wikipédia consultable sans accès à Internet, afin que l’ordinateur ainsi installé puisse être utilisé dans n’importe quel lieu où seule l’électricité est présente 😉 Vous n’êtes pas obligés d’utiliser un système exploitation sur GNU/Linux pour mettre en place ces solutions, et dans ce tutoriel nous donnons accès à une CDThèque issue de Jamendo, et une bibliothèque de livres Libres au format ePub, contenant environ 300 livres issus du domaine public en français, anglais et espagnol provenant de feedbooks.

Il existe aussi des créations de culture libre dans le domaine des histoires et contes pour enfants, que nous diffusons aussi dans le cadre de nos projets pour l’éducation et en particulier dans les pays francophones. Nous vous encourageons à découvrir le petit monde libre de notre ami Odysseus Libre, les magnifiques livres jeunesse de Cyrille Largillier, et les aventures merveilleuses de « Pepper & Carrot » de David Revoy. Notre ami Cyrille Largillier a aussi élaboré une magnifique et gigantesque bibliothèque de livres de jeunesse libres et du domaine public, donc les livres sont téléchargeables individuellement ici, et la version complète .

Cette présentation ne serait pas complète si nous n’évoquions le site d’archivage d’Internet dénommé « Internet Archive » (archive.org), une « internetothèque » à but non lucratif qui a archivé à ce jour 67 millions de sites ! On y retrouve près de 4 millions de films, 200 000 concerts, près de 8 millions de livres, etc. Ce formidable site vous permet de visualiser les œuvres en ligne ou de les télécharger dans différents formats ouverts, afin de les découvrir sans être connecté à Internet !

Le mois prochain : « Comment installer Linux très simplement sur son ordinateur ? »

 


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nIQnutn : Capture vidéo avec Gnome

Petit retour suite à quelques changements. Pour le blog, j'ai décidé d'abandonner le .gif qui est clairement obsolète pour privilégier le .mp4. Ensuite, depuis la sortie de Debian stretch, j'ai quitté XFCE pour revenir à Gnome. On verra que ce bureau à pas mal de chose à proposer.

Pour faire des captures d'écran j'utilisais byzanz. L'utilitaire permet de créer des .gif mais il pouvait aussi générer un format .byzanz pour les vidéos. J'ai donc tenté de l'utiliser mais il me générait un fichier d'une taille abominable.

Pour trouver un outil de screencast qui fonctionne correctement, je suis tombé sur ubuntu-fr.org avec une liste d'utilitaire pour finalement m'apercevoir que Gnome intègre déjà cette fonction. Vu que ça m'évitait d'installer un paquet, c'est le premier que j'ai testé.

Debian: 9.2 (stretch)
Gnome: 3.22.2
ffmpeg: 3.2.8-1
key-mon: 1.17
Gnome screencast

Pour démarrer et arrêter l'enregistrement, un seul raccourci clavier Ctrl+Maj+Alt+R. Pendant l'enregistrement, un point rouge/orange en haut à droite de l'écran s'affiche:
L'enregistrement se fait au format .webm et stocké dans le dossier ~/Vidéos/

Modification des paramètres de Gnome screencast

Petit inconvénient, par défaut, la durée de l'enregistrement est limitée à 30 secondes. Pour autoriser une durée d'enregistrement plus longue, modifier les paramètres (ici, 60 secondes):


$user gsettings set org.gnome.settings-daemon.plugins.media-keys max-screencast-length 60 Afficher les entrées clavier

J'utilise parfois key-mon pour afficher les touches saisies au clavier. Cela peut s'avérer utile pour une meilleure compréhension d'un tuto.

Pour installer key-mon depuis les dépôts:
#root apt install key-mon

Pour le lancer, on le trouve dans le menu: KeyMon
ou directement depuis le terminal: key-mon

key-mon est entièrement paramétrable: on peut modifier son apparence, la taille et les touches à afficher.

Conversion en .mp4

Je préfère utiliser le format .mp4 pour des questions de compatibilité donc il faut convertir l'enregistrement.
On en profite pour recadrer l'enregistrement et ne laisser que la fenêtre. J'utilise Gimp pour avoir les dimensions exactes (si quelqu'un à une meilleure solution ?). Je veux aussi redéfinir la durée de l'enregistrement, en définissant le début et la fin.


$user ffmpeg -an -i input.webm -ss 00:00:01 -to 00:00:24 -vcodec libx264 -filter:v "crop=1366:741:0:27" -pix_fmt yuv420p -profile:v baseline -level 3 output.mp4
  • -i input.webm: la vidéo originale
  • ss 00:00:01: on débute la vidéo à la 1ère seconde
  • -to 00:00:24: on termine la vidéo à la 24ème seconde
  • crop=1366:741:0:27: dimension de la vidéo
  • output.mp4: la vidéo finale

Voilà :D

Votre navigateur ne supporte pas la balise vidéo ! Mettez-vous à jour ! Ressources nIQnutn CC-BY

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Framablog : Frama.site : testons la contribution

Bousculons nos habitudes : Frama.site n’est pas (encore) un service « prêt à l’emploi », on ne peut pas (encore) créer un site web les doigts dans le nez (faut dire que c’est un peu crado…).

C’est normal : avec cette première action de la campagne Contributopia, nous voulons expérimenter d’autres manières de faire, pour faire ensemble.

Le confort de blogger et tumblr se paie cher

Vous avez remarqué qu’on ne dit plus « je fais un site web »… ? On « ouvre un tumblr, » un « blogger », on « fait une page sur wix », on « publie un article sur Medium »… quand ce n’est pas directement la page Facebook qui devient le lieu d’expression unique de notre boîte, association, collectif, démarche artistique…

Certes, ces plateformes sont très pratiques, c’est même pour ça qu’elles ont autant de succès : pas besoin de se prendre le chou avec un hébergement, d’y installer un CMS (un kit de base pour créer son site web), de le personnaliser, et d’apprendre à l’utiliser. Non, là, c’est confortable : on se crée un compte, on remplit un formulaire, on appuie sur un bouton et hop ! Yapluka remplir son site web.

Si vous comprenez l’anglais, cliquez pour aller visiter ce site qui a lu pour vous les conditions générales d’utilisation… édifiant.

En contrepartie, les plateformes d’hébergement nous font « accepter » des conditions d’utilisations qu’on ne lit même pas, qu’on n’a pas vraiment envie de décortiquer, parce que… Parce que ça fait mal de lire que la plupart des contenus que l’on crée et publie leur appartiendront aussi, d’une manière ou d’une autre. Parce que c’est dur de se rendre compte qu’en utilisant leur service, on leur livre les vies et les intimités des personnes qui s’intéresseront à nos productions numériques.

Parce qu’on préférerait croire qu’on le fait pour nous, alors que ces plateformes nous font bosser pour leur pomme. Aral Balkan, un développeur et militant britannique, compare les géants du web à des fermes industrielles nous exploitant comme du bétail. On peut compléter la métaphore en expliquant ce que sont les plateformes Blogger (de Google de Alphabet), Tumblr (de Yahoo de Verizon) et les Pages (de Facebook de Markounet). Ce sont des seigneurs médiévaux qui nous concèdent un bout de terre numérique, afin de jouir des bénéfices de nos productions. Les nobliaux du web ont fait de nous leurs serfs.

Frama.site : se faire sa place dans la toile

Framasite est un service d’hébergement et de création de sites web.

Le but est de démontrer que l’on peut faire autrement, que l’on peut retrouver une indépendance numérique, y occuper un morceau de la toile. L’idée est de vous proposer un espace d’hébergement, c’est à dire un peu de place sur les « serveurs », ces ordinateurs en permanence allumés et connectés à Internet pour qu’on puisse aller y lire des sites web (entre autres choses). Des outils vous permettant de gérer (et donc de créer) vos sites web sont directement installés sur cet espace d’hébergement.

Concrètement, la volonté est de simplifier la vie de chacun·e : on se crée un compte, on choisit quel type de site on veut faire (blog, CV en ligne, page web unique, wiki, etc.), on lui donne un nom, et on appuie sur un bouton ! Ayé, votre site est créé, vous n’avez plus qu’à le remplir de textes, images, etc.

Framasite, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Étant proposé par Framasoft, ce service bénéficie forcément des libertés et des contraintes décrites dans nos conditions générales d’utilisation (qui se lisent en 3 minutes, et sans avoir besoin d’avoir avalé un code de la propriété intellectuelle !).

Cela signifie que :

  • Vos contenus vous appartiennent… et que vous en êtes responsables :
    • si vos contenus sont illégaux, « on veut pas finir en taule », donc ils peuvent être supprimés ;
    • il faut toujours, toujours, toujours penser à faire des sauvegardes régulières… Si ça vous tient à cœur de publier un contenu, chouchoutez-le : prenez la précaution d’en conserver une copie !
  • Nous ne permettons pas (et n’admettrons jamais) l’installation de bouts de codes qui épient vos visiteuses et visiteurs ;
  • Nous partageons une ressource commune, dont chacun·e doit avoir une utilisation raisonnable :
    • Les fichiers (photos, etc.) mis en ligne ne peuvent pas faire plus de 5 Mo ;
    • Si vous pensez avoir besoin de plus de 150 Mo d’hébergement, dépasser les 300-500 pages web, ou la vingtaine de sites et wiki… venez en discuter avec nous car il est possible que Framasite ne soit pas la solution adaptée à vos besoins ;
  • Nous ne recommandons surtout pas Framasite pour une utilisation professionnelle, c’est à dire pour faire un site dont dépendraient vos revenus : Framasoft reste une petite association, qui fait de son mieux mais ne fait que de son mieux (et y’a forcément des jours où ça plante, d’ailleurs on l’affiche à cette adresse), et qui ne peut pas être considérée comme éternelle ! Si un jour nous ne recevions plus de dons, par exemple, l’association et ses services mourraient, tout simplement.
Framasite : de la réalité au rêve

Le rêve est de faire en sorte que Framasite soit si simple d’utilisation, si pratique, que votre association, votre boulangerie ou votre artiste favori·te préfère cette solution aux plateformes centralisatrices. C’est de remettre à leur place les réseaux sociaux nobliaux : celle d’un lieu de passage, un lieu qui mène vers votre site web à vous, vers votre coin perso que vous cultivez sur la toile… plutôt que de les laisser devenir des fermes industrielles exploitant vos productions numériques comme aux pires époques du servage.

Car l’avantage, c’est que Framasite n’utilise que du logiciel libre : que ce soit Grav (pour les blogs, pages et sites web), Dokuwiki (pour les wiki, ces fameux sites permettant de construire du savoir collaboratif) ou notre interface de génération de site : tout est sous licence libre !

Imaginez : vous testez Framasite, puis vous vous rendez compte que les conditions dans lesquels nous proposons ce service ne vous conviennent pas ou ne correspondent plus à vos usages… Aucun souci : vous cliquez sur le bouton « exporter », récupérez vos contenus et allez les installer sur un autre espace d’hébergement équipé de ces mêmes logiciels libres… votre serveur, par exemple !

Cliquez pour découvrir le monde des services de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Le fait est que, à ce jour, Framasite est encore loin de la facilité évidente dont nous rêvons pour ce service. Ce n’est pas (encore) un service « prêt à l’emploi », comme nous avions l’habitude de les proposer lors des trois années de la campagne Dégooglisons Internet. C’est normal, nous cheminons vers Contributopia : Framasoft ne peut pas faire et décider à elle seule de l’évolution à venir, il va falloir travailler dessus ensemble et, en un mot comme en cent : contribuer.

Pour cette première expérimentation de la contribution nous vous proposons trois phases :

  1. Durant les prochains jours/les prochaines semaines, nous allons améliorer l’interface de création de site, la clarté des options, et les contenus automatiquement paramétrés. En même temps, nous comptons publier des tutoriels et de la documentation pour faciliter l’utilisation du service.
  2. D’ici la fin de l’année 2017, nous voulons trouver comment proposer la location et la personnalisation automatisée des noms de domaine (comment aider quiconque à passer d’une adresse web « monsupersite.frama.site » à « monsupersite.fr », par exemple).
  3. De mi-décembre à mi-février, nous voulons accompagner un·e stagiaire en développement pour qu’iel contribue au logiciel libre Grav et le rende encore plus aisé à utiliser, et faciliter encore plus l’autonomie numérique.
Comment contribuer ?

Pour cette première expérimentation dans la contribution, nous n’avons pas les épaules pour ouvrir une « boite à idée » (qui deviendrait très vite un cahier de doléances) car nous risquerions de crouler sous les demandes répétées, difficiles à traiter… Or, nous ne sommes qu’une petite association de 35 membres.

Nous allons donc commencer modestement, avec un outil qui demande certaines connaissances techniques (et un compte sur notre gitlab) : le dépôt Framasite sur Framagit.org.

  • Si vous voulez faire des remarques, apports, suggestions, retours, ou reporter des bugs concernant Framasite, faites une issue ici ;
  • Si vous voulez contribuer au code de notre interface, forkez directement le dépôt puis proposez une merge request ;
  • Si vous voulez proposer des tutoriels d’utilisation, cela se passe directement sur le dépôt de notre documentation (où de nombreux exemples peuvent vous guider dans votre rédaction) ;
  • Si vous souhaitez simplement aider à financer cette proposition qu’est Framasite et l’animation de son évolution, vous pouvez aussi nous soutenir d’un don.

Une autre façon de contribuer, qui est essentielle et importante, c’est de savoir parler autour de vous d’une telle solution. Si cela vous est disponible, prenez le temps d’accompagner votre entourage à la fois dans la démarche proposée (c’est pas parfait, car c’est à nous de le perfectionner ensemble) et dans l’adoption d’outils libres !

Sachez bien que Framasite n’est qu’un premier pas dans les mondes de Contributopia,

Contribuons ensemble vers cette Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

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Articles similaires

Admin-Linux : Netbox – solution DCIM et IPAM libre

Netbox est une solution libre qui permet de gérer et documenter une infrastructure. On peut voir ça comme une CMDB si on parle d’ITIL, mais pas que.

Netbox est un outils de DCIM (Data Center Infrastructure Management) et IPAM (IP address management)

Il est développé par DigitalOcean pour couvrir leur besoin et permet de gérer ces différentes briques :

  • IP address management (IPAM) – Réseaux et adresses IP, VRFs et VLANs
  • Racks – Organisé par groupe et site géographie
  • Matériel – Types de matériel et où ils sont situés
  • Connections – Réseaux, Console et alimentation électrique
  • Liaisons – Liaisons et fournisseurs d’accès
  • Secrets – Stockage crypté de données sensible

Netbox est réalisé en Python avec le framework Django et utilise une base de données PostgreSQL. Il fonctionne comme un service WSGI derrière le serveur HTTP de votre choix

Voici le détail de la Stack :

Fonction Composant HTTP Service nginx or Apache WSGI Service gunicorn or uWSGI Application Django/Python Database PostgreSQL

Gros plus de cette solution, depuis la v2, Netbox dispose d’une API REST permettant de lire et manipuler les données et donc de le connecter à n’importe laquelle de vos solutions 😉

Voici quelques screenshots pour vous donner une idée :

Netbox dashboard Netbox Rack Management Netbox IP Management

Cette solution est vraiment bien faite, simple et clair, on retrouve facilement ses petits.

De plus, il est possible d’utiliser NAPALM, qui est une solution d’automatisation réseau, pour récupérer des données de vos éléments réseaux. (exemple : uptime, version logicielle, configuration actuelle…)

De plus, le rythme de mise à jour est très soutenu, il y a plusieurs mises à jour par mois !!!

 

Liens utiles :

Github de Netbox

La documentation de Netbox (très bien faite)

Liste des releases

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Morot : OpenLDAP : corriger les ldif_read_file: checksum error

Si comme moi il vous arrive de modifier les fichiers de configuration ldif d’openldap à la main plutôt que de les modifier en injectant un LDIF, cela génère des jolies erreurs non bloquantes comme ceci :

ldif_read_file: checksum error on "/etc/ldap/slapd.d/cn=config/olcDatabase={1}hdb.ldif"

Pour corriger, rien de plus simple, on installe un utilitaire et on génère le nouveau CRC :

apt-get install libarchive-zip-perl crc32

Il ne reste plus qu'à modifier l'en-tête du fichier en erreur, ici /etc/ldap/slapd.d/cn=config/olcDatabase={1}hdb.ldif avec vim (c'est autorisé cette fois!) et à indiquer le checksum obtenu.

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Renault : Participez à la journée de test consacrée à la mise à niveau vers F27

Aujourd'hui, ce mercredi 11 octobre, est une journée dédiée à un test précis : sur la mise à niveau de Fedora vers le futur Fedora 27. En effet, durant le cycle de développement, l'équipe d'assurance qualité dédie quelques journées autours de certains composants ou nouveautés afin de remonter un maximum de problèmes sur le sujet.

Elle fournit en plus une liste de tests précis à effectuer. Il vous suffit de les suivre, comparer votre résultat au résultat attendu et le notifier.

En quoi consiste ce test ?

Nous sommes proches de la diffusion de Fedora 27 final (prévu pour début novembre). Et pour que ce lancement soit un succès, il est nécessaire de s'assurer que le mécanisme de mise à niveau fonctionne correctement. C'est-à-dire que votre Fedora 25 ou 26 devienne Fedora 27 sans réinstallation, en conservant vos documents, vos paramètres et vos programmes. Une très grosse mise à jour en somme.

Les tests du jour couvrent :

  • Mise à niveau depuis Fedora 25 ou 26, avec un système chiffré ou non ;
  • Même que précédemment mais avec KDE comme environnement ;
  • De même avec la version Server ou Minimal au lieu de Workstation ;
  • En utilisant GNOME Logiciels plutôt que dnf.

En effet, Fedora propose depuis quelques temps déjà la possibilité de faire la mise à niveau graphiquement avec GNOME Logiciels et en ligne de commande avec dnf. Dans les deux cas le téléchargement se fait en utilisation normale de votre ordinateur, une fois que ce sera prêt l'installation se déroulera lors du redémarrage.

Pour ceux qui veulent bénéficier de F27 avant sa sortie officielle, profitez-en pour réaliser ce test, que cette expérience bénéficie à tout le monde. :-)

Personnellement j'ai déjà testé un peu en avance sur ma machine professionnelle et j'ai rapporté mon premier bogue bloquant pour Fedora. En effet, dnf plantait lors du redémarrage pour procéder à l'installation des nouveaux paquets. Mais ayant eu lieu en début de procédure, cela n'a pas d'effet négatif. Bogue très courant apparemment pour l'instant mais dont un correctif est en test.

Comment y participer ?

Vous pouvez vous rendre sur la page des tests pour lister les tests disponibles et rapporter vos résultats. La page wiki récapitule les modalités de la journée.

Si vous avez besoin d'aide lors du déroulement des tests, n'hésitez pas de faire un tour sur IRC pour recevoir un coup de main sur les canaux #fedora-test-day et #fedora-fr (respectivement en anglais et en français) sur le serveur Freenode.

En cas de bogue, il est nécessaire de le rapporter sur le BugZilla. Si vous ne savez pas faire, n'hésitez pas à consulter la documentation correspondante.

De plus, si une journée est dédiée à ces tests, il reste possible de les effectuer quelques jours plus tard sans problème ! Les résultats seront globalement d'actualité.

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Miamondo : Framagit est-il un outil réservé aux codeurs?

 Bonjour,

J’utilise quotidiennement Framagit, que ce soit pour mes projets personnels mais également dans le cadre du collectif Emmabuntüs. Je rappelle que Framagit est une forge, c’est-à-dire une instance d’hébergement de code. Dieu sait combien j’apprécie cet outil notamment pour son interface très agréable même si je pense qu’un mode d’emploi détaillé et pédagogique pour les débutants ne serait pas du superflu.

Framagit sert donc à déposer du code. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec mon premier projet personnel. Or, il se trouve que  depuis une semaine, je me suis mis en tête de reprendre un modeste roman de science-fiction inachevé, d’une centaine de pages, que j’avais rédigé il y a quelques années. Bon, il vaut ce qu’il vaut… Des écrivains en herbe, il y en a des milliers et mon but n’est pas d’être publié chez Gallimarre ou Grassouillet. Moi ce qui m’intéresse, c’est d’explorer les possibilités d’un outil issu de la culture libre. Bref, je me suis dit :

– Mais pourquoi ne déposerais-tu pas tes chapitres dans ta forge préférée?

Aussitôt dit, aussitôt fait, j’ai créé un nouveau projet intitulé le-message, ce qui correspond au titre de l’oeuvre et j’ai déposé les deux premiers chapitres. Je dois avouer que je suis très content d’avoir eu cette idée car même s’il ne s’agit pas de code, cela me permet de structurer mon travail de manière efficace et de garder une trace de toutes les modifications. Voici donc comment je procède (Je vous invite à cliquer sur les images ci-dessous).

  • J’ouvre une issue pour chaque chapitre que je dépose.

Bildschirmfoto-6

 

  • Dans l’issue, je renseigne précisément chaque modification que j’effectue et je n’oublie pas de mettre un lien vers le dépôt (repository), lien qui correspond à l’endroit où se trouve le fichier modifié. Je n’inclus jamais le fichier modifié en pièce-jointe dans un commentaire. Ça deviendrait vite un capharnaüm ingérable et je n’ai pas envie de FOUTRE LE BORDEL!

Bildschirmfoto-7

 

  • Dans le repository, je dépose le fichier .odt du chapitre qui correspond à l’issue. À chaque fois que j’effectue des modifications, je dépose le nouveau fichier qui vient remplacer la version précédente.

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  •  Tout est archivé dans l’historique.

Bildschirmfoto-9

Peut-on rêver meilleur outil pour s’organiser proprement et ne rien perdre de son travail? Je n’en suis pas sûr. Je me demande si un auteur a déjà utilisé ou utilise actuellement Framagit pour rédiger un roman. Suis-je le premier? Quoi qu’il en soit, j’ai bien envie de tenter l’aventure!

Ce projet est public et sous licence CC-BY-SA, ce qui signifie que tout un chacun est libre d’y contribuer et de modifier ce que bon lui semble parce que (veuillez me pardonner ce langage un peu fleuri) j’en ai fondamentalement rien à foutre : La culture, quelle que soit sa forme, doit être libre.

Bonne journée.


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Renault : Une erreur… bien cachée

J'avais dit que je parlerais un peu des systèmes embarqués et de mes aventures dans le milieu. Aujourd'hui je voudrais relater un problème que j'avais dû résoudre au travail et qui n'était pas évident. Le prochain article sera plus générique (et celui d'après à propos d'un autre problème au boulot). Je vais essayer de varier un peu. ;-)

Ce sera sûrement un peu long, et je vais donner mon cheminement intellectuel autour de ce problème. Je respecte la chronologie des éléments dont j'avais connaissance à chaque étape.

Présentation du matériel et contexte

Pour situer un peu, je travaillais sur une plateforme Texas Instrument 8148 qui est un processeur ARM Cortex-A8 couplé avec un processeur M3 et des accélérateurs vidéos / DSP en son sein. Cette plateforme exploitait un noyau Linux 2.6.37 patchée à mort par Texas Instrument pour son processeur.

Le but du jour était d'exploiter le composant TVP5158 de… Texas Instrument encore (ce module a été conçu pour ce processeur en même temps). Pour décrire rapidement, ce composant permet de fusionner jusqu'à 4 flux vidéo analogiques (PAL / NTSC principalement) dans un seul numérisé que le processeur peut exploiter.

En soit le composant avait déjà un pilote fonctionnel pour Linux. Mais cela ne nous convenait pas. En effet, nous utilisons le TVP dans une chaîne de traitement vidéo où on faisait des décodages, redimensionnements, des remplacements d'images ou encore des encodages. Pour faire cela, non seulement il faut de la performance mais il faut aussi utiliser une API plutôt unifiée.

La performance est offerte par les accélérateurs vidéos qui sont dans les co-processeurs du système. On peut les exploiter via un firmware (dont le code source est confidentiel, désolé) et on peut communiquer avec ces accélérateurs via le noyau Linux et l'API OpenMax (OMX). Cette API est standard, éditée par le même groupe et dans les mêmes conditions qu'OpenGL, mais plutôt que de s'occuper de la 3D, il s'occupe des codecs vidéos. C'est souvent la référence libre dans ce domaine, avec GStreamer couplé avec libav.

Cette API est disponible dans le firmware de TI, cela tombe bien. Mais là où cela ce corse c'est pour récupérer des informations. En effet, il faut que durant notre traitement vidéo que nous sachions la résolution détectée par TVP du flux vidéo, et s'il existe (sur les 4 flux, des caméras peuvent être en pannes ou absentes pour diverses raisons).

Et TVP se configure via un bus assez standard et typique I2C qui est assez simple à mettre en place et largement suffisant pour lire / écrire des registres sur un composant. Il est par exemple souvent utilisé dans les cartes mères / graphiques de nos ordinateurs pour les capteurs de températures. Le soucis est que ce bus ne peut être géré par le firmware de TI (pour configurer le flux) et par le noyau Linux (pour récupérer les infos sur le flux pour l'application). Si on fait cela, il y aura conflit et le bus sera inutilisable. Modifier le firmware pour renvoyer les informations à l'espace utilisateur ou que le noyau gère la configuration du flux vidéo est plutôt complexe. Le mieux est d'utiliser un canal de communication existant entre le noyau et le firmware pour faire ceci, le firmware a donc la main sur le bus I2C et le noyau fera ses requêtes a travers lui.

On code

Partie intéressant du travail, coder. Et réfléchir à comment faire aller / revenir les informations voulues. Le noyau et le firmware, comme dans la quasi-totalité des systèmes à processeurs asymétriques, communiquent entre eux par mémoire partagée. Une partie de la RAM est allouée pour les messages, une autre pour les buffers vidéos, etc. Ceci est configurable (avec des limites) dans le code des deux côtés. Bien évidemment, les deux doivent être d'accord sur les adresses de base de chaque fonction, sinon ils ne retrouveront plus leurs petits. Cela est plutôt bien pris en charge par l'environnement de compilation fourni par TI. Vous pouvez consulter l'adressage mémoire entre les deux ici.

Dm8148-ezsdk-sw-arch.png

Bon, et le code alors ? La communication entre ces deux modules se faisant par mémoire partagée, il y a un certain protocole qui a été conçu par TI et qui s'exploite à travers une API maison nommée FVID2. Elle est déjà partiellement implémentée mais pas celle concernant le fameux TVP (qui est pourtant décrite dans l'API en question). J'ai donc écrit un pilote Linux pour combler cela. Aspect amusant, TI à la pointe de la technologie fournissait la doc de cette API dans un document .chm, un vieux format propriétaire dont le seul lecteur sous Linux potable est une application de l'ère de KDE3 : Kchmviewer. Quand je vous dis que l'embarqué c'est moderne !

Mais cela reste un peu moche, l'application en espace utilisateur demande au firmware HDVPSS de configurer le TVP. Mais, pour faire cela, il instancie le pilote interne de TVP du firmware qui ne doit pas être instancié deux fois et dont on ne peut récupérer la référence pour notre API FVID2… J'utilise donc une référence d'un autre composant dont le noyau a la référence (car il l'instancie) et j'envoie mes messages avec, le firmware a été modifié pour comprendre la situation et rediriger le message ensuite à bon port. Je n'avais pas trouvé mieux dans le délai imparti.

Et le bogue arrive… parfois

Et après le code, on teste. Après plusieurs essais difficiles, cela fini par passer. Youhou. Champomy dans les bureaux.

Mais, quand mes collègues vont tester leur application avec mon travail, cela ne fonctionne pas toujours. Le module noyau qui fait les échanges avec le coprocesseur nous signifie que certaines requêtes, en quantité variables, mettent trop de temps à revenir. On était à une moyenne de 1 à 10 échecs par minute (pour 24 requêtes). Mais il arrivait malgré tout que sur 30 minutes / 1 heure cela n'arrive pas, avant de revenir. C'est beaucoup trop problématique, et ce qui est étonnant c'est que mes tests ne présentaient aucune erreur.

Du coup, comme pour toute chaine de communication, on va déboguer étape par étape pour identifier où cela coince. Je précise que la seule section dont je pouvais difficilement déboguer c'est l'échange des messages entre Linux et le firmware qui est assez mal documenté et le code assez obscur en plus d'être gros.

Matériel

Le plus simple à tester, c'est le matériel (recompiler le firmware vidéo pour y ajouter du débogue c'est 40 minutes de compilation, c'est pénible et long, on évite au maximum de le faire). Je vérifie donc que le TVP reçoit les bonnes requêtes et y répond. Le bus I2C étant très simple, un petit oscilloscope sur un fil et on peut rapidement conclure que les signaux sont bons dans les deux sens que la requête échoue ou non à la fin.

Mais je me dis que le temps d'attente côté Linux pour recevoir ce message est trop court, je l'allonge volontairement à un délai absurde comme 30 secondes, cela ne change rien. Soit ça réussi vite, soit au bout des 30 secondes j'ai l'erreur. Pas d'entre deux, pas de hausse ou baisse de ces erreurs.

Du coup on sait que la chaîne d'envoi est bonne, et le matériel aussi, le soucis se situe bien au retour.

Firmware vidéo

Donc forcément je remonte un peu la chaîne côté firmware vidéo et à chaque étape en son sein, l'information est correcte à tous les coups. Comme le soucis n'est pas côté Linux après l'API FVID2, le soucis se situe forcément dans le transfert des messages entre les deux mondes comme on dit. Côté retour uniquement.

Plongeons au cœur de la mémoire

À ce stade là, cela devient assez étrange. Comment cela peut planter de cette manière là ? J’émets quelques hypothèses, manque de place pour l'échange de messages (il y a d'autres messages que ceux du TVP là dedans) ou éventuellement un conflit de lecture / écriture simultanée par les deux sur un même message.

Pendant que je cherchais comment l'ensemble fonctionnait, des collègues m'ont rapporté des informations pertinentes (bah oui, ils continuent de testeur leur travail de leur côté et disent ce qui est pertinent quand ils constatent le problème). Il y a une corrélation entre le nombre de caméras branchées au TVP (et exploitées par notre programme) et la fréquence du bogue. Plus il y a avait de caméras, moins cela plantait. Cela paraît contre intuitif.

J'ai maintenant une idée plus claire de ce qui semble être le cas, mais je dois vérifier. J'essaye de voir donc comment l'échange de message fonctionne, et la fonction que j'appelle a quelques lignes intrigantes dont je copie la boucle intéressante :

while (fctrl->fctrlprms->returnvalue == VPS_FVID2_M3_INIT_VALUE) { usleep_range(100, 300); if (vps_timeout) { do_gettimeofday(&etime); td = time_diff(stime, etime); if (vps_timeout < td) { VPSSERR("contrl event 0x%x timeout\\n", cmd); return -ETIMEDOUT; } } }

En gros, Linux initialise une valeur précise à une adresse précise dans la RAM. Quand le firmware a fini son boulot et renvoie les infos demandés, il signifie au noyau qu'il a fini en changeant la valeur initialisée précédemment. Le noyau regarde sa valeur régulièrement par tranches de 100 à 300 microsecondes pendant 2 secondes maximum.

Et comme par hasard, si je mets dans la boucle un printk de débogue (l'équivalent de printf pour le noyau, pour afficher des chaînes de caractères visibles en espace utilisateur, cette fonction est plutôt grosse), le bogue disparaît. Quelques soient les conditions.

Cela me renforce dans mon hypothèse : nous sommes face à un soucis d'accès à la valeur de cette variable. Le noyau Linux relit la variable depuis le cache ou le registre du processeur qui bien sûr ne change pas (car le processeur n'a pas changé cette valeur, c'est au coprocesseur de le faire !), du coup il voit éternellement la variable comme au départ et il croit que le firmware vidéo ne fout rien. Le printk ou l'activité du système (plus il y a de caméras, moins cela arrive, n'oublions pas) permettant à Linux de bien voir la véritable valeur en la rechargeant depuis la RAM.

Le problème vient du fait que ce genre de vérification ne doit pas se faire directement, surtout que la zone mémoire concernée a été allouée avec "ioremap()".

Il suffit donc de remplacer la ligne

while (fctrl->fctrlprms->returnvalue == VPS_FVID2_M3_INIT_VALUE) {

Par

while (ioread32(&fctrl->fctrlprms->returnvalue) == VPS_FVID2_M3_INIT_VALUE) {

Les accès par "ioread*()" mettent des barrières mémoires et indiquent que la variable peut être modifiée de l'extérieur. Obligeant donc une nouvelle lecture de la valeur en toute circonstance.

Conclusion

Je suis tombé sur ce bogue après quelques mois dans la vie active seulement. C'était un défi intéressant, je n'avais pas trouvé cela évident. C'est vraiment le genre de choses que l'on a tendance à oublier, on accorde trop de confiances aux couches d'en dessous (matériel / noyau / compilateur / bibliothèque / langage) qu'on en oublie qu'ils peuvent présenter des problèmes et qu'on doit faire attention en les utilisant.

Après, cela met en évidence un énième bogue / oubli stupide de la part de Texas Instrument (ils en font du code horrible, je vous le dis) qui aurait pu être évité s'ils travaillaient un peu plus avec le noyau officiel. Nul doute qu'avec plus de relecteurs de leur code, quelqu'un l'aurait vu. Mais bon, tant pis, je me suis bien amusé. :-)

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Framablog : Explorons le monde des services de Contributopia

L’aventure Contributopia a pour but de poursuivre et d’approfondir le travail entamé lors de la campagne « Dégooglisons Internet ». Pour la première année de cette campagne, nous comptons donc continuer à ouvrir des services web alternatifs… mais en nous y prenant un poil différemment.

Faire avec vous, pour faire mieux

Hors de question de reprendre le rythme effréné des années de campagne « Dégooglisons Internet » où nous avons sorti près de 10 services par an (vous pouvez vérifier, on a compté !). Durant cette première année de Contributopia, nous voulons prendre le temps dans l’élaboration et l’évolution de quatre services majeurs :

  • Framasite (et Framawiki), création de sites & pages web, blogs, wiki ;
  • Framameet, une alternative à MeetUp pour organiser des rencontres de groupes ;
  • Framapetitions, pour faire entendre ses opinions (alternative aux problèmes posés par Change.org) ;
  • Framatube, parce que YouTube est devenu incontournable, et qu’il faut trouver comment faire autrement.

Cliquez pour découvrir le monde des services de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Prendre le temps pour mettre en ligne ces services nous permettra de mieux nous impliquer. Sauf exceptions (Framadate, Framaestro, etc.), Framasoft ne développe pas les logiciels libres qui permettent d’ouvrir les services répertoriés par Dégooglisons Internet. La plupart du temps, nous y contribuons (développement de fonctionnalités, documentation, bidouilles esthétiques, traductions, etc.) puis nous les hébergeons, les tenons à jour et nous facilitons leur adoption.

Cette fois-ci, nous voulons investir encore plus de temps professionnel, et donc de l’argent qui provient de vos dons, dans la création et l’évolution de ces projets. Nous pourrons ainsi contribuer à une réflexion plus poussée autour d’outils numériques qui sont franchement sensibles. Nous pourrons aussi et surtout prendre le temps d’être à votre écoute, de vous exposer les points d’étapes et de vous impliquer dans l’évolution de ces logiciels… S’ils sont faits pour vous, autant les faire avec vous, non ?

Quatre services Contributopistes !

 

Entrons dans le vif du sujet, avec les quatre services sur lesquels nous vous proposons de contribuer cette année…

Framasite, créer des sites web aisément

 

Framasite, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Première action de cette Contributopia, Framasite est d’ores et déjà ouvert : il suffit d’aller sur Frama.site pour contribuer à la phase de test ! Vous pouvez donc vous y créer un compte afin de produire un (ou plusieurs !) sites internet, pages web, blog, et même des wiki (ces fameux outils pour partager des connaissances de manière collaborative).

Nous reviendrons dessus en détail cette semaine sur le Framablog, mais l’idée est simple : offrir à la fois un espace d’hébergement et des outils pour faciliter l’expression de chacun·e sur la toile. Nous nous engageons à un hébergement éthique : vos contenus publiés sur Framasite vous appartiennent et les données des personnes qui les visiteront ne seront ni épiées, ni transmises, ni monétisées (c’est dans nos conditions d’utilisation !)

Basé sur les logiciels libres Dokuwiki (pour les wiki) et Grav (pour les sites, pages web, blogs…) nous savons qu’à ce jour, Framasite n’atteint pas encore son but : permettre de créer un site web aisément, même quand on ne s’y connaît pas trop. C’est normal, il est en phase de test.

Durant les semaines qui arrivent, nous allons travailler à sa simplification, tout en produisant des tutoriels selon des exemples précis (CV en ligne, blog, etc.). Ensuite, nous souhaitons faciliter le choix des noms de domaine (l’adresse web de votre Framasite). Enfin, fort·e·s des retours et suggestions que vous nous ferez, un⋅e stagiaire nous aidera à contribuer au logiciel Grav afin qu’il soit encore plus facile et pratique d’utilisation.

Framameet, se regrouper sans se faire pister

Framameet, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Aujourd’hui, les personnes souhaitant se rencontrer de visu autour de ce qui les rassemble utilisent soit des produits Facebook (les groupes, les pages et les événements), soit MeetUp, dont la création de groupes est devenue payante. Cela signifie, au choix : forcer les gens à être sur Facebook et lui donner encore plus d’informations personnelles et collectives, ou confier à MeetUp toutes les données des personnes intéressées par une activité de groupe.

Il existe des projets dans le logiciel libre qui souhaitent se poser en alternative à MeetUp, mais nous n’en avons pas (encore) vu qui offrent toutes les fonctionnalités attendues et qui sont d’ores et déjà utilisables par le grand public. Qu’à cela ne tienne, c’est une grande devise libriste : « juste fais-le ! » Nous verrons donc qui veut nous suivre dans cette aventure pour créer ensemble une alternative libre à MeetUp qui n’exploite ni les données ni les vies numériques des personnes souhaitant se regrouper.

 

Framapetitions, s’exprimer en toute confiance

Framapetitions, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Ah ça fait un moment qu’on en rêve, de celui-là, hein ? Déjà pendant l’été 2016, nous traduisions l’article inquiétant d’une journaliste italienne, Stephania Maurizi, sur l’exploitation financière des signataires de pétitions faites sur Change.org. Nos opinions sur le monde qui nous entoure (qui sont donc, littéralement, politiques) représentent des données sensibles. Elles valent mieux qu’une exploitation financière ou qu’un code obscur dont on ignore ce qu’il fait, non ?

Lorsque nous avons créé le service de formulaires en ligne Framaforms, nous savions qu’en bidouillant et retravaillant ce code, nous pourrions proposer un service Framapetitions, une alternative à Avaaz ou Change.org. Sauf que la différence entre un formulaire en ligne et une pétition, c’est que cette dernière peut être rejointe par des millions de personnes !

Ayant vu sur plus d’un an comment les serveurs de Framaforms tenaient la charge que représentent vos questionnaires et leurs réponses, nous sommes désormais assez confiant·e·s pour nous lancer dans la production de Framapetitions… mais nous aurons grand besoin de votre aide pour tester massivement ce service ensemble avant de le publier !

Framatube, briser l’hégémonie de YouTube

Framatube, illustré par David Revoy – Licence : CC-By 4.0

C’est un gros morceau : comment faire pour que YouTube ne soit plus aussi incontournable ? Ce réseau social de vidéos bénéficie de toute la puissance de Google… et autant vous dire qu’il en faut, des sous, des fibres et des serveurs, pour centraliser des milliards de vidéos dont certaines sont vues par des milliers (millions ?) de personnes en même temps.

Et si la solution c’était de faire autrement… ? De faire non pas un énième hébergement alternatif (un « Framatube » centralisateur) mais une fédération d’hébergements vidéos, où chacun peut communiquer avec les autres ? Mastodon (une alternative à Twitter libre et fédérée) nous a montré qu’un réseau fédéré peut permettre à chaque hébergeur de choisir ses propres règles du jeu (modération, monétisation, conditions générales) tout en offrant aux utilisateur·trice·s un accès à l’ensemble du réseau.

Peertube est un logiciel libre en cours de développement, qui permet de faire la même chose pour l’hébergement de vidéos. Et il offre un gros plus : la diffusion vidéo en pair à pair. Il fait en sorte que le navigateur web de chaque spectateur·trice d’une vidéo la partage avec les autres personnes qui sont en train de la regarder, soulageant ainsi et le réseau et les serveurs qui hébergent ces vidéos.

Nous prenons le pari de financer le salaire du développeur de ce logiciel, qui jusqu’à présent menait le projet sur son temps libre, afin qu’il parvienne à une version qu’on puisse déployer à grande échelle. C’est un pari fort car nous pensons sincèrement que, une fois cette brique logicielle construite, Peetube peut révolutionner notre monde numérique, et que d’autres pourront construire par dessus.

Ainsi, Framatube ne sera pas un endroit où déposer des vidéos, mais bien le petit maillon d’une grande chaîne que nous espérons composée d’artistes, associations, collectifs, organisations et médias qui hébergeront et diffuseront leurs vidéos.

Faire mieux que dégoogliser, oui, mais ensemble !

Alors oui : « seulement » quatre services en une année, nous vous avions habitué·e·s à plus. Mais, nous espérons que vous l’aurez compris, le but de cette année n’est pas de répondre à une urgence qui pousse vers la quantité de services, mais bien à une exigence de penser ensemble des services différemment. Sans compter qu’en parallèle, nous devons prendre le temps de poser les fondations qui nous permettront de consacrer les années suivantes à l’essaimage, puis à l’éducation populaire.

Cette année est aussi une année de transition, pour nous comme pour tou·te·s celles et ceux d’entre vous qui choisiront de nous suivre dans cette aventure. Cette transition veut tendre vers la contribution. Nous devons trouver ensemble comment commencer à ouvrir les espaces nous permettant de collaborer sur les actions présentes et à venir.

Contribuons ensemble vers cette Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Quitte à avoir moins d’annonces-surprises fracassantes sur le Framablog, nous essaierons de vous tenir informé·e·s des points d’étapes de chaque projet. Cela pourra se passer ici, mais aussi sur nos réseaux sociaux (Diaspora*, Mastodon, Twitter et même Facebook -_-  !) ainsi que via notre lettre d’information, afin que vous ayez l’opportunité de prendre part à cette aventure.

Le maintien des projets existants et la naissance des actions à venir restent financés par les dons. Plus de deux mille personnes nous permettent de travailler. Nous tenons à vous remercier de cet engagement nécessaire à nos côtés, et de ce soutien qui fait chaud au cœur.

Vous désirez embarquer avec nous dans ce voyage en Contributopia ?

Ça tombe bien : la voie est libre !

Pour aller plus loin

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Thuban : Les cryptomonnaies expliquées à ma fille

Lorsque j'ai parlé de miner du monero, j'ai reçu quelques commentaires et des mails indiquant que les cryptomonnaies, on n'y comprends rien, on est méfiants, c'est bizarre...
Les cryptomonnaies, de quoi s'agit-il en guelques mots?
Dans cet article, je vais essayer de décortiquer tout ça et d'expliquer à ma petite maman l'intérêt de ces concepts. Nous allons parler de plusieurs monnaies afin d'en étudier les intérêts éventuels, mais pas toutes car il y en a trop.

Les intérêts des cryptomonnaies

  • Peu ou pas de frais de transaction, partout dans le monde.
  • Transferts quasi-instantanés.
  • Indépendance face aux états et instituts bancaires.

Un peu de vocabulaire
Quelques mots qui seront utilisés ensuite :

  • blockchain ou chaîne de blocs : C'est un grand livre de compte où sont enregistrées les échanges d'argent.
  • Portefeuille : Chaque utilisateur a un portefeuille pour contenir son argent cryptographique, mais aussi des "clés" pour permettre aux échanges d'être authentiques. Pour envoyer des sous à Toto, je vais mettre un cadenas (clé publique) dont il est le seul à avoir la clé (clé privée).
  • Cryptographique ou cryptomonnaie : Quand je fais un chèque, je le signe. De même, lors d'une transaction de cryptomonnaie, on applique une signature numérique. Attention, "crypter" ne veut pas forcément dire "chiffrer" dans le sens "rendre incompréhensible si on n'a pas la clé du cadenas".

Bitcoin

Notre histoire commence avec le bitcoin, sans doute la plus connu à l'heure actuelle. C'est en 2008, sois près de 10 ans qu'un développeur dont l'identité réelle est inconnue publie du code open-source permettant d'utiliser cette nouvelle monnaie qui a pour principales caractéristiques :

  • La quantité maximale de bitcoin est fixée. C'est comme ça, il faut se les partager.
  • Les échanges de monnaie sont enregistrés dans un "fichier commun" appelé blockchain partagé entre tous les utilisateurs. Il n'y a pas de banque centrale qui contrôle ces échanges. On peut voir cette "chaîne de blocs" comme un grand livre de comptes public (eh oui, le bitcoin n'est pas privé).
  • Lorsqu'un utilisateur participe aux échanges en contribuant aux calculs nécessaires, il est récompensé en bitcoin. Lorsque quelqu'un calcule avec pour objectif de se faire des bitcoins, on dit qu'il "mine". Ces calculs sont obligatoires pour qu'une transaction ait lieu : il faut enregistrer dans la chaine de blocs : qui envoie de l'argent, à qui, combien, quel jour...

Malheureusement...

  • Le code source de la monnaie était adapté en 2007, lorsque le nombre d'échanges était peu nombreux. Depuis, bitcoin est victime de son succès et des monnaies alternatives basées sur bitcoin sont apparues pour pouvoir faire plus de 7 transactions par seconde.
  • Puisque tous les utilisateurs partagent la "blockchain", il est possible de savoir qui a acheté quoi et combien.
  • Le système Bitcoin ne chiffre aucune des données qu'il utilise. La cryptographie est uniquement utilisée pour créer des signatures non falsifiables et mettre en œuvre des fonctions à sens unique (extrait de l'article wikipedia. C'est pas tip top quand même.
  • Les bitcoins obtenus par les mineurs à son lancement ont aujourd'hui une valeur très importante comparée à celle des bitcoins qu'un nouvel utilisateur pourrait miner. :/

Litecoin

Le Litecoin ressemble beaucoup au Bitcoin. On peut noter quand même quelques différences intéressantes :

  • La licence sous laquelle est publiée Litecoin est MIT/X11 license, plus permissive.
  • Les algorithmes utilisés permettent de meilleures performances qu'avec Bitcoin.
  • La limite maximale des Litecoins est plus grande que pour les Bitcoins.

Et c'est à peu près tout. Pourtant , cette monnaie a eu et a encore beaucoup de succès.

Ethereum

Ethereum est la seconde cryptomonnaie la plus utilisée actuellement. C'est aussi celle qui a le plus souvent été "piratée". Comparé au Bitcoin, Ethereum ajoute l'idée de "contrat" qui sont des scripts permettant d'échanger des richesse en échange d'ether : la monnaie.
Il n'y a pas grand chose de nouveau par rapport aux monnaies précédentes point de vue concept, mis à part peut être le fait qu'une personne minant de l'ether peut choisir combien elle doit recevoir en échange de l'effort fourni.

Monero

Monero est aussi une monnaie OpenSource qui reprend les idées du Bitcoin mais corrige plusieurs points :

  • Un monero garde toujours la même valeur : c'est fongible. Cela veut dire qu'un monero miné aujourd'hui aura la même valeur d'échange dans un an. (Pas comme les cartes Panini de Papa qu'il collectionne pour les revendre hyper cher).
  • La quantité maximale de monero en circulation augmente de façon régulière au rythme de 0,3 XMR par minute, pas plus.
  • L'accent est mis sur la confidentialité des échanges. On ne peut pas savoir qui échange des moneros avec qui.
  • Les échanges sont chiffrés. On ne peut pas savoir combien de moneros sont donnés ou reçus.
  • Monero ne doit pas demander de plus en plus d'effort au fur et à mesure que cette monnaie se développe.

Duniter

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Thuban : Guide de Migration 6.1 => 6.2

Ou, comment migrer d'OpenBSD 6.1 vers 6.2 ?!

Avant la mise-à-niveau

Comme d'habitude, la première action est de supprimer les manpages obsolètes :

# rm -rf /usr/share/man

Une autre étape, utile mais accessoire, est relative à la gestion du fichier ''history'' qui passe d'un format binaire à un format texte. Si vous voulez garder votre historique actuel, tapez la commande suivante :

$ fc -ln 1 | cut -f2- > ~/ksh_hist.txt

Changement de configuration

Il y a des changements dans certains fichiers de configuration à tenir compte.

Ainsi, si vous utilisez déjà IPv6, et la configuration automatique, le mot-clé ''rtsol'' est déprécié ; dorénavant, il faut utiliser : ''inet6 autoconf''.

Il y a d'autres changements relatifs aux fichiers de configuration d'ifconfig, des scripts d'installation ''install.site'', à ksh, à la gestion d'IPv6 dans PF, et de smptd.conf...
Veuillez lire le Guide de Migration traduit par nos soins, pour de plus amples informations, à ces propos, dont vous trouverez l'url en bas d'article.

Changements spécifiques

Certains binaires changent dans leur fonctionnement, en étant mis-à-jour.
C'est principalement le cas de ''beat'', ''borgmatic'', ''cups'', et ''zarafa''.

À-propos de Cups, ces binaires - que sont ''lpq'', ''lpr'', et ''lprm'' - ne sont plus liés symboliquement à ''/usr/bin''. Il est nécessaire de les préfixer en utilisant le chemin absolu ''/usr/local/bin/''.
L'astuce, afin de ne pas se fouler le poigné, est de modifier votre fichier ~/.kshrc, pour gèrer des aliases, tel que :

for i in lpq lpr lprm; do alias $i=/usr/local/bin/$i; done

Pour en savoir plus sur les autres changements induits par ces mises-à-niveau, veuillez lire le Guide de Migration...

Conseils pratiques

Avant de faire la mise-à-niveau, si vous utilisez Gnome3, pensez à désactiver gdm : # rcctl disable gdm
Lors du redémarrage, vous vous retrouverez en terminal texte, mais cela permettra de ne pas avoir de soucis avec l'interface graphique.

Vous pouvez faire de même pour xenodm...

Idem, pour les services serveurs, il est recommandé de les désactiver !

Téléchargement

Maintenant que les précautions d'usage ont été exécutées - n'est-ce pas ?! - occupons-nous de télécharger le nécessaire !

Pour cela, positionnons-nous à la racine du système et téléchargeons le binaire ''bsd.rd'', puis les fichiers de sommes de contrôle, et de signature, pour les vérifier :

$ cd /
# ftp -n -m -C "https://ftp.fr.openbsd.org/pub/OpenBSD/6.2/amd64/bsd.rd"
# ftp -n -m -C "https://ftp.fr.openbsd.org/pub/OpenBSD/6.2/amd64/SHA256.sig"
$ sha256 -c SHA256.sig 2>&1 | awk '/bsd.rd/ {print $3}'
OK
$ signify -Cp /etc/signify/openbsd-62-base.pub -x SHA256.sig bsd.rd
Signature Verified
bsd.rd: OK

Bien-sûr, il est possible de télécharger une image d'installation pour clé USB, ou pour CD ; si vous préférez cette solution, merci de lire notre tutoriel.

Quoiqu'il en soit la phase d'installation est la même ;)

Installations

(Re)démarrons la machine informatique, et lors de l'invite 'boot>', tapez : boot bsd.rd

Laissez faire, jusqu'à ce que le processus vous demande le choix d'(I)nstaller, d'(U)pgrader, etc … choisissez : ''U''

Puis, tapez ''http'' si vous voulez la faire en étant connecté à Internet, ou si vous avez le CD ou une clé USB, tapez ''cd'' !

Ensuite, répondez aux questions, tout comme lors de votre première installation… pour finir par redémarrer, si tout s'est bien passé : reboot

Normalement, OpenBSD met-à-jour automatiquement les firmwares, et essaye de fusionner correctement les nouveaux fichiers de configuration avec ceux que vous auriez pu modifier...
au cas où, utilisez ''fw_update'', puis ''sysmerge''.

Puis terminez par la mise-à-niveau des packages !

# pkg_add -iuv

Laissez faire, et une fois effectuée - étape qui peut être très longue, selon le nombre de paquets que vous aviez précédemment installés pour votre usage - exécutez : # pkg_check

Parfois, il peut être nécessaire de répèter ces deux dernières commandes...

Ceci étant dit, étant fait, pensez à réactiver les services que vous auriez désactivé, lors de la phase de préparation de la mise-à-niveau, puis une fois fait, redémarrez votre machine...

Une fois que vous êtes dans votre session, pensez à lire les fichiers pkg-readmes préparés dans ''/usr/local/share/doc/pkg-readmes/''.

Documentation

La traduction anglais->français (in)officielle du Guide de migration OpenBSD 6.2 est prête !

N'hésitez pas à venir en discuter sur notre forum ;)

 

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Framablog : Contributopia : dégoogliser ne suffit pas

Framasoft vous invite à un voyage exaltant : explorons ensemble des mondes numériques. Des mondes où les outils informatiques se conçoivent en collaboration, où les pratiques respectueuses essaiment et pollinisent, où s’ouvrent les portes de la contribution.

Ne plus faire contre, pour faire autrement

Après avoir conclu la campagne Dégooglisons Internet, une leçon s’impose : se réduire à proposer des alternatives aux services de Google & compagnie, ce serait se perdre sur la voie du Libre. Car, d’une part, cela implique de s’épuiser dans une course à la réaction, face à des géants du Web aux jambes bien longues. Mais surtout, cela oblige à jouer selon leurs règles, donc à rester dans leur conception du monde.

Ne nous y trompons pas : derrière chaque nouveau service et produit des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), il y a une vision de la société, celle que les médias traditionnels se plaisent à qualifier de « ubérisée », celle qui fait de nous des objets de consommation. Derrière l’adage « si c’est gratuit, c’est toi le produit », il y a une vérité cruelle : les ogres dévoreurs de data de la Silicon Valley nous forcent à donner une livre de nos vies en échange de leurs outils, et nous mettent en position de devoir choisir entre notre confort et nos libertés.

Oui, c’est déprimant… mais d’autres mondes sont possibles.

Cliquez pour découvrir les mondes de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Lors des multiples rencontres et échanges avec vous, nous nous sommes rendu compte d’autre chose : des alternatives existent. Dans de nombreux domaines, des personnes agissent au quotidien avec une autre vision en tête que la société proposée par les GAFAM, NATU et autres BATX (passez votre souris sur ces acronymes pour découvrir les zolis noms derrière -_-).

Que ce soit dans des associations, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, des regroupements, des collectifs, etc., ces personnes contribuent, chacun·e à leur manière, pour proposer des alternatives variées qui mettent au centre de leurs préoccupations les libertés et les humain·e·s.

Ce n’est donc pas une surprise si c’est auprès de ces personnes que les discours du logiciel libre et de sa culture font mouche : nous partageons ensemble des notions d’éthique, de solidarité et de contribution. Lors de la campagne Dégooglisons Internet, nous avons pu voir combien cette audience était une des plus friandes d’informations et de solutions. Voilà des personnes qui comprennent tout de suite les enjeux, et qui non seulement s’approprient les alternatives libristes, mais vont en plus les diffuser ensuite auprès de leurs réseaux. Ce n’est pas pour rien : nous rêvons, ensemble, de concrétiser d’autres utopies.

« Mais vous êtes… utopistes ? »

Eh, chiche, on répond juste : « Évidemment. » ;)…

Déjà, parce que ce n’est pas une insulte que d’être qualifié d’utopiste. Mais aussi parce que, dans le cadre des univers numériques, le mot est parfaitement approprié. Bidouillé au XVIe siècle par l’auteur britannique Thomas More, il signifie littéralement « (qui n’est) en aucun lieu. » Comment mieux décrire le travail, les interactions et les œuvres de l’esprit produites depuis nos ordinateurs, sur nos réseaux ? Les 35 membres de l’association Framasoft vivent dans 33 villes différentes : l’endroit où tous nos projets se font, en collaboration avec plus de 700 contributeurs et contributrices et de nombreuses communautés, n’est réellement en aucun lieu !

Ce que le public te reproche, cultive-le : c’est toi.
(J. Cocteau, Le Potomak, 1919)

Bon, ne faisons pas l’autruche : lorsqu’on le crache comme une insulte, c’est pour donner à « utopiste » le sens de « irréaliste ». Mais, lorsque des salles de machines traitaient des cartes perforées, n’était-ce pas irréaliste d’imaginer avoir des ordinateurs dans nos poches ? Lorsque le savoir était contraint aux pages des encyclopédies papier écrites par quelques hommes, n’était-il pas irréaliste d’imaginer que des millions de personnes contribueraient chaque jour à faire de Wikipédia une encyclopédie fiable ? Lorsque Framasoft a présenté les 30 services visés par la campagne Dégooglisons Internet, n’étions-nous pas irréalistes de croire que nous allions (presque) y arriver… ?

Cliquez pour découvrir le monde des services de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Plus qu’une utopie, la contribution fait le quotidien des communautés du logiciel libre, et de sa culture. C’est aussi bien une façon de faire qu’une manière de penser, qui est partagée avec toutes ces autres personnes qui rêvent d’autres sociétés. Nul besoin d’être militant·e du libre pour vouloir créer et agir ensemble dans le respect des libertés de chacun·e, mais les communautés du libre ont le pouvoir de façonner des communs numériques pensés pour être pratiques, solidaires et éthiques, au cœur même de leur code.

C’est là tout l’enjeu de Contributopia : trouver comment concevoir et proposer des outils qui sont pensés hors des sentiers battus et rebattus par ces entreprises-silos dont le seul but est de moissonner nos données. Nous n’imaginons pas faire cela sans travailler de concert avec nos alter-ego du monde des communs, sans approfondir nos relations avec les réseaux de l’éducation populaire ni être à l’écoute des personnes qui animent, quotidiennement, le milieu associatif que l’on connaît bien. À nos yeux, c’est en contribuant pour et avec ces personnes-là (et bien d’autres…) que les travaux des communautés du logiciel libre peuvent trouver la résonance qu’ils méritent dans la société civile.

Contributopia… Contributo… quoi ?

Contributopia, c’est notre petit bout de réponse à un problème qui picote un peu : aujourd’hui, les contributeurs les plus massifs au logiciel libre s’appellent Google, Facebook, Microsoft, Tesla, etc. Il nous semble urgent de contribuer avec d’autres réseaux et communautés, celles qui, avec nous, cherchent des alternatives à cette consommation généralisée de… de l’humain.

Lorsque, au cours de la campagne Dégooglisons Internet, nous avons mis le nez hors de notre petite bulle libriste, nous l’avons bien vu : ces alter-ego sont bien souvent déjà acquis·e·s à la culture du logiciel libre, parfois même sans le savoir. Il nous suffit d’être présent·e·s, dans l’écoute et l’échange, pour trouver des personnes qui adhèrent aux mêmes valeurs et savent convaincre leurs pairs. Or, on le sait : parler aux utilisatrices et utilisateurs de logiciels libres d’aujourd’hui, c’est trouver les contributeurs et contributrices de demain.

Cliquez pour découvrir le monde de l’essaimage dans Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Contributopia, c’est aussi une déclaration d’intention : nous souhaitons continuer à tisser des liens de plus en plus privilégiés entre les communautés des libertés numériques et celles qui œuvrent dans d’autres domaines avec le même état d’esprit. Ces échanges nous renforceront mutuellement et nous changeront sûrement : nous avons encore beaucoup à apprendre (et à gagner) à écouter des personnes qui travaillent avec les mêmes intentions, dans d’autres domaines que l’informatique.

Contributopia, c’est enfin un site web, magnifiquement illustré par David Revoy (♥). Nous en profitons pour le remercier chaudement car ce formidable illustrateur libriste a mis dans cette commande beaucoup d’écoute, de chaleur, d’attention… et de talent : c’est beau, hein ? Grâce à son travail, ce site web présente sur trois ans les douze actions que Framasoft compte mener pour outiller ces personnes qui concrétisent chaque jour le monde différent dont elles rêvent, qu’elles soient libristes ou se définissent autrement.

Bon, nous annonçons douze actions, mais vous nous connaissez : rendez-vous dans trois ans pour savoir combien il y en aura en plus ! ;)

Trois mondes à explorer

Les douze actions de Contributopia s’explorent sur trois planètes, une pour chaque année.

De 2017 à 2018, nous proposerons, dans la continuité de l’aventure Dégooglisons Internet, des services en ligne, libres et respectueux de vos données :

  • Framasite : créer et héberger des sites et pages web, blogs, wiki… dont la phase de test s’ouvre à vous dès aujourd’hui ! ;
  • Framameet : favoriser réunions et rencontres, en alternative à MeetUp et aux produits Facebook ;
  • Framapetitions : faire entendre ses opinions, en alternative à Avaaz ou Change.org ;
  • Framatube : casser, ensemble, le monopole de YouTube.

Nous détaillerons ces services très prochainement sur le Framablog, car nous souhaitons aller un peu plus loin que lors de la campagne Dégooglisons Internet. Nous allons encore plus nous impliquer dans la conception de ces services, et contribuer avec vous à leur évolution ! Par exemple, la phase de test de Framasite s’ouvre à vous dès aujourd’hui. Comme d’habitude avec Framasoft, nous aimons accompagner nos déclarations d’intention avec des actions concrètes. Néanmoins, il ne s’agit plus ici de sortir un service « prêt-à-utiliser-par-quiconque », mais bien de s’enrichir de vos retours pour le faire évoluer sous vos yeux, tout en produisant des tutoriels selon les besoins exprimés. Bien entendu, nous vous en parlerons plus en détails sur le Framablog dans les prochains jours.

Cliquez pour découvrir le monde de l’Éducation Populaire dans Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Pour les mondes des prochaines années, ils sont un peu plus lointains et les actions qu’ils représentent restent encore à définir ensemble, au gré des échanges que nous aurons sur le chemin…

De 2018 à 2019, nous souhaitons parcourir plus avant la planète de l’essaimage : celle où chacun·e peut acquérir et approfondir son indépendance numérique. Les noms de codes de ces projets sont CHATONS, YUNOHOST, Internationalisation (pas des services hébergés par Framasoft, hein !) et Framasoft Winter of Code.

Enfin, vers 2019 et 2020, nous désirons défricher les territoires de l’éducation populaire, avec des actions de médiation aux outils numériques, de git (outil de contribution) rendu accessible à tou·te·s, un cours en ligne pour les CHATONS et même une Université Populaire du Libre !

Pour comprendre ces intentions et mieux pouvoir en discuter avec nous au fil des rencontres, n’hésitez pas à parcourir ces mondes sur contributopia.org

Une Contributopia à rêver ensemble !

Il fallait bien partir d’une première proposition, donc voici celle que nous vous faisons sur les trois prochaines années. Contributopia est notre nouvelle campagne : à l’instar de Dégooglisons Internet, elle ne nous empêchera pas de poursuivre nos nombreux autres projets ni d’essayer de mettre en lumière et soutenir toujours plus d’initiatives libres, qui font la richesse de nos communs numériques.

Cette campagne, comme toutes les propositions faites et maintenues par Framasoft, ne vit que par votre soutien, vos échanges et… vos dons. Ce nouveau cap pour Framasoft est pour nous un gros pari : continuerez-vous de nous faire confiance et de nous soutenir, sachant que vos dons représentent près de 90 % de nos ressources ?

Néanmoins, c’est un risque que nous voulons prendre, fort·e·s de la confiance que vous nous avez apportée au fil des ans. Nous le prenons car, plus que de changer de cap, il nous semble essentiel d’élargir la route (qui reste longue) afin qu’un plus grand nombre de personnes nous accompagnent dans cette voie (qui reste libre !).

Framasoft a longtemps été considéré comme une porte d’entrée dans la culture du logiciel libre. L’avantage d’une porte, c’est qu’on peut la franchir dans les deux sens. Il est grand temps que nous proposions aussi d’être une porte de sortie, une ouverture vers ces mondes de la contribution, afin que nous les explorions ensemble.

 

La route est longue mais la voie est libre,
L’équipe de Framasoft.

 

Pour aller plus loin

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Articles similaires

Thuban : Publication d'OpenBSD 6.2

Hourra, OpenBSD vient de sortir en version 6.2.

Vous pouvez récupérer une image d'installation sur un des miroirs officiels ou sur notre serveur.

La liste des changements est conséquente. Bien qu'on va en citer quelques-uns ci-dessous, vous voudrez certainement aller jeter un œil à la page officielle ou à la liste très complète ou encore l'annonce de sortie.

Ces changements sont assez techniques, on va donc essayer de retenir l'essentiel :

  • Des améliorations à l'installeur :
    •     Un noyau unique est créé à chaque installation pour des raisons de sécurité. Cela veut dire que votre noyau est totalement différent de celui d'un autre ordinateur. Impossible donc de s'en prendre à une zone bien précise de la mémoire si on ignore où chercher.
    •     Les patches de sécurité sont listés au premier démarrage de l'ordinateur pour indiquer qu'ils sont disponibles avec syspatch, l'outil qui sert à appliquer les patches de sécurité sans avoir à compiler quoi que ce soit.
  • Un support matériel plus conséquent, que ce soit des cartes réseaux ou de la gestion de l'hibernation de certains disques durs ou encore sur les architecture ARM64/ARMv7.
  • Des améliorations dans le virtualiseur de machines vmm/vmd.
  • Des améliorations dans la norme WiFi IEEE 802.11 et dans la gestion réseau où les performances sont meilleures lorsqu'il y a transfert de paquet.
  • Les outils intégrés à OpenBSD comme ns ou bgpd ont été améliorés.
  • Des progrès en termes de sécurité sont aussi à relever, qui tournent principalement autour de celle du noyau, citée plus haut.
  • L'utilisation de clang, comme compilateur pour les architectures i386 et amd64 par défaut. (gcc posait des soucis au niveau de la licence)
  • Le fichier d'historique du shell ksh est désormais au format texte brut.
  • Un nouveau module nommé witness fait son apparition pour gérer les éventuelles erreurs du noyau.

Au niveau des outils allant avec OpenBSD, nous avons :

  • OpenSMTPD en version 6.0.0 : on remarquera surtout du nettoyage dans le code.
  • OpenSSH en version 7.6 : améliorations de sécurité, bugs corrigés...
  • LibreSSL en version 2.6.3 pour toujours mieux gérer les connexionx sécurisées.
  • mandoc en version 1.14.3, sans lui les manpages d'OpenBSD ne seraient peut-être pas aussi géniales.

Et pour le plaisir :

  • AFL 2.51b
  • CMake 3.9.3
  • Chromium 61.0.3163.100
  • Emacs 21.4 and 25.3
  • GCC 4.9.4
  • GHC 7.10.3
  • Gimp 2.8.22
  • GNOME 3.24.2
  • Go 1.9
  • Groff 1.22.3
  • JDK 8u144
  • KDE 3.5.10 and 4.14.3 (plus KDE4 core updates)
  • LLVM/Clang 5.0.0
  • LibreOffice 5.2.7.2
  • Lua 5.1.5, 5.2.4, and 5.3.4
  • MariaDB 10.0.32
  • Mozilla Firefox 52.4.0esr and 56.0.0
  • Mozilla Thunderbird 52.2.1
  • Mutt 1.9.1 and NeoMutt 20170912
  • Node.js 6.11.2
  • Ocaml 4.03.0
  • OpenLDAP 2.3.43 and 2.4.45
  • PHP 5.6.31 and 7.0.23
  • Postfix 3.2.2 and 3.3-20170910
  • PostgreSQL 9.6.5
  • Python 2.7.14 and 3.6.2
  • R 3.4.1
  • Ruby 1.8.7.374, 2.1.9, 2.2.8, 2.3.5 and 2.4.2
  • Rust 1.20.0
  • Sendmail 8.16.0.21
  • SQLite3 3.20.1
  • Sudo 1.8.21.2
  • Tcl/Tk 8.5.19 and 8.6.6
  • TeX Live 2016
  • Vim 8.0.0987
  • Xfce 4.12

Ce système nous rend bien des services chaque jour, autant par sa simplicité que les efforts de sécurité qui l'accompagnent. Il peut aussi bien s'utiliser sur un serveur qu'une machine de bureau. D'ailleurs, ces lignes ont été écrits sur un pc portable utilisant OpenBSD. Nous vous invitons à tenter l'expérience, et en cas de pépins ou de questions, nous sommes là ;).

 

D'ailleurs, si vous souhaitez suivre la procédure de mise à jour, nous l'avons traduite sur notre wiki !

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Thuban : Merci Posterazor

Dans la série, je voudrais remercier les développeurs de PosteRazor.

Cet outil qui n'a pas bonne mine est extrêment pratique. Il permet de répartir une image sur plusieurs pages. En gros, on lui donne une image à manger, on lui dit sur combien de feuilles A4 elle doit être répartie, et il nous donne un PDF à imprimer avec une marge pour pouvoir coller les feuilles. Je l'utilise très souvent pour créer des affichages en grand dans ma classe.

aperçu de posterazor

Certes, c'est sans doute plus pratique à un prof qu'à un PDG...

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Journal du hacker : Liens intéressants Journal du hacker semaine #40

Pour la 40ème semaine de 2017, voici 10 liens intéressants que vous avez peut-être ratés, relayés par le Journal du hacker, votre source d’informations pour le Logiciel Libre francophone !

Pour ne plus rater aucun article de la communauté francophone, voici :

De plus le site web du Journal du hacker est « adaptatif (responsive) ». N’hésitez pas à le consulter depuis votre smartphone ou votre tablette !

Le Journal du hacker fonctionne de manière collaborative, grâce à la participation de ses membres. Rejoignez-nous pour proposer vos contenus à partager avec la communauté du Logiciel Libre francophone et faire connaître vos projets !

Et vous ? Qu’avez-vous pensé de ces articles ? N’hésitez pas à réagir directement dans les commentaires de l’article sur le Journal du hacker ou bien dans les commentaires de ce billet :)

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Articles similaires

Thuban : Le forum change d'adresse

Bonjour à tous.

Le forum de la communauté obsd4* change d'adresse. Vous pouvez continuer à discuter sur https://obsd4a.net/forum.

En effet, le moteur précédent rendait l'administration difficile, des fonctionnalités manquaient et son code n'était plus assez maintenu.

Tous les comptes et les messages ont été migrés. Si vous constatez le moindre souci, n'hésitez pas à le signaler.

Désormais, nous avons le nécessaire pour :

  • Faire un forum "responsive"
  • Recevoir de plus nombreux utilisateurs
  • Lutter plus efficacement contre le spam
  • Retrouver des sujets résolus aisément
  • Discuter avec facilité des progrès réalisés sur le wiki (merci PengouinBSD ;) )

À très bientôt pour la publication d'OpenBSD 6.2 ;)

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Marien Fressinaud : Project Zero devient Lessy

Il y a quelques jours, j’ai annoncé sur Mastodon que Project Zero devenait officiellement Lessy, il était temps je l’officialise aussi sur ce blog. La raison est multiple et je vais essayer de la détailler ici.

Pour rappel, Lessy (donc) est un gestionnaire de temps à base de gestion de projets et de liste de tâches.

Tout d’abord, cela fait maintenant neuf mois (clairement pas à plein temps !) que je travaille sur ce projet. Cela me prouve que je suis motivé par son développement, d’autant plus que j’ai tout juste gratté les fonctionnalités dont j’ai envie/besoin. Project Zero m’est devenu au fil des mois un outil indispensable. J’en parlerai probablement dans un autre article, mais en très bref, j’ai réussi grâce à lui à démarrer (et mener à bien) plusieurs projets que je laissais trainer depuis des années. Aussi, depuis mai, ma liste de tâches n’en contient plus datant de plus de deux semaines, ce qui est une grande victoire pour moi !

De l’usage de cet outil, j’en ai tiré un tas d’idées un peu en vrac et j’avais besoin de remettre un peu d’ordre dans tout cela. C’est pourquoi j’ai voulu faire appel à une personne sensible à ma démarche et qui pourrait m’apporter un regard extérieur. J’ai eu la chance le mois dernier d’avoir les retours et idées de la part de Marie-Cécile Paccard qui est, en deux quatre mots, UX designer à Lyon. Cela a eu pour effet de rediriger mes efforts vers une toute autre direction… pour le mieux ! En effet, nous avons commencé à identifer ensemble une liste de valeurs et de « missions » que pouvait se donner Project Zero. J’ai ensuite continué de mon côté pour essayer d’identifier un objectif qui n’est pas encore totalement défini (le travail est encore en cours). En revanche, j’ai déjà une bonne vision de l’ensemble et l’un des éléments qui est revenu plusieurs fois est la notion de réduction de la « charge cognitive ». Ce sera en effet l’un des points fondamentaux qui dirigeront les développements futurs du projet. J’y reviendrai en détails dans un futur article.

En parallèle de ce travail, je me suis rendu compte qu’il était essentiel que j’obtienne plus de retours, plus variés, afin de faire émerger d’autres besoins essentiels. Il est important pour moi que Project Zero soit utile à une portion importante de la population non-geek, j’ai donc pour objectif d’orienter mes prochaines actions pour rendre le projet plus accueillant, plus communautaire. C’est pourquoi les deux prochaines « itérations » (j’y reviendrai aussi) seront orientées vers une documentation plus aboutie pour les nouveaux venus et une interface plus accueillante. Dans un tel contexte, le nom devenait donc important pour ne pas rebuter les gens.

Project Zero devient donc Lessy. Le nom ne me plaisait pas depuis le début : je l’avais plutôt utilisé comme nom de code, signifiant qu’il faudrait que je commence par développer celui-ci avant d’attaquer un autre projet. Il était clair depuis le début qu’il ne serait pas définitif. En devenant Lessy, je souhaite faire passer la notion de « moins » (i.e. less en anglais) : moins de stress, moins de charge cognitive. Je souhaite que ce nom soit apaisant en quelque sorte. De plus, Lessy est un nom particulièrement court, qui se retient et qui n’est quasiment pas utilisé aujourd’hui ce qui permettra d’en faciliter le référencement sur Internet.

Le nouveau dépôt de code est toujours sur GitHub (github.com/marienfressinaud/lessy) mais le service que je mets (pour le moment, gracieusement) à disposition s'est déplacé vers l’adresse lessy.io. Ceci dit, ne vous jetez pas dessus, c’est toujours aussi moche.

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