Planet Libre

Marien Fressinaud : Nouvelle version de Lessy : Aquarius

À peine plus d’un an après l’écriture des premières lignes de code de l’application, je sors la septième version de Lessy. Nom de code : Aquarius.

Pour rappel, Lessy est un gestionnaire de temps destiné à vous aider à mieux vous organiser en associant à vos tâches des indicateurs clairs sur ce que vous avez de plus urgent à réaliser (ou abandonner) dans l’immédiat. Un service est mis à disposition gratuitement sur lessy.io et le code est hébergé sur GitHub, le tout sous licence libre.

La principale amélioration qui m’a le plus été demandée est la suppression des contraintes sur les noms des projets : c’est désormais fait ! Il reste des bricoles à peaufiner pour que ça ne pose plus du tout de soucis mais je verrai en fonction des retours.

Ensuite, trois nouveautés liées aux tâches font leur apparition.

Tout d’abord, les tâches liées à des projets non démarrés ne sont plus listées dans le backlog : le projet n’étant pas démarré, inutile de s’encombrer l’esprit avec des tâches qu’on n’a pas besoin de réaliser. Il est toutefois toujours possible de les planifier pour le jour même en se rendant dans le projet, auquel cas celles-ci reprendront le comportement initial. Toutefois, afin de ne pas oublier ces tâches, un indicateur a été ajouté à côté des projets non démarrés.

Un projet (Lessy) non démarré avec à sa droite le nombre de tâches associées

La seconde nouveauté est que l’on peut désormais changer le projet auquel est attachée une tâche. Très utile si comme moi vous oubliez de créer vos tâches à partir des projets. La dernière nouveauté est la possibilité de transformer une tâche en projet en deux clics. Si vous vous rendez compte que vos tâches sont plus compliquées que prévu, c’est sans doute qu’il faut les redécouper ; vous pourrez maintenant transformer celles-ci en projet puis leur créer des tâches associées ! Ces deux fonctionnalités sont disponibles à partir du menu contextuel, à droite des tâches.

 "Attach to a project" et "Transform in project"

D’autres améliorations mineures sont aussi disponibles, le tout est détaillé dans l’annonce sur GitHub.

Suite à la sortie de la version précédente (Apus), j’avais annoncé avoir ouvert un compte sur Liberapay. Suite à cette annonce, trois personnes m’ont fait le plaisir de participer aux dépenses liées à Lessy à hauteur de 1,35 € par semaine. Merci à elles et eux ! Plus que 65 centimes par semaine et les frais du serveur + nom de domaine seront couverts :).

La prochaine version (Aquila), ne sera pas énorme mais devrait voir l’amélioration de la synchronisation backend - frontend. Plus besoin de rafraîchir votre navigateur sur PC si vous avez modifié des choses depuis votre tablette, tout devrait se faire automatiquement !

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Thuban : Utilisateurs 3hg.fr et ouaf.xyz

Aux utilisateurs du CHATONS 3hg.fr et ouaf.xyz, en cette fin d'année, il est temps de faire un peu de tri.

Certains ne se sont jamais connectés avec leur comptes : sauf alerte de leur part, ils seront supprimés.
Certains comptes n'ont pas été utilisés depuis plus de 6 mois : ces derniers seront fermé aussi.

N'hésitez pas à nous faire signe si besoin.

logo 3hg

Pour ceux que ça intéresse, voici comment je procède pour savoir si un utilisateur a consulté ses messages. Non, je ne regarde pas les logs, c'est beaucoup plus simple : je regarde la date de dernier accès au dossier des utilisateurs. Dans l'exemple ci-dessous, c'est réglé sur 6 mois :

DOMAINS='3hg.fr ouaf.xyz yeuxdelibad.net' for d in $DOMAINS; do for u in /mnt/bigstorage/vmail/$d/*; do if [ ! -d $u/Maildir ]; then echo "Never logged : $(basename $u)" else LASTACCESS=$(stat -f %m $u/Maildir) if [ $LASTACCESS -lt $SIXMONTHAGO ]; then echo $(basename $u) fi fi done done

Bon, c'est très spécifique à ma configuration, mais c'est juste pour l'idée.

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RaspbianFrance : Pourquoi j’aurais dû expliquer le Bitcoin à France Info plutôt qu’à ma grand-mère ?

Si vous consultez ce site régulièrement, vous avez probablement remarqué que nous avons publié il y a quelques jours un article pour expliquer le Bitcoin aux débutants.

Dans cet article, force est de reconnaître que nous ne sommes pas toujours tendres avec les médias et le traitement qu’ils réservent au Bitcoin, et plus particulièrement lorsque le sujet est abordé par les journalistes ou experts économiques.

Dans cet article, nous disions notamment que « tous ces soi-disant experts des plateaux n’y comprennent rien, confondent, inventent, se trompent et trompent l’autre. ».
Dur ? Oui. Juste ? Sans aucun doute. Et nous avons pu le vérifier hier, quand nous avons discuté sur Twitter avec Emmanuel Cugny, journaliste économique sur France Info et président de l’Association des Journalistes Économiques et Financiers.

Dans cet article, nous allons donc revenir sur l’échange que nous avons eu avec Emmanuel Cugny, ceci afin de faire pleinement la démonstration de ce que nous disions précédemment sur le fait que beaucoup de journalistes/experts économiques « ne comprennent rien, confondent, inventent, se trompent et trompent l’autre [sur le Bitcoin]. ».

Voici donc « Pourquoi j’aurais dû expliquer le Bitcoin à France Info plutôt qu’à ma grand-mère. ».

Comment nous sommes-nous retrouvés à discuter avec Emmanuel Cugny ?

À chaque fois que nous publions un article, nous faisons une petite séance de propagande afin d’essayer de lui donner de  la visibilité. Newsletter, éventuelles demandes de relais par mail, ajout sur des agrégateurs RSS, mais surtout, surtout, communication sur le compte Twitter de Raspbian France. Non seulement nous relayons l’information à nos abonnés, mais nous essayons aussi de contacter des personnes qui puissent être des vecteurs vers d’autres communautés.

Pour notre article sur le Bitcoin nous avons particulièrement insisté sur le dernier point, notamment parce que le sujet est très à la mode.

Si vous avez lu notre article sur le Bitcoin, vous savez que j’y avais prédit que ma famille finirait par parler du Bitcoin pendant le repas de Noël. Il se trouve que je devrais monter un petit cabinet de voyance (ou de profilage, à vous de voir), parce que j’ai fait ce que l’on appelle un carton plein. Non seulement ça a parlé Bitcoin, mais chaque membre de la famille a dit exactement ce que j’avais prévu !

Alors forcément, quand ma tante a entendu une émission sur France Inter au sujet du Bitcoin, elle m’en a parlé. Moi, toujours dans mon exercice de propagande post-rédaction, je jette un oeil, je trouve l’émission, et j’envoie un message à Fabienne Sintes l’animatrice de l’émission en question, en me disant « faut toujours tenter ».

Slt @FabSintes, vous avez parlé du #btc dans l’émission « Le Bitcoin expliqué à ma mère » sur @franceinter. Nous on a écrit un article très simple et un peu plus complet, « Le bitcoin expliqué à ma GRAND mère » https://t.co/J5PtHRJ9sc. Pk ne pas rajouter un lien vers notre article ?

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Et comme Fabienne Sintes est vraiment sympa, et qu’elle a l’air de vraiment s’intéresser à ce dont elle parle dans son émission, elle a retweeté mon message. Merci Fabienne !

Et jusque là, bah moi j’étais drôlement content ! J’avais eu raison (et j’adore avoir raison), et j’avais réussi à choper un super beau retweet ! Bref, une bonne soirée. Seulement, les choses ne se sont pas arrêtées là…

En effet, comme Fabienne Sintes travaille sur France Inter, son compte est forcément suivi par un certain nombre de confrères, dont Emmanuel Cugny, lequel avait lui aussi parlé du Bitcoin dans sa chronique du jour, cette fois-ci sur France Info, mais de façon fort négative.

Piqué au vif, et visiblement fort mécontent que nous ne partagions pas ce avis (voir que nous le remettions en cause), l’homme nous a donc envoyé un tweet.

Si @RaspbianFrance est objectif, il reconnaîtra que le #bitcoin est plus qu’une simple monnaie séduisante « alternative ». C’est un actif hyper spéculatif qui vient de montrer son vrai visage : en 5 jours, perte de 2 fois la valorisation boursière de L’Oreal : 200 milliards d’€

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Comment nous avons essayé de discuter avec Emmanuel Cugny, pour proposer une vraie réflexion sur le Bitcoin…

De mon côté, pendant ce temps j’étais tranquillement entrain de me taper un restant de bûche de noël quand je reçoit un SMS du co-créateur de Raspbian France me disant que nous avons reçu un tweet d’un journaliste éco de France Info.

Je vais donc voir, et je suis un peu triste de voir qu’Emmanuel Cugny met en doute notre objectivité, d’autant plus que les critiques qu’il formule sont largement abordées au sein de notre article. J’en conclu donc qu’il n’a pas lu celui-ci (je peux me tromper hein, mais à coup sûr il ne l’a pas compris, ou n’a pas voulu le comprendre), et je lui réponds.

Si @EMMANUELCUGNY lisait notre article, il saurait que nous mettons en avant à la fois la haute volatilité du #bitcoin et sa dérive idéologique…
Mais si il était objectif, il mettrait en avant que ça n’a rien de spécifique au Bitcoin… pic.twitter.com/Gq1RWzULFL

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Et puis j’en profite pour mettre en avant un certain nombre d’arguments, montrer, courbes à l’appui, que la volatilité n’a rien de spécifique au Bitcoin :

  • Emmanuel Cugny dit que le Bitcoin est volatile ? Je lui réponds que c’est vrai, mais qu’il n’est pas le seul, souhaitant évidemment mettre en avant que cela ne semble pas le déranger pour les autres monnaies.
  • Il dit que le Bitcoin n’est pas une monnaie parce qu’il est utilisé à des fins spéculatives ? J’illustre mon propos avec un graphique de l’action du rouble russe, une monnaie d’état officielle, qui montre clairement sa nature spéculative.

Et puis j’enfonce un peu le clou, je cherche à creuser le propos, à aller plus loin, à ne pas me limiter à la surface, à proposer un vrai débat d’idée en somme, avec des arguments, des sources, une logique construite.

Il me semble qu’Emmanuel Cugny cherche à mettre en avant l’instabilité du marché et à montrer que le Bitcoin s’est effondré, j’attire son attention sur le contexte de cet effondrement.

Sans parler du fait que je connais très peu de monnaies qui seraient capables de résister au quart du battage médiatique négatif fait au Bitcoin…

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Mais je reconnais aussi les points où il a raison : Oui, le Bitcoin est très spéculatif. Mais je ne m’arrête pas à la surface, je cherche plus loin. Il est très spéculatif d’accord, mais il est aussi porteur de beaucoup de questions et de remises en cause, d’une vrai philosophie.

Mais encore une fois, pas de pb, on le reconnait. Le Bitcoin est super volatile, mais le présenter comme « une monnaie alternative séduisante », ou comme un « actif hyper spéculatif », sans aller au delà, c’est ne rien comprendre à son fonctionnement, à son histoire, à ses valeurs…

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Je cherche à susciter le débat, à créer de l’intelligence, pas à rester bloqué sur la position de chacun. Emmanuel Cugny me parle de risque économique, je lui montre donc qu’il n’y a pas plus de risque avec le Bitcoin qu’avec le système économique classique* mais que le Bitcoin, lui, propose de limiter les risques démocratiques.

Personnellement, je préfère un système qui, comme le Bitcoin, interroge sur la légitimité d’un système financier centralisé dans une démocratie, et fini par dériver, à un système financier qui n’interroge sur rien et se contente de dériver…

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

*Et dans le fond, ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des institutions monétaires classiques. Si la Deutsche Bank’s Torsten Slock publie un classement ou le Bitcoin est classé comme 13ème risque financier le plus important, cela veut bien dire que les 12 risques les plus importants appartiennent d’une façon ou d’une autre au système financier « classique ».

…Et comment Emmanuel Cugny nous a montrer brillamment que nous avions raison de dire que les journalistes éco ne comprennent rien au Bitcoin, et ne cherchent pas à comprendre.

Après tout ça, moi, bonne poire, de la part d’un professionnel de l’information et éditorialiste, donc un professionnel de la pensée en somme, je m’attendais à une vraie réponse ; un débat, sur le fond ; avec des idées, des arguments ; la maîtrise de son sujet, au moins, c’est quand même le minimum pour un journaliste qui a parlé à des centaines de milliers de personnes le matin même à la radio !

Mais non, Emmanuel Cugny choisit un seul point, loin d’être le plus intéressant, mais celui qui, je présume, lui semble remettre le plus directement son travail en question.

Pas de battage médiatique négatif. Simplement objectif. Le bitcoin est présenté comme une monnaie mais n’est qu’un objet spéculatif. Deux lectures s’imposent pour mieux comprendre. Dommage que le #bitcoin desserve la cause de la #Blockchain, technologie novatrice, elle. https://t.co/GpaM6sBydQ

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Sauf que là, non seulement Emmanuel Cugny refuse tout bonnement et simplement le débat de fond sur les idées portées par le Bitcoin, mais il tombe en plus complètement à côté.

En premier lieu, il semble réfuter le fait que le Bitcoin ait eu a subir de très nombreux articles expliquant (souvent mal) que le Bitcoin allait exploser. C’est d’autant plus ridicule qu’il a lui même tenu une chronique le matin sur France Info qui disait exactement cela.

Il présente cela comme un fait objectif, mais personne n’a dit que l’aspect spéculatif du Bitcoin n’était pas réel. La question n’est même pas là.

L’argument que j’avais avancé était en gros le suivant : « Si tous les médias disent qu’une monnaie va exploser, je ne connais pas de monnaie qui n’explose pas. ». Pour simplifier, « c’est pas spécifique au Bitcoin, c’est vrai pour tout le monde ». Seulement voilà, Emmanuel Cugny ne répond pas à cet argument.

Pour lui, le but n’est pas de penser, seulement de défendre sa chronique du matin. Il a donné son avis dans l’espace publique, maintenant c’est foutu, il ne peut plus en changer. De toute façon, ça n’est même pas envisageable qu’il se soit trompé… La dissonance cognitive est fatale.

Ensuite, Emmanuel Cugny explique encore une fois que le Bitcoin n’est pas une monnaie, mais un objet spéculatif. Là encore, il ignore totalement un des points que j’ai mis en avant précédemment dans notre conversation, ou encore plus tôt dans mon article : Toutes les monnaie SONT des objets spéculatifs.

En tant que président de l’Association des Journalistes Économiques et Financiers, on pourrait espérer qu’Emmanuel Cugny connaisse les Accords de Bretton Woods, soit au fait de la fin de l’étalon or, soit au moins au courant de l’existence du Forex, c’est à dire le marché en bourse (donc de spéculation) sur les monnaies.

L’exemple du rouble russe le montre de façon extrême, mais il n’est pas le seul. Emmanuel Cugny a d’ailleurs apporté lui même un bel exemple un peu plus tard dans la soirée sur son compte Twitter en relayant le tweet suivant :

Pour Noël, l’euro s’offre un mini-krach – L’actu du jour par Daniel Fortin ( @dafortin ) >> https://t.co/KYtOzuTxQV pic.twitter.com/uroplm4WzU

— Les Echos (@LesEchos) 26 décembre 2017

Tweet auquel j’ai apporté la réponse que voici :

Du coup, juste en billets, ça fait 30 milliards de variation en *seulement* quelques minutes. Du coup, l’euro, comme le #bitcoin ? Actif hyper spéculatif ? (Je vous fais grâce des marchés financiers dans mon calcul).

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Réponse à laquelle Emmanuel Cugny n’a pas souhaité donner suite. Encore une fois, impossible de rentrer dans un vrai débat, on se contente de relayer des infos sans les analyser, comme un commentateur sportif ponctuant le match de ses remarques plutôt que comme un journaliste.

Enfin, et pour en revenir au tweet précédent du président de l’AJEF, il y met en avant que le Bitcoin desservirait la cause de la blockchain qui serait, elle, une véritable innovation technologique.

Comment peut-on même dire une chose aussi absurde ? Le Bitcoin a non seulement créé la blockchain, mais il l’a en plus rendue populaire. Considérer qu’il desserve la blockchain, ce serait comme considérer que le beurre dessert la crème au beurre au prétexte qu’il donne du cholestérol… (Métaphore de noël, on s’adapte aux saisons).

(Notons au passage qu’Emmanuel Cugny insiste sur la nécessité de « deux lectures pour [pouvoir] mieux comprendre », donc une lecture « actif spéculatif » et une lecture « monnaie », mais qu’il rejette purement et simplement la lecture monnaie : « Le bitcoin est présenté comme une monnaie mais n’est qu’un objet spéculatif. »).

J’ai donc renvoyé à Emmanuel Cugny le tweet suivant (dans lequel je n’ai, hélas, pas mis en avant le caractère universellement spéculatif des monnaies. J’y avais déjà répondu avant, mais sur ce coup, je reconnaît que je suis passé totalement à côté de ce point).

Technologie peut-être novatrice, mais qui n’existe que grâce au Bitcoin…
Mais non, jamais orienté, toujours impartial… pic.twitter.com/zKvTZ1Wxy9

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Une fois cette base de réponse (hélas trop incomplète à mon goût avec un peu de recul) apportée, j’ai encore une fois voulu allez plus loin. Essayer de pousser le journaliste sur le terrain qui devrait toujours être le sien, celui de la réflexion.

En fait, la blockchain, c’est bien pour faire du @Ripple c’est ça ? Un système novateur technologiquement, mais contrôlé par les banques, non démocratique, qui ne remet pas en cause la centralisation du système bancaire…

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Le coeur du problème du Bitcoin pour certains journalistes ou experts économiques ne serait-il pas finalement le suivant ? Son aspect idéologique ? Sa volonté de s’affranchir d’un système économique régulé moins par l’état que par les grandes puissances financières ou bancaires ?

Sur ce point, encore une fois je n’ai eu aucune réponse. La question me semblait pourtant légitime. Seulement voilà, il s’agit d’une question qui demande une vraie réflexion, une vraie analyse, on ne peut pas se contenter de faire deux recherches Google pour recracher l’information trouvée sous une forme à peine modifiée.

Pendant ce temps, plutôt que d’entrer dans le débat ou de prendre du recul sur la question, Emmanuel Cugny a préféré occuper l’espace de son profil Twitter en répétant simplement ses propres affirmations déjà faites un peu plus tôt, mais cette fois-ci sans avoir de contradicteur.

Plutôt que de laisser son message auquel j’avais répondu, et qui offrait donc une sorte de droit de réponse, il a préféré reposter le même message, cette fois-ci accompagné d’une image (simple volonté d’illustration ou moyen de faire disparaitre le message original sous la ligne de flottaison, je n’en ai aucune idée).

Le bitcoin est présenté comme une monnaie mais n’est qu’un objet spéculatif. Deux lectures s’imposent pour mieux comprendre. Dommage que le #bitcoin desserve la cause de la #Blockchain, technologie novatrice, elle. pic.twitter.com/2WukRvecPi

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Puis un second message expliquant exactement la même chose (et permettant donc potentiellement – encore une fois, c’est juste une possibilité – de faire disparaitre encore plus la contradiction), de façon encore un peu plus alarmiste (voir l’impact de la peur sur les foules).

Le bitcoin est présenté comme une monnaie mais n’est qu’un actif hyper spéculatif dangereux (2 fois la valorisation boursière de L’Oreal, 200 milliards d’€, envolés en 5 jours). Dommage que le #bitcoin desserve la cause de la #Blockchain, vraie technologie novatrice. @DUNOD pic.twitter.com/AruKXLlfoM

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Petit point amusant, suite à ce message une collègue journaliste lui demande si il pourrait lui expliquer le Bitcoin un jour.

un jour tu m’expliqueras ? 🙂

— Florence Mehrez (@florencemehrez) 26 décembre 2017

Et encore une fois, plutôt que de lui apporter une réponse concrète, de lui expliquer, finalement de rentrer réellement dans le sujet, le journaliste se contente de lui répondre que « personne ne comprend », sans apporter d’autres explications (de là à savoir s’il s’inclut dans ce « personne »).

C’est comme internet à ses débuts en Europe : personne n’en comprenait le fonctionnement, ni l’utilité

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Comment j’allais abandonner, jusqu’à ce que je finisse par avoir un doute sur les chiffres d’Emmanuel Cugny

Je pensais que le débat allait s’arrêter là, que c’était fini. Emmanuel Cugny ne voulait visiblement pas discuter.

Pour moi, en se mettant à ré-écrire ses propres messages pour affirmer la véracité de ses arguments ; en essayant de faire disparaître le débat pour ne pas avoir à se remettre en question ; en relayant, aussi, le premier message venu qui pourrait même un tout petit aller dans son sens (et tant pis si c’est contradictoire avec ce qu’il disait sur la blockchain), pour se rassurer ; il avait atteint un doux mélange entre le stade du déni et celui de la diminution de la dissonance cognitive. Le genre d’étape où les adeptes de sectes qui se rendent compte que la fin du monde n’est pas arrivée en 2012 commencent à rationaliser, à justifier, et surtout à chercher une nouvelle date, recrutant plus énergiquement que jamais.

Pour moi, la partie était finie. J’avais eu raison sur le fond, mais tord face à l’esprit humain. Un bon sujet de philo en somme « Peux-t-on avoir raison contre les faits ? ».

Et puis d’un coup, j’ai commencé à faire un petit calcul dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mis à penser que 16,5 millions (le nombre existant de Bitcoins), fois 17000€ (le prix maximum atteint par le Bitcoin), ça devait pas faire tellement plus que 200 milliards d’euros en fait. Et qu’il fallait que le Bitcoin ai perdu un sacré paquet de sa valeur pour engendrer la perte de 200 milliards d’euros dont parlait Emmanuel Cugny.

Alors, du coup, j’ai fait mes devoirs, j’ai attrapé une calculette, j’ai fait deux trois recherches pour vérifier mes chiffres, et j’ai posé mon équation. Et là, Emmanuel Cugny et moi, on avait pas tout à fait les mêmes résultats…

Sinon @EMMANUELCUGNY, petite question : cmnt le $BTC a pu perdre 200 milliards € en 5 jours, alors qu’il n’a perdu que 35% au max et qu’il n’y a que 283 milliards d’€ BTC en circulation au max ? Ça fait que 99.5 milliards ça… Alors manu, on double ses chiffres ?! @decodeurs pic.twitter.com/xDsOyeTNKT

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Je me suis dit que pour le coup, il allait devoir répondre. Vraiment répondre.

Là, j’étais pas juste entrain de lui dire que je n’étais pas d’accord avec lui, je ne lui disais pas simplement qu’à mon avis il passait à côté du vrai sens du Bitcoin, je ne parlais plus philosophie, éthique, ou  concepts économiques plus ou moins abstraits. Là, je disais, ou plutôt je lui demandais de dire si oui, ou non, il truquait ses chiffres.

Et il a répondu…

Ça fait 100 milliards volatilisés (vers où ?) en 5 jours. Pour les cent autres, voyez avec les Bettencourt

— Emmanuel Cugny (@EMMANUELCUGNY) 26 décembre 2017

Mais pas là ou je l’attendais. Il ne m’a pas expliqué que ses chiffres était les bons. Il ne s’est pas excusé de son erreur. N’a pas supprimé ses messages parlant de 200 milliards, ou simplement ajouté un petit commentaire pour rectifier l’erreur.

Non. Il m’a simplement répondu « Bah ça fait toujours 100 milliards ».
Plus un petit truc qu’y n’a rienàa faire là sur les Bettencourt, qu’à titre personnel je ne porte pas forcément dans mon coeur, mais qui, pour le coup, n’ont rien demandé. Petit truc que je vais donc choisir de mettre sur le compte d’une blague ratée, c’est pas grave, on en fait tous, moi le premier.

Sauf que ça ne s’arrête pas là… Parce que non seulement Emmanuel Cugny ne répond pas sur le fond, mais en plus, il semble ignorer une sorte de principe de base de l’économie et surtout du trading.

Non mais ils sont pas volatilisés hein les 100 milliards €… Si ils sont plus dans la poche de ceux qui ont acheté, ils sont dans la poche de ceux qui ont vendu…

— Raspbian France (@RaspbianFrance) 26 décembre 2017

Bah oui, parce que en fait, si une personne a acheté un Bitcoin 17000€/unité et qu’il ne vaut plus que 12000€, dans ce cas, les 17000€ sont dans la poche du vendeur. Le Bitcoin ne peut pas faire disparaitre 100 milliards de « vrai argent » comme proposé par Emmanuel Cugny, puisque on échange l’argent contre du Bitcoin. S’il y a échange cela signifie donc que les deux existent avant, et après l’échange, de façon autonome.

Quand à savoir « vers où ? » disparaît cet argent, comme le demande Emmanuel Cugny, eh bien puisque l’argent n’a jamais disparu, autant se poser la question de savoir si la petite souris rend la monnaie sans vérifier avant qu’elle existe.

Ce message n’a pas reçu de réponse.

Mais alors, Emmanuel Cugny a t-il raconté n’importe quoi sur le Bitcoin à la radio sans rien y comprendre ?

Après cet échange, si j’étais bien convaincu d’une chose, c’est qu’Emmanuel Cugny ne comprenait pas le Bitcoin. Cependant, je n’avais pas encore écouté sa chronique du matin sur France Info, et je suis donc allé le faire.

Je n’ai pas été déçu.

La chronique montre, à mon avis, qu’Emmanuel Cugny ne comprend simplement pas ce qu’est le Bitcoin, mais cela n’est que symptomatique, et j’en parlerai après cette analyse, du problème majeur lors du traitement du Bitcoin (mais aussi de tout autre sujet) par des journalistes ou experts économiques.

Sans parler des objectifs philosophiques ou politiques, sans pourtant aller bien loin, sans jamais apporter le moindre recul ou la moindre réflexion de fond, la chronique parvient pourtant à enchaîner sensationnalisme, approximations ou erreurs pures et simples.

Introduction sensationnaliste

Pour débuter la chronique, le présentateur introduit le sujet en expliquant que :

« Le gendarme de la bourse israélienne envisage de l’interdire [Le Bitcoin] ».

C’est vrai, d’accord, mais c’est surtout un gros parti pris sensationnaliste. Commencer comme ça, ça fait peur, donc ça attire l’attention. Alors évidemment, rajouter quelque chose comme « Mais le Japon, lui, a reconnu le Bitcoin comme une véritable monnaie. », ça aurait nuancé le propos, ça retranscrirait mieux une vérité complexe. Seulement voilà, ça devient compliqué et donc ça attire beaucoup moins l’attention…

Mais la faute est ici au présentateur, concentrons nous plutôt sur la chronique d’Emmanuel Cugny.

Une étymologie bancale et une définition incomplète et orientée

Emmanuel Cugny, donc, commence par expliquer l’étymologie du Bitcoin, en expliquant que « bit signifie numérique ». C’est déjà faux. Un bit, c’est « l’unité la plus simple dans un système de numération, ne pouvant prendre que deux valeurs, désignées le plus souvent par les chiffres 0 et 1. » (source Wikipédia). Pour faire plus simple, c’est la plus petite quantité d’information dans un système informatique. En revanche, le terme « bit » de Bitcoin reflète bien son lien avec l’informatique.

Il poursuit en expliquant que « Le bitcoin est donc présenté comme une monnaie virtuelle pour contourner les grandes devises internationales, l’Euro, le Dollars notamment. ».

Là, c’est vrai, mais il n’explique pas ce qu’est une monnaie virtuelle, n’aborde même pas la notion de cryptomonnaie. Même lors de la définition, le sujet n’est qu’effleuré et jamais approfondi.

Par ailleurs, en présentant le Bitcoin comme « une monnaie virtuelle pour contourner les grandes devises internationales », Emmanuel Cugny semble indiquer qu’il aurait été pensé pour frauder. Or, l’idée derrière la création du Bitcoin est bien moins de contourner le système financier pour frauder, que de créer un système financier réparti et moins soumis à un pouvoir décisionnaire centralisé. Bref, d’une certaine façon, plus démocratique.

Une paternité mal expliquée, sensationnaliste, voire totalement fausse

La suite n’est pas mieux, puisqu’ Emmanuel Cugny y explique (sous le soupir exaspéré du présentateur), que « le bitcoin a été créé en 2009 par un certain Satoshi Nakamoto que personne ne connaît ni n’a jamais vu ».

Si la chose est factuellement vraie, elle est encore une fois orientée et vise simplement à montrer le manque de fiabilité du Bitcoin. Amalgame classique du « on sait pas qui c’est, donc c’est dangereux, ne faites pas confiance aux inconnus ». Effet réussi si l’on en juge par la soupir du présentateur.

Là encore, expliquer qu’on ne connait pas le créateur réel, mais qu’on connait ses motivations, expliquer qu’il n’est pslus impliqué dans le projet, ou dire que le code est librement consultable et que des milliers de relecteur n’ont pas trouvé de faille ou de mécanisme caché, tout ça aurait permis de relativiser, de nuancer, d’approfondir le propos. Mais non, trop complexe, trop long, pas assez manichéen, pas assez accrocheur, surtout.

Il poursuit en expliquant que selon des rumeurs, « ce serait Elon Musk, le milliardaire américain qui serait derrière ».

Cette fois, c’est simplement n’importe quoi. Personne d’un tant soit peu sérieux ou renseigné ne penserait une seule seconde qu’Elon Musk soit le créateur du Bitcoin. Quelques recherches Google suffisent pour s’en rendre compte. Il suffit de consulter la page Wikipédia du monsieur :

  • Elon Musk n’est pas proche des mouvements idéologiques à l’origine du Bitcoin
  • Il n’a jamais travaillé sur un sujet proche du Bitcoin.
  • Durant la période 2007-2009 durant laquelle Satoshi a créé le Bitcoin, Elon Musk était à la fois CEO de Space X et Tesla, deux entreprises au bord de la faillite financière, avant d’être sauvées in-extremis et de signer un très gros contrat avec la Nasa en 2008. Elon Muksk n’avait donc, à priori, absolument pas le temps de créer le Bitcoin en parallèle.
  • Le mot Bitcoin n’apparaît même pas dans sa page Wikipédia.

Par ailleurs, un petit tour sur la page Wikipédia de Satoshi Nakamoto offre une liste des personnes dont on pense ou dont on a pu penser qu’elles pouvaient être Satoshi. Elon Musk n’en fait tout simplement pas partie…

Mais voilà, Elon Musk, ça se retient facilement, le type est classe, plutôt excentrique, très médiatique. Alors forcément, quand Emmanuel Cugny a préparé son sujet à coup de recherche Google, si le nom d’Elon Musk a été proposé pour on ne sait quelle raison, il l’a retenu, lui,  plutôt que Nick Szabo, illustre inconnu médiatique, mais qui serait pourtant un bien meilleur candidat au poste de Satoshi Nakamoto.

Si Emmanuel Cugny connaissait vraiment le sujet, il aurait vu en un éclair qu’Elon Musk ne pouvait pas être le créateur du Bitcoin, que cela n’avait aucun sens…

Emmanuel Cugny, quitte à choisir un milliardaire Américain un peu fou, vous auriez au moins pu choisir John McAfee :

  • Proche des mouvements libertariens (donc potentiellement cypherpunks)
  • Il s’est exprimé publiquement et de façon positive sur le sujet des crypto-monnaies et du Bitcoin.
  • Il a travaillé dans le domaine de la sécurité informatique et de la cryptographie à une période clé pour la naissance de l’idée du Bitcoin
  • Il avait tout le temps de travailler dessus en 2007-2009, époque ou il était à la « retraite »
  • Il était dit ruiné financièrement, juste avant de redevenir soudainement riche quelques temps plus tard…

C’est probablement complètement bidon, mais au moins, c’est crédible…

Bref, une simple vérification des sources, un simple recoupement de l’information. Un simple travail de journaliste, en somme, aurait fait en sorte que jamais Emmanuel Cugny ne puisse dire que l’on pensait qu’Elon Musk était derrière le Bitcoin. Faut-il en conclure qu’Emmanuel Cugny n’a pas fait le b.a.-ba de ce travail qui est le sien ?

Une explication bâclée de la génération des Bitcoins et une explication fausse des mineurs

Dans la suite, le journaliste explique que « Le Bitcoin est obtenu par calcul d’ordinateur, il y a une communauté de mineurs, donc ce sont des petits ouvriers, qui eux aussi sont inconnus. Ils utilisent la technologie de la blockchain. La blockchain c’est le stockage de la donnée sur le mode participatif, donc sans aucun contrôle officiel. ».

Encore une fois, l’approximation est totale, les notions évoquées ne sont jamais développées, toujours résumées de façon fausse ou orientée.

Tout d’abord, le Bitcoin n’est pas juste obtenu par calcul d’ordinateur. Le calcul d’ordinateur sert à valider les transactions et à assurer la sécurité du réseau. Le Bitcoin obtenu, lui, est avant tout un moyen d’inciter les gens à participer à l’entretien de ce réseau par un mécanisme de récompense. Tout en fournissant un moyen élégant d’injecter des fonds à travers le temps.

Par ailleurs, Emmanuel Cugny passe totalement à la trappe le fait qu’il n’existe qu’un nombre limité de Bitcoins minables, et que ce nombre est réparti dans le temps. C’est pourtant une base technique absolument fondamentale et qui permet, notamment, de justifier de la valeur d’un Bitcoin, en en empêchant la génération arbitraire qui aboutirait à un effondrement de la monnaie.

La présentation des mineurs, elle, est tout simplement ridicule et risque de faire penser aux auditeurs qui ne connaissent pas du tout le Bitcoin que les mineurs sont de vraies personnes (j’espère que c’est simplement une mauvaise présentation d’Emmanuel Cugny, et pas une erreur de compréhension de sa part).

Enfin, la description de la blockchain passe totalement à côté du fait qu’elle soit publiquement consultable et qu’elle contienne tout l’historique des paiements, assurant leur traçabilité. Passant du même coup à côté du fait que si l’on ne connait pas l’identité physique d’un mineur, on connaît en revanche parfaitement leur identité numérique sur la blockchain.

Au passage, Emmanuel Cugny laisse à penser que l’on ignore qui sont les mineurs, alors que beaucoup de gros mineurs sont très clairement identifiés, et que beaucoup d’autres sont identifiables. Et il passe aussi complètement à côté du fait que l’identité des mineurs n’a en vérité aucune importance, puisque la sécurité du réseau ne repose pas sur eux.

Une incompréhension totale de qui fixe le prix du Bitcoin

Emmanuel Cugny poursuit en expliquant que « Ils [les mineurs] en définissent ainsi la valeur, et on s’en sert pour faire des achats sur internet, il y a de plus en plus de sites qui l’acceptent. ».

Là c’est simplement totalement faux, et cette phrase démontre qu’Emmanuel Cugny ne comprend en fait absolument pas le fonctionnement du Bitcoin. En effet, ce ne sont pas les mineurs qui définissent le prix du Bitcoin, mais les vendeurs et les acheteurs sur les places d’échange, ceci tout simplement par la loi de l’offre et de la demande… Les mineurs n’ont rien à voir là dedans.

Pour un journaliste économique, ne pas comprendre ça, c’est quand même dommage…

D’autant que pour le coup, il s’agit d’une vrai incompréhension d’Emmanuel Cugny, puisqu’il dira plus tard dans sa chronique en parlant du Bitcoin que « on ne sait pas qui fixe le prix de ce machin ».

La partie « sans aucun contrôle officiel », quand à elle, est factuellement vraie, mais encore une fois le journaliste reste en surface et ne propose aucune vraie réflexion, notamment sur les avantages offerts par cette absence de régulation, notamment en terme de sécurité ou de garantie de la liberté d’expression.

Enfin, pour la partie achat sur internet, Emmanuel Cugny donne là une excellente illustration du fait que le Bitcoin est bel est bien une monnaie, ceci selon une définition vieille de plus de 2000 ans et encore utilisée aujourd’hui, et qui veut qu’une monnaie soit « Une unité de compte, une réserve de valeur, et un intermédiaire d’échange. » (source – Wikipédia).
Si des sites acceptent le Bitcoin, celui signifie qu’ils comptent en Bitcoin, que des personnes en ont (donc réserve de valeur), et qu’il sert d’intermédiaire d’échange. Le Bitcoin est donc, entre autres choses, une monnaie.

La chronique d’Emmanuel Cugny ne semble donc pas survivre à sa propre logique interne…

Et beaucoup d’autres erreurs… Je pense avoir largement démontré que la chronique d’Emmanuel Cugny était orientée, pas fiable, mais surtout absolument pas maîtrisée.

Notons tout de même quelques points supplémentaires, tel que cet échange ou le présentateur dit que « Tout ça est assez mystérieux » et que d’Emmanuel Cugny réponde « Ah oui ! » démontrant qu’il n’a pas vraiment compris ce qu’était le Bitcoin, puisque s’il l’avait fait tout ça ne lui semblerait pas si mystérieux.

Ma mère a compris ce qu’était le Bitcoin, pour elle, ça n’a rien de mystérieux. Et pourtant ma mère n’est ni économiste, ni informaticienne…

Expliqué comme dans cette chronique, là, en revanche, ça peux sembler très mystérieux…

Notons aussi cette phrase du journaliste « personne ne sait qui est responsable et qui décide de la valeur de ce machin quelque part dans le monde », phrase qui illustre parfaitement qu’il n’a pas fait (ou du moins pas assez fait) son travail de recherche, puisque l’on sait parfaitement comment et par qui est décidée la valeur du Bitcoin, comme je l’ai expliqué quelques lignes plus haut (loi d’offre et de la demande sur les marchés).

Ou encore « aucune autorité monétaire n’est capable à ce jour de garantir la valeur du Bitcoin », phrase certes vraie, mais dans laquelle Emmanuel Cugny ne semble absolument pas conscient que la chose est vraie pour toutes les actions et, dans l’absolu, pour bien des monnaies (le cas de la crise du rouble en est un exemple type).

Alors oui, Emmanuel Cugny a raconté n’importe quoi à la radio sur le Bitcoin. Volontairement ou non, il a trompé les auditeurs qui lui accordent leur confiance et comptent sur lui pour les aider à comprendre.

Toutefois, ne soyons pas trop dur avec Emmanuel Cugny, cherchons à comprendre pourquoi il en est arrivé là ?

Mais alors quel est le problème ? Pourquoi certains journalistes économiques racontent n’importe quoi sur le Bitcoin dans les médias ?

Dans mon article sur le Bitcoin, j’avais déjà expliqué dans la partie sur les trafics d’armes et de drogues pourquoi les experts télé (ou radio du coup, ça marche aussi), persistaient à répandre l’idée selon laquelle le Bitcoin serait juste utilisé pour le trafic d’armes, de drogues, ou pour financer le terrorisme.

J’y décrivais un mécanisme composé d’un mélange entre sensationnalisme, méconnaissance du sujet, peur de l’inconnu et mauvaise représentation médiatique.

Je décrivais aussi un processus que je soupçonne être assez proche de celui utilisé par Emmanuel Cugny pour écrire son édito, et que je pourrais résumer de la façon suivante :

  1. L’actualité impose un sujet d’interview/article/édito.
  2. On cherche un expert ou un journaliste qui soit à la fois rapidement joignable et qui semblera légitime au spectateur (dans le cas du Bitcoin, un expert ou un journaliste financier fera l’affaire).
  3. L’expert ne connaissant pas vraiment le sujet (après tout, Emmanuel Cugny n’est pas expert en Bitcoin, ni en informatique, ni en régulation fiduciaire, il est « journaliste économique et financier »), il doit faire des recherches.
  4. Comme il doit préparer son interview/article/édito pour le lendemain, l’expert en question fait comme tout le monde, il va chercher sur Google pour trouver des infos.
  5. Comme l’expert est un humain, il est bourré d’un mélange de biais, d’idéologie et de recherche de la facilité qui l’amène de façon presque immanquable vers un biais de confirmation le poussant à consulter en priorité des articles simples, écrits par d’autres experts qu’il connaît ou qui travaillent de la même façon que lui.
  6. Comme il est pressé par le rythme de l’information, il n’a pas le temps de creuser, de vérifier ou de réellement comprendre son sujet.
  7. Il livre un interview/article/édito de mauvaise qualité, se trompant souvent en toute bonne foi.
  8. Comme ni le présentateur de l’émission, ni la majeure partie des spectateurs ne maîtrisent réellement le sujet (si ils écoutent, c’est qu’à priori ils ne savent pas déjà), il leur est impossible de voir le manque de sérieux de l’interview/article/édito, et celui-ci devient pour eux une référence qui donne LA vérité sur le sujet.
  9. Une fois que l’expert/journaliste a donné son avis publiquement et construit sa propre base d’opinion, il devient pour lui impossible de revenir en arrière ou de faire évoluer sa position. Personne n’aime reconnaître qu’il a eu tord, surtout devant témoin (voir le passage précédent sur les adeptes de sectes).
  10. La prochaine fois que le sujet devra être traité, le même journaliste/expert sera ré-invité, fort de sa légitimité théorique sur le sujet, jusqu’à ce qu’il devienne le Monsieur X (ici Monsieur Bitcoin) aux yeux du public ou de la profession.

Nous pouvons retrouver, à la fois dans la chronique et dans les échanges que j’ai pu avoir sur Twitter avec Emmanuel Cugny, toutes les étapes de ce système.

Ce système n’a rien de spécifique au Bitcoin. C’est le même système que l’on peut retrouver quand un soit disant expert reprend la notion de Marianas Web (un soit disant niveau secret d’internet) dans la revue nationale de la gendarmerie pour un article supposer former les citoyens à une utilisation responsable d’internet. C’est aussi le même système quand les médias parlent du Dark Net, ou même des banlieues.

Alors voilà, quand j’ai discuté avec Emmanuel Cugny, j’ai été déçu qu’il n’aille pas plus loin, qu’il ne rentre jamais dans le fond. Mais en vérité, ce n’est pas totalement sa faute. Le problème vient surtout du rythme médiatique, du temps nécessaire à la pensée et que l’on ne laisse plus à ceux qui sont chargés de la nourrir.

Emmanuel Cugny n’est pas coupable d’avoir écrit un édito mauvais et trompeur, il n’est même pas vraiment coupable d’avoir persisté dans son erreur. La seule chose dont Emmanuel Cugny est coupable, c’est de ne pas avoir dit à France Info « Non, je ne connais pas le sujet, je n’aurai pas le temps de me renseigner correctement. »

Quand j’ai écrit mon article sur le Bitcoin, je l’ai fait après m’être intéressé au sujet de façon régulière pendant 6 mois, et j’ai mis une semaine pour l’écrire.

En cherchant sur « Emmanuel Cugny Bitcoin » sur internet, je n’ai pas trouvé un seul résultat mettant en avant un lien entre les deux, rien qui suggère qu’Emmanuel Cugny ai eu, par le passé, l’occasion de prendre du temps pour s’intéresser au sujet, l’occasion, pourquoi pas, d’utiliser du Bitcoin lui même.

Comment dans ces conditions imaginer qu’Emmanuel Cugny eut pu faire un bon édito sur le Bitcoin. Je ne l’aurais pas fait. Personne ne l’aurait fait.

Je n’en veux pas non plus à Emmanuel Cugny de se cramponner à ses idées reçues, de ne pas avoir cherché à pousser le propos quand il en a eu l’occasion. Il avait déjà adopté une posture publique, avait déjà formé et formulé ses idées, avait déjà un avis. Dans ces conditions, revenir en arrière demande à l’esprit humain un temps long ainsi qu’une réflexion et une documentation quotidienne. Il ne disposait simplement d’aucun des trois.

Je n’en veux même pas à Emmanuel Cugny de ne pas avoir refusé de faire cet édito. Il est comme tout le monde, il a peut-être une femme, des gosses, un chien et un crédit sur sa bagnole. Et il sait que s’il dit publiquement « non j’y connais rien, il me faudra plus de temps », cela risque d’être mauvais pour lui et de ternir son image auprès de la profession.

En revanche, j’en veux à France Info de ne pas mieux choisir ses spécialistes, de ne pas avoir fait son travail : nous informer.

Un autre traitement de l’information est possible, du moins je l’espère. Sinon, à ce rythme, le vrai danger pour les médias ne sera sûrement pas le contrôle monétaire centralisé contre lequel le Bitcoin entendait lutter, ni la censure, mais simplement la mort par gloutonnerie. L’étouffement d’avoir voulu trop manger sans prendre le temps de mâcher l’information.

Nous ne pourrons plus faire confiance aux médias pour quoi que ce soit, mais nous le ferons quand même, parce que dans le fond nous n’aurons pas vraiment le choix. C’est déjà trop souvent le cas.

Je ne sais pas quelle est la solution. Je ne sais pas comment nous pouvons agir. Mieux choisir nos sources d’informations ? Peut-être. ; Faire du lobbying, utiliser le hacking s’il le faut ? Pourquoi pas. ; Monter nos propres médias pour pouvoir, au moins sur les sujets qui nous touchent, prendre ce temps qui nous manque tellement ? Certains le font, et d’autres devraient bientôt le faire. À voir.

Il y a une chose cependant dont je suis certain. C’est que nous devons rester accessibles à ceux qui veulent prendre le temps de nous demander, le temps de creuser le sujet, le temps de vraiment se renseigner. Nous ne devons pas laisser passer les erreurs par fainéantise, pas baisser les bras par lassitude. Rester exigeants.

Même si ma grand mère continue à croire Emmanuel Cugny plutôt que moi. Même si j’aurais mieux fait d’expliquer le Bitcoin à France Info plutôt qu’à ma grand-mère…

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Articles similaires

System Linux : Adminer vs Phpmyadmin ?

adminer.png

Je viens de découvrir cette bestiole :)

Petit remplaçant de phpmyadmin en un fichier php :

# cd /var/www/html wget https://github.com/vrana/adminer/releases/download/v4.3.1/adminer-4.3.1.php

Site d'Adminer :

https://www.adminer.org

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Bartounet : REVERSE PROXY - PFSENSE - JEEDOM

DNS-MENTEURS

Apacherpipfsensejeedom

J'utilise de plus en plus de service Web dans mon installation informatique personnelle.
Quelques usages dans l'ordre d'importance:

  1. Ma domotique avec l'excellent JEEDOM 
  2. Mes caméras
  3. Mon NAS sous Open Media Vault 
  4. Et pas mal d'autres choses
Quand on commence à avoir plusieurs services accessible depuis l'éxtérieur plusieurs problématiques se posent:

  • Comment acceder avec une seule adresse IP à plusieurs services en interne sur le même port ?  ( https 443 , http 80) 
  • Comment gérer la sécurité ? (  est ce bien sécurisé d'accéder en direct à vos services ? Jeedom ouvert en direct sur internet ? ) ( en cas d'intruision vérifier chaque log de chaque service )
  • Certains services ne sont pas sécurisable en https , est ce sérieux d'y accéder directement depuis l'extérieur sans intermédiaire ?? ( mettre un VPN  a chaque fois ???)
  • Comment gérer la performance ? des choses ne pourraient t'elle pas être compréssées ou mise en cache pour aller plus vite ?

Et bien tout cela, c'est le role du REVERSE PROXY!rp
cf wikipedia

Le reverse proxy va vous permettre avec un seul équipement d'accéder à plusieurs services Web internes en en faisant qu'une seule redirection de port
Le reverse proxy va ajouter de la sécurité, car il va vous permettre de ne plus laisser vos services web accessible en fontal sur internet
Le reverse proxy va ajouter de la sécurité, car il va vous permettre de chiffrer les flux écoutables sur internet, même vers des services Web qui ne sont pas sécurisés
Le reverse proxy va ajouter de la performance car il va mettre en cache des éléments statiques et va même pouvoir compresser des flux.

Le reverse proxy sur mon réseau privée. Quand j'ai réfléchi à comment implémenter mon Reverse proxy j'ai  voulu ajouter un peu de sécurité.
Je trouvait qu'un reverse proxy accessible depuis internet, avait plutot sa place dans une DMZ

En effet il est plus sur de positionner son RP dans une zone qui n'a pas un full accès à tout votre réseau.
Je voulais que le RP n'ai accès qu'aux services qu'il est censé "reverse proxifier"  
C'est à dire les ports 443 ou 80 de mes services internes

Voiçi le schéma simplfié de mon réseau focusé sur le RP

lan

J'ai la chance d'avoir choisi un PFSENSE comme routeur / Firewall 

De plus j'avais pensé les choses au départ.

Mon PFSENSE est installé sur un ALIX 2D13 ( 3 ports Ethernet)

alix

Je l'utilisais pour le WAN et le LAN, il me restait donc un port pour la DMZ

Coté Gandi:

il faudra bien sur créer les entrées DNS qui pointe vers l'ip publique de votre Box

Pour ma part cam et Maison

Coté PFSENSE:
on remarque que je n'utilise aucune IP dans mes Virtual Hosts.

Que des FQDN, le but et d'utiliser que la fonction DNS 

Je vais utiliser la technique du SPLIT DNS

Même FQDN mais résolu différement en fonction de la requête:

J'ai donc utilisé mon PFSENSE en tant que resolveurs DNS

Ce qui est très pratique, car je peux lui donner des noms qu"il resoudra avec une IP locale pour mes équipement interne.

1 - J'ai crée activé ma 3ème interface et je l'ai nommée DMZ
2 - Renseigner l'IP de cette interface : Ce sera la passerelle du reverse Proxy

pfsenseip

3 - J'ai utilise une reservation DHCP statique pour fournir l'IP au Raspberry

pfsensedhcp
4 - J'ai créer 2 entrée DNS dans mon resolveur PFSENSE ' cela marche aussi si vou sutilisez PFSENSE en Redirecteur)

cam.monfomaine.fr ---> Pour la caméra
maison.mondomaine.fr ---> Pour Jeedom

pfsensedns

Le Split DNS est simple voiçi uin schéma de ce qui va se passer.

schemadns




Pas besoin de paramétrer des règles de routage PFSense s'occupe de tout.

Il faut par contre paramétrer des règles de NAT et de Firewall


NAT :  Tous ce qui arrive sur le port 443 est natté vers le RP

pfsensenat

Firewall : On ouvre les accès du RP vers les port 443 de Jeedom et 80 de la caméra
On autorise ausi le RP à faire des requetes DNS vers PFSENSE

pfsensefirewall


Voilà coté PFSENSE Installation du reverse Proxy: J'ai choisi d'utiliser un équipement tiers : un Raspberry Pie 3

j'ai commencé par une installation classique de Rapian strech Lite ( pas besoin d'interface graphique)

https://www.raspberrypi.org/downloads/raspbian/

Je vous conseille d'utiliser d'Etcher : qui est très simple à prendre en main :

https://etcher.io/

Je ne détaille pas l'installation de raspian

Placer une IP Fixe sur le raspberry 

Renseigner comme passerelle, l'adresse IP du PFSENSE ( interface DMZ)

Renseigner le DNS qui sera le pfsense.

Une fois le raspian installé on se lance dans l'installation du RP:

je pars du principe que vous avez déjà généré un certificat SSL chez un registrar

Je vais détailler un peu ce que j'ai fait pour un Certificat Gandi.

Je passe très vite sur la création du certificat Gandi ; Tout est expliqué sur le site

1 - Achat du certificat Gandi
2 - Création du CSR à fournir à Gandi en ligne de commande

openssl req -nodes -newkey rsa:2048 -sha256 -keyout maison.key -out maison.csr 3 - Copie du CSR sur le site de gandi
4 - Achat du certificat
5 - Validation du Certificat par ajout d'enregistrement CNAME dans votre DNS
6 - Récupération des certificats

gandi

g

7 - Vous devez avoir 4 fichiers :

GandiStandardSSLCA2.pem maison.crt maison.csr maison.key 8 - Copier ces fichiers dans par exemple :
/etc/ssl/

Pour ma part j"ai placé les fichiers de certificats dans /etc/ssl/
sudo apt-get install apache2
sudo a2enmod ssl
sudo a2enmod proxy
sudo a2enmod proxy_http


Le virtual host pour Jeedom

vi /etc/apache2/sites-available/rp.conf


ServerName maison.domaine.fr
SSLEngine on
SSLProxyEngine On
SSLCertificateFile /etc/ssl/maison.crt
SSLCertificateKeyFile /etc/ssl/maison.key
SSLCertificateChainFile /etc/ssl/GandiStandardSSLCA2.pem
SSLVerifyClient None

HostnameLookups off
ProxyRequests off
ProxyVia off
ProxyPass / https://maison.domaine.fr/
ProxyPassReverse / https://maison.domaine.fr/

<Proxy *>
Order allow,deny
allow from all
Proxy>
ErrorLog ${APACHE_LOG_DIR}/rproxy_error.log
CustomLog ${APACHE_LOG_DIR}/rproxy_access.log combined

Pour ma caméra même principe:

vi /etc/apache2/sites-available/zcam.conf
ServerName cam.domaine.fr
SSLEngine on
SSLProxyEngine On
#SSLProtocol All
SSLCertificateFile /etc/ssl/maison.crt
SSLCertificateKeyFile /etc/ssl/maison.key
SSLCertificateChainFile /etc/ssl/GandiStandardSSLCA2.pem
SSLVerifyClient None

HostnameLookups off
ProxyRequests off
ProxyVia off
ProxyPass / http://cam.domaine.fr/
ProxyPassReverse / http://cam.domaine.fr/
<Proxy *>
Order allow,deny
#Deny from all
allow from all
Proxy>
LogLevel warn
ErrorLog ${APACHE_LOG_DIR}/rproxy_error.log
CustomLog ${APACHE_LOG_DIR}/rproxy_access.log combined

cd /etc/apaches/site-available
a2ensite rp.conf
a2ensite zcam.conf
/etc/init.d apache2 reload

Voila notre Reverse proxy est configuré



Si tout est OK  depuis l'extérieur on accéde bien à notre Jeedom et à notre Cam en passant
Par le Reverse Proxy

accesext

acces ext

Si tout est OK  depuis l'interne on accéde bien à notre Jeedom et à notre Cam en passant
en direct sur le lan ( DNS Résolu en local par pfsense)

Par contre vous aurez remarqué qu'une erreur de certificat est présent sur la cam

Ce qui est normal car j'utilise le même certificat dans les 2 virtual Hots 

Et ce certificat à été grée pour maison.mondomaine.fr et non cam.mondomaine.fr

Cela n'est pas grave, j'ai confiance en mon certificat, et le but est de chiffrer les flux vers ma 

caméra.


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Miamondo : Billy-Berclau, une mairie libre!

Rappelez-vous, en juillet 2014 on découvrait un article, dans le n° 84 de Linux Pratique, qui relatait l’expérience de cette commune quant au déploiement progressif de Linux au sein de la Mairie et de ses bâtiments communaux.

billyberclau01Bandeau supérieur du site de la mairie propulsé par Joomla

Cette petite ville d’un peu moins de 5000 habitants est située dans le canton de Béthune (Pas de Calais) tout en haut de la carte de France et, depuis des années, Yann Lagadec (le responsable informatique de la Mairie) et son équipe ne ménagent pas leurs efforts pour prouver qu’il existe des alternatives à un « tout Microsoft » et que cela fait du bien à sa ville et à ses administrés !

Mais depuis 2014, que s’est-il passé, ont-ils tenu bon, ont-ils réussi leur pari ?

billiyberclau2La mairie de Billy-Berclau (image Wikipedia / Billy-Berclau)

(interview réalisée en novembre 2017 par LeCastillan)

Le logiciel libre est présent au quotidien dans le SI depuis plus de 10 ans maintenant et la majorité des clients ont migré sous GNU/Debian depuis 3 ans. Les efforts consentis et le soutien de la direction (politique et fonctionnelle) ont porté leurs fruits. Nous sommes rentrés dans une phase de maturité.

C’est en ces quelques lignes que Yann Lagadec résume son aventure et qui sous-entend que tout se passe bien dans le sens où Linux est toujours bien présent au cœur du système d’information de cette charmante petite ville du nord et que la Mairie délivre à ses utilisateurs et à ses administrés des services de qualité. Cerise sur le gâteau : à des coûts raisonnables et bien maîtrisés !

Grâce à un entretien que j’ai eu avec Yann Lagadec et son équipe, entrons un peu plus dans les entrailles de ce Système d’Information « libéré »…

Le Castillan : Alors Yann, concrètement, c’est quoi le S.I de Billy-Berclau ?

Yann Lagadec : Le service informatique de la mairie (3 personnes) gère un parc réparti sur 12 bâtiments (dont 10 interconnectés) et traitent les problématiques liées à l’informatique, les impressions et les télécoms. Le parc informatique se compose désormais d’un peu plus de 100 postes de travail dont 95% sont sous GNU/Linux (Debian Jessie / Cinnamon ou KDE) et une quinzaine de serveurs physiques sous Linux / Debian. Côté annuaire, OpenLDAP et FusionDirectory gèrent les utilisateurs. Les données sont centralisées sur des lecteurs réseaux par service et les ACLs sont peaufinés au besoin via des scripts Bash. L’ensemble de cette infrastructure est supervisé par Shinken et Cacti.

fusion_directory

Yann Lagadec : Côté réseau on trouvera du Shorewall et des outils Squid avec un accès à l’Internet constitué d’un agrégat de liaisons ADSL (les offres « fibre optique » professionnelles étant pour nous à un prix prohibitif) ! Ansible est aussi au menu pour aider à la configuration de ces matériels, au même titre que GLPI / FusionInventory / Gestsup pour la gestion du parc. Enfin, les sauvegardes sont exécutées via BackupPC et stockées dans différents sites de la commune.

Yann Lagadec : Pour la bureautique, c’est LibreOffice qui répond à ce besoin (traitement de texte, tableur, présentations…), complétés au besoin par d’autres logiciels métiers (Scribus par exemple pour les publications municipales). Côté collaboratif et messagerie, c’est Zimbra dans sa version communautaire qui a été retenue ainsi que Redmine pour la gestion de projet.

discover_libreoffice

Yann Lagadec : Enfin, et pour finir le tableau, la ville utilise WordPress ou Joomla (Site de la mairie de Billy-Berclau) pour ses projets web. Le service informatique va se former prochainement à l’utilisation de Seblod (de la Société Octopoos) pour répondre à ses besoins de développement plus spécifiques. La solution Noethys est utilisée pour gérer les activités loisirs, crèches, garderies, périscolaires et cantines de la commune.

Le Castillan : Quels sont les autres avantages d’un système comme GNU/Linux ?

Yann Lagadec : L’utilisation de Linux a un impact très fort sur l’ensemble du parc informatique de notre commune. GNU/Linux nous permet de déployer un environnement ultra-personnalisé en fonction des profils utilisateurs sur des configurations moyennes et donc attractives financièrement (entre 400 et 500 € HT avec des garanties sur 5 ans à j+1). Le tout nous permet de posséder un parc à prix ultra compétitif surtout en tenant compte du non achat de licences propriétaires (systèmes d’exploitation ou suites logicielles).

Côté serveurs, le gain est encore plus appréciable car nous utilisons de « simples » serveurs assemblées à la carte pour un prix ne dépassant pas les 1000€ HT avec garantie, là où les serveurs des grands constructeurs, équipés de Windows, se négocient à plusieurs milliers d’euros… On conserve nos machines plus longtemps : globalement avec un premier cycle de 5 ans pour un usage « standard » puis réorientation vers des utilisations moins régulières ou moins consommatrices de ressources matérielles (utilisation dans les écoles en complément des solutions déployées, bornes d’affichage dynamique, …). Ce qui serait impensable avec d’autres systèmes d’exploitation ! Le besoin d’assistance est enfin beaucoup moins important … les utilisateurs n’étant plus administrateur local 🙂

Le Castillan : WAOUHHH ! Sur le papier tout cela à l’air fantastique mais, en réalité, est-ce si simple que cela ?

Yann Lagadec : Notre modèle a prouvé sa fiabilité technique tout en étant nettement moins onéreux qu’auparavant et les économies que l’on dégage (plusieurs dizaines de milliers d’euros par an) nous permettent de déployer au besoin de nouveaux services. Donc la réponse à votre question est franchement OUI, cela se passe vraiment bien et ce, même si on fait face à quelques écueils de temps en temps…

Le Castillan : Des écueils ?

Yann Lagadec : Oui, forcément… Ces écueils sont à plusieurs niveaux :
au niveau de nos partenaires publiques où les références restent propriétaires (même si les standards ouverts progressent) dans notre mode de fonctionnement (réalisation en interne dès que possible et contrôle total) là où les petites et moyennes villes sous-traitent quasiment systématiquement. On est marginal. Les réponses techniques à nos demandes sont par exemple souvent exotiques et nous poussent à nous approprier toute la chaîne de travail.

Dans l’intégration de solutions vendues comme pleinement compatibles pour au final être du « full web packagé Windows » au niveau de nos moyens qui ne nous permettent pas toujours de tester convenablement les solutions à déployer. La mise en production est souvent le vrai test grandeur nature mais nous permet de garder un ratio productif
au niveau des périphériques tels les copieurs multi-fonctions qui nous donnent parfois du fil à retorde quand il s’agit d’utiliser des fonctions avancées (agrafages, impressions en livret…) fonctions qui ne sont pas toujours correctement prises en charge par les drivers Linux.

Le Castillan : Mais alors vous allez vous arrêter là ?

Yann Lagadec : On s’est lancé dernièrement dans le développement …

Le Castillan : Comment ça et pourquoi faire ?

Yann Lagadec : Outre la personnalisation des outils en place, notre première grosse implication s’est faite avec le renouvellement de notre application métier « petite enfance ». Nous avons fait le choix pour x raisons de Noethys et nous avons accompagné le développeur principal du projet sur le développement du portail famille et le paiement via TIPI.

Nous travaillons également à la mise en place d’un tableau de bord pour les chefs de service dans le prolongement d’un développement réalisé il y a quelques années pour gérer nos bons de commande. Nous avions besoin d’une solution qui permette aux chefs de service d’avoir une meilleure visibilité sur leurs budgets / dépenses / marchés et nous n’avons pas trouvé de logiciel répondant à notre cahier des charges : trop spécifique, trop chère, avec une vision trop comptable, … On a donc proposé à des écoles de la région de se pencher sur le sujet  : pour des résultats mitigés. Du coup, et grâce aux économies que l’on réalise, on s’est rapproché d’un étudiant de l’Epitech (devenu auto-entrepreneur pour payer ses études) et on a entamé ce projet avec lui en utilisant le framework PHP Symfony et le SGBDR MySQL. C’est la première fois qu’on se lance véritablement dans le développement d’applications de A à Z !

Le Castillan : Eh bien je vous souhaite une grande réussite dans ce projet… Il ne faudra pas oublier de partager vos travaux avec la communauté au cas où votre outil serait utile à d’autres mairies !

Yann Lagadec : Cela serait pour nous contre nature de faire autrement 🙂

Le Castillan : Est-ce que la Mairie promeut, auprès de ses agents, des élus et des habitants de la commune, l’utilisation des logiciels libres ?

Yann Lagadec : Oui, il y a eu des campagnes d’affichages au début du projet mais nous « militons » moins désormais  : l’évangélisation des débuts est moins nécessaire (et serait même contre productive maintenant par certains aspects) en tout cas dans la gestion intra-muros de la collectivité.

Du côté des habitants, j’ai été président d’un LUG (Linux User Group – Club d’utilisateurs de Linux) nommé Artux pendant quelques années mais j’ai moins de temps désormais. La promotion du Libre reste néanmoins présente, nous avons été parmi les premiers à organiser des JoomGroupes au nord de Paris (https://www.joomla.fr/actualites/evenements-francophones/item/1153-joomla-dans-la-region-nord-pas-de-calais). Puis, plus généralement, on profite des événements ou des actualités locales pour promouvoir GNU/Linux et les logiciels libres dès que possible.

Le Castillan : Voilà encore de belles initiatives ! Comment peut-on conclure cette interview ?

Yann Lagadec : Un SI majoritairement libre est possible dans les collectivités publiques. Les gains financiers sont loin d’être négligeables et nos contributions vont aussi – à mon sens – vers un cercle vertueux d’utilisation des deniers publics. On reste très intéressé pour échanger sur des déploiements d’écosystème ou d’expérience similaires (partiel ou total). Dans ce sens, et afin de continuer notre veille technologique, on va se présenter pour obtenir le label « Territoire Numérique Libre » pour 2017, il s’agit d’une initiative de l’ADULLACT soutenue par plusieurs associations et acteurs du logiciel libre (AFUL, APRIL, DINSIC, Pôle Aquinetic, Paris Open Source Summit…).

Le Castillan : Merci à vous et à votre équipe pour cette interview et encore bravo pour le projet qui prouve, une fois de plus, que des alternatives existent face aux outils propriétaires qui nous réduisent parfois à de simples gestionnaires de licences, alors que l’on aurait tellement envie de construire quelque chose, comme vous l’avez fait !


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Yannic Arnoux : Un blog plus respectueux

Je suis allé plus loin dans le respect de la vie privée sur le blog.

Quand on laisse un commentaire, l’adresse e-mail a toujours été optionnelle. Elle sert à retrouver un avatar sur Gravatar et à informer les abonnés de la parution d’un nouveau commentaire pour un article. J’ai ajouté à mon gestionnaire de commentaires un mode privé qui désactive la fonction d’abonnement et se passe de l’e-mail. En fait, l’e-mail est résolu en avatar dans le navigateur avec quelques lignes de JavaScript et il n’est pas pas envoyé au serveur, donc jamais stocké.

Le nouveau formulaire de ressemble à ceci :

Commentaire en JS

L’autre nouveauté, dans la même veine, c’est le support des navigateurs avec le JavaScript désactivé. Mon article précédent un blog plus statique a fait la moitié du travail en générant en pur HTML les commentaires déjà postés. Il restait à donner la possibilité de laisser un commentaire sans JavaScript, c’est chose faite avec un mode dégradé :

  • sans gestion de l’avatar
  • sans prévisualisation en Markdown

Le formulaire sans JavaScript ressemble à ceci :

Commentaire sans JS

Il me semble normal de ne pas empêcher les lecteurs les plus soucieux de leur vie privée d’accéder aux commentaires, c’est en phase avec les valeurs que je prône ici.

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Journal du hacker : Liens intéressants Journal du hacker semaine #51

Pour la 51ème semaine de 2017, voici 10 liens intéressants que vous avez peut-être ratés, relayés par le Journal du hacker, votre source d’informations pour le Logiciel Libre francophone !

Pour ne plus rater aucun article de la communauté francophone, voici :

De plus le site web du Journal du hacker est « adaptatif (responsive) ». N’hésitez pas à le consulter depuis votre smartphone ou votre tablette !

Le Journal du hacker fonctionne de manière collaborative, grâce à la participation de ses membres. Rejoignez-nous pour proposer vos contenus à partager avec la communauté du Logiciel Libre francophone et faire connaître vos projets !

Et vous ? Qu’avez-vous pensé de ces articles ? N’hésitez pas à réagir directement dans les commentaires de l’article sur le Journal du hacker ou bien dans les commentaires de ce billet :)

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RaspbianFrance : Le Bitcoin expliqué à ma grand mère, introduction pour les débutants.

Vous avez forcément entendu parler du Bitcoin. Si je peux dire cela de façon si affirmative, c’est principalement pour deux raisons : vous lisez cet article (et pourquoi le feriez-vous sans savoir que le Bitcoin existe), et ma grand-mère a entendu parler du Bitcoin.

Et soyons sérieux, ma grand mère achète encore des chamonix. Elle n’est donc clairement pas encore rentrée dans le XXIème siècle. Si, par malchance, on change l’ordre dans lequel elle éteint sa télé d’habitude, elle peut rester bloquée devant l’écran « HDMI 1 » pendant 10 minutes…cer

Donc les choses sont simples : si ma grand-mère a entendu parler du Bitcoin, vous aussi.

NB : Ou alors, vous êtes mon arrière grand-mère, et j’ai quelques questions pour vous, du type « Il est enterré où le trésor ? », « Et alors, on a une bonne vue de là-haut ? » ou encore « C’était quoi la recette de ta confiture d’orange ? ».

Alors oui, ma grand-mère a entendu parlé du Bitcoin. Sauf que voilà, ma grand-mère n’y a rien compris. Pour elle, et pour beaucoup de gens, le Bitcoin, c’est nouveau, c’est compliqué, c’est virtuel et ça lui fait un peu peur. Bref, pour ma grand-mère, le Bitcoin, elle comprend pas et ça a l’air dangereux.

Sauf que voilà, le Bitcoin ça a l’air dangereux, d’accord, mais c’est aussi très à la mode. On en entend parler de plus en plus, les médias « traditionnels » y consacrent articles, débats et reportages, même France 2 en parle, et ma mamie, bah elle aime bien France 2.

Comme en plus ça représente potentiellement beaucoup d’argent… Forcément, ça interroge, ça interpelle, ça fait même, un peu, rêver. Ça a l’odeur de l’argent facile, le goût de la nouveauté et en plus, ça fait quand même vachement start-up nation.

Dans ma tête je me suis donc dit une seule chose : « Ce Noël, obligé, ça va parler Bitcoin pendant le repas de famille ».

Sauf que ça, bah c’est pas forcément une super bonne nouvelle pour moi…

Parce que, quand ma grand-mère aura fini d’expliquer le reportage qu’elle a vu à la télé.
Que mon oncle aura bien insisté sur le fait que « tout ça c’est virtuel, ça existe pas », mais aussi, évidemment, que « le bitcoin, ça sert à acheter de la drogue et des armes » (j’espère avoir, en bonus, une réflexion sur Linux et le darknet).
Que ma tante aura expliqué que « de toutes façons, moi, tout ça j’y comprend rien ».
Que mon autre oncle aura fait remarqué « qu’il se demande quand même si ça serait pas un bon placement ».
Que ma seconde tante aura fait remarqué que « machin en a parlé sur facebook et il a dit que, alors ça doit être vrai ».

Bref, quand tout le monde aura bien son avis et que personne ne voudra plus le remettre en question, ils vont se tourner vers moi et me demander en cœur : « Bon, toi qui est informaticien, t’en pense quoi du bitcoin ».

Homme en plein facepalm

La vie d’un informaticien est un mélange toujours surprenant de questionnements et de lassitudes… Et croyez moi, il faut un « s » à lassitudes.

 

Sauf que cette fois, je les ai vu venir les sagouins ! Je vais pas me laisser prendre au dépourvu, oh ça non.

Nous sommes le dimanche 17 décembre 2017, et à partir d’aujourd’hui, j’ai officiellement une semaine pour préparer mes armes, aiguiser ma plume, et écrire l’article parfait sur le Bitcoin : Le Bitcoin expliqué à ma grand-mère.

Une semaine pour écrire un article simple, compréhensible par tous, tellement précis et tellement complet qu’ils n’auront plus aucune question, qu’ils sauront exactement ce qu’est le Bitcoin.

Un truc qui leur permette de comprendre comment ça fonctionne, à quoi ça sert, ce que ça apporte, comment on peut en acheter, et surtout, en quoi le Bitcoin interroge notre rapport à l’argent et à l’information.

Que pour une fois ils comprennent que non, la vérité, ce n’est pas le reportage à la télé qui parle du Bitcoin comme un moyen d’acheter de la drogue, des armes ou de financer le terrorisme. Que tout ces soient disant experts des plateaux n’y comprennent rien, confondent, inventent, se trompent et trompent l’autre.

Bref, j’ai une semaine pour écrire un article qui, je l’espère, leur permettra à eux, et peut-être à d’autres, de comprendre réellement un sujet complexe, celui du Bitcoin, sans s’arrêter à sa surface. Un article suffisamment bon pour qu’il puisse devenir une référence sur le sujet, pour que quand une personne demande « c’est quoi le Bitcoin ? », une autre lui réponde « c’est ça« .

 

C’est long 7 jours… C’est cours une semaine…

 

C’est quoi le Bitcoin ?

Au début, j’avais pensé à faire un long article compliqué pour expliquer en détail ce qu’était le Bitcoin, comment il fonctionnait, etc. Pour résumer, un livre condensé en billet de blog. Seulement voilà, je trouvais le résultat trop compliqué, pas assez clair. Bref, un peu chiant…

Alors finalement, je me suis dit que le plus simple, si je voulais vraiment faire un article qui permette d’expliquer même à ma grand-mère ce qu’était le Bitcoin, et bien c’était de discuter avec elle, répondre à ses questions à elle, pour essayer de l’amener à comprendre mon monde à moi.

Dans la suite de cet article, je vous proposerai donc un dialogue, avec les questions posées par ma grand-mère et les réponses que je lui ai données (le tout un peu remis dans l’ordre, pour que ce soit logique et lisible).

 

C’est quoi ce Bitcoin dont tout le monde parle ?

Alors déjà mamie, le Bitcoin, c’est une monnaie, et pas un canard. Donc on dit « bite-cogne » (ce qui est très douloureux), et non pas « bite-coin » (ce qui n’est vraiment pas pratique).

Mais sinon, le Bitcoin, c’est ce que l’on appelle une crypto-monnaie. Ce n’est pas la seule, ni vraiment la première crypto-monnaie, mais c’est sans aucun doute la plus connue et la plus utilisée.

 

Une crypto monnaie ? C’est quoi ce machin ?

Une crypto-monnaie mamie, c’est une monnaie virtuelle, c’est à dire une monnaie qui ne possède pas de représentation physique et qui n’est pas garantie ni reconnue par l’état ou une autorité financière officielle. Ça veut dire que l’état ne reconnait pas de valeur réelle à cette monnaie, et que donc sa valeur est totalement spéculative.

Sauf qu’une crypto-monnaie, bah ça a aussi d’autres caractéristiques que n’ont pas forcément toutes les monnaies virtuelles. Il y a trois autres conditions pour être une cryto-monnaie.

D’abord, la monnaie doit être bilatérale. Ça veux dire que tu dois pouvoir acheter cette monnaie virtuelle avec une monnaie d’état (par exemple acheter du Bitcoin avec du Dollars), et que tu dois aussi pouvoir acheter une monnaie d’état avec cette monnaie virtuelle (par exemple acheter du Dollars avec du Bitcoin).

Ensuite, elle doit être distribuée. Ça veut dire que cette monnaie ne doit pas être émise ni régulée par une entité centrale, mais qu’elle doit être basée sur un réseau informatique décentralisé (on parlera généralement de réseau « Peer to peer », ou en français « pair à pair »), c’est à dire un réseau ou différentes personnes échangent directement entre elles, et où l’information est répartie et stockée sur l’ensemble de ce réseau plutôt que sur un point central.

Elle doit être sécurisée par un mécanisme de preuve de travail cryptographique. Ça veut dire que quand deux personne échangent la monnaie sur le réseau, pour être sûr que c’est sécurisé, les ordinateurs du réseau doivent effectuer de nombreux calculs très complexes et longs. Ça garantit qu’une personne toute seule (ou même une centaine de personnes) ne pourra pas créer de fausses transactions.

Schéma d'une architecture serveur et d'une architecture pair à pair.

Le Bitcoin est basé sur une architecture décentralisée, ou architecture « pair à pair », c’est à dire que les différents ordinateurs du réseau communiquent directement.

 

Et tu vois mamie, chacun de ces points est super important pour le Bitcoin !

Puisqu’il est bilatéral, on peut le vendre et l’acheter. Donc il possède un prix, ce qu’on appelle « une valeur d’échange » (pour faire simple, la valeur d’échange, c’est le prix auquel un bien s’achète et se vend). Comme en plus il est distribué, ça veut dire que personne ne peut modifier sa valeur ou sa quantité, donc il ne peut pas être régulé. Enfin, comme il repose sur une preuve de travail, il est parfaitement sécurisé et infalsifiable, sans avoir besoin qu’une seule personne le vérifie (ce qui garantit le point précédent).

 

C’est compliqué, tu peux pas faire plus simple ?

Bon mamie, pour résumer, le Bitcoin c’est une monnaie virtuelle, non reconnue par les états, qui ne repose sur aucun stock de matières premières, qui n’est pas régulée, pas falsifiable, et qui peut être achetée ou vendue contre une monnaie officielle.

Ah, oui, j’oubliais, le bitcoin c’est pas une monnaie électronique, parce que pour la loi, une monnaie électronique c’est juste de la monnaie normale (genre de l’Euro ou du Dollars), mais dans un ordinateur. Donc ça veut dire que c’est reconnu et régulé par l’état, pas comme le Bitcoin.

 

Qui a créé le Bitcoin, pour quoi faire et pourquoi tout le monde en parle ? Mais du coup, si c’est pas l’état, c’est qui qui a créé le Bitcoin ?

Alors en fait personne ne sait vraiment qui a créé le Bitcoin.

 

À la télé je croyais que c’était un Japonais ?

Les médias aiment bien sortir un article tous les ans pour dire qu’ils « ont retrouvé l’inventeur du Bitcoin », mais en fait ils n’en savent rien du tout.

Officiellement, le Bitcoin ça a été créé par Satoshi Nakamoto (et on utilise encore son nom, Satoshi, pour définir la plus petite unité possible de crypto-monnaie, c’est à dire 1 dix-millionième de Bitcoin). Alors oui, comme ça on pourrait se dire, « c’est un Japonais »… Mais en fait non, parce-que Satoshi Nakamoto, en fait, c’est juste un pseudonyme.

Il y a plein de théories qui ont circulé, et plein de gens pensent qu’un tel ou un tel est Satoshi Nakamoto (je vais pas te faire la liste, mais il y a une page Wikipédia sur le sujet si tu veux chercher). Mais en vrai, personne ne sait, on est même pas sûr que ce soit vraiment un mec Satoshi Nakamoto, si ça se trouve, c’est genre un groupe qui se cache derrière une seule personne.

 

Mais du coup c’est pas dangereux si on sait pas qui a créé le Bitcoin ?

Non, en fait c’est pas dangereux pour deux raisons.

D’abord, Satoshi Nakamoto n’existe plus. Plus personne n’arrive à le contacter depuis genre 5 ou 6 ans, et il a décidé de disparaître. Et vu le que le type est quand même un putain de génie, on le retrouvera probablement jamais. Mais du coup, ça veut dire que lui il ne travaille plus sur le Bitcoin.

Ensuite, Satoshi Nakamoto, il a créé le Bitcoin, mais il a mis le code qui fait tourner la machine en « libre ». C’est à dire que tout le monde peut le lire et voir comment ça fonctionne.

Pour te donner un exemple, c’est comme si tu conduisais une voiture dont tu ne connais pas le fabricant, mais ou 10 autres fabricants mondiaux très sérieux ont pu démonter en entier la voiture, regarder chaque pièce, la remonter, et on dit « c’est bon, elle fonctionne super bien, y’a pas de risque ». Bah finalement c’est vachement plus sécurisé que de conduire une voiture dont tu connais le fabricant, mais ou les 9 autres ont pas pu vérifier.

Au lieu de croire la personne qui te vend la voiture (et qui donc a intérêt à te mentir pour que tu la prennes), tu crois les 10 autres personnes qui ont vérifié et qui n’ont pas de conflits d’intérêts.

 

Mais du coup, si personne le connait, on sait pourquoi il a créé le Bitcoin Satoshi machin ?

Satoshi Nakamoto, mais ça pour le coup ouais, on est quasiment certain de savoir pourquoi il a créé le Bitcoin.

En fait, si Satoshi a créé le bitcoin c’est parce qu’il n’aimait pas le fonctionnement de l’argent « normal ». En gros, il détestait que ce soit régulé par les banques et l’état. L’idée, c’est que comme on vit dans un monde où on a tout le temps besoin de l’argent, celui qui contrôle l’argent peut faire tout ce qu’il veut.

Déjà, si c’est l’état, c’est pas cool. Parce que ça veut dire que si tu vis dans une dictature, t’est totalement bloqué, tu peux pas t’enfuir, tu peux pas acheter de journaux d’opposition, tu peux rien faire. Mais si c’est les banques, c’est encore pire. Parce que ça veut dire que même en démocratie, en fait, c’est les banques qui peuvent décider de qui a le droit de créer un journal, qui peut se présenter aux élections, etc., parce que pour tout ça il faut de l’argent, et c’est eux qui contrôlent les comptes en banque.

 

Mais comment on sait que c’est pour ça qu’il a créé le Bitcoin ?

En fait, le Bitcoin, Satoshi n’a pas tout créé. Il s’est beaucoup appuyé sur un vieux truc qui s’appelait B-Money. B-Money, c’était une proposition de système monétaire anonyme, et qui a commencé à être diffusé dans les milieux cypherpunks (un peu comme les cyberpunks, mais pour la sécurité et les maths si tu veux). Et ce milieu, il est plutôt réputé très proches des mouvements anarchistes.

Du coup, on sait que Satoshi était un vrai fan de B-Money (il l’a dit aux gens sur les forums ou par mail), et des idées qui étaient derrière. Et ces idées là, on les connait bien, parce-que Wei Dai le créateur de B-Money, lui il en a largement parlé sur les forums en ligne, il écrit des articles, etc.

 

Donc en fait, le Bitcoin, c’est un truc d’anarchiste ?

Bof, oui mais non. En gros, quand ça a été créé, l’objectif du Bitcoin il était clairement philosophique et politique : créer un système monétaire parallèle, non régulé et potentiellement anonyme. La principale différence entre l’argent normal et le Bitcoin, c’était le côté distribué et la non régulation.

Du coup à l’origine, oui, c’était plutôt anarchiste.

Mais aujourd’hui, il faut bien avouer que l’aspect philosophique et politique du Bitcoin a beaucoup évolué. Je vais pas tout t’expliquer dans le détail, mais au fur et à mesure, quand il est devenu populaire, le Bitcoin a beaucoup perdu de sa philosophie initiale.

En gros, le Bitcoin aujourd’hui ça intéresse de plus en plus de monde, et plein de courants politiques différents se disent qu’il y a un gros coup à jouer. Tous les courants politiques voient dans le Bitcoin (et dans les crypto-monnaies en général) des opportunités, mais pas les mêmes.

Je vais un peu simplifier pour allez vite mamie, mais en gros pour l’instant ça se passe comme ça.

Pour la droite libérale, c’est l’occasion de mettre en place un système de libre concurrence parfaite.
C’est exactement ce qu’avait théorisé Adam Smith (le créateur du capitalisme), un système d’échange monétaire sans aucune régulation de l’état. Pour les libéraux, le Bitcoin c’est une occasion de créer un système financier ne reposant sur aucun stock physique (genre l’or), sans aucun contrôle, totalement dédié au trading et à la spéculation boursière et où seul l’offre et la demande déterminent le marché. Bref, c’est le marché totalement libre, géré par la théorie de « la main invisible ».

Pour la gauche, c’est l’occasion de sortir d’un système financier détenu par les grandes fortunes et les banques.
Du coup, c’est plus proche des idées de base, le Bitcoin serait un moyen d’assurer la liberté d’échange et donc d’information. Par exemple, c’est un moyen pour les journaux d’opposition ou les lanceurs d’alerte de se libérer du contrôle financier de l’état (par exemple, WikiLeaks propose de faire des dons en Bitcoin, parce que leur compte en banque classique a été bloqué par les grandes banques et les USA). Dans cette optique, le Bitcoin serait avant tout un moyen de créer un système financier parallèle plus démocratique.

Pour le centre et pour la majorité des personnes, c’est juste une nouveauté.
Pour la vaste majorité des acteurs, ils ne se sont pas encore intéressés vraiment au Bitcoin, ça leur fait un peu peur, parce qu’ils ne comprennent pas ce que c’est, mais c’est tout. Pour eux, le Bitcoin n’est pas porteur d’une espérance politique ou philosophique particulière. Il n’est rien de plus qu’un moyen techniquement novateur d’échanger de l’argent.
Par exemple, les banques y voient un moyen d’effectuer de façon sécurisée et plus rapide des virements bancaires, les particuliers un placement financier intéressant, les commerçants un nouveau moyen de paiement avec des frais potentiellement moins élevés que la carte bancaires, etc.

Donc tu vois, pour la majeure partie des acteurs, l’aspect anarchiste des premiers temps a totalement disparu.

 

Et toi t’en pense quoi ? Ça va donner quoi ?

En ce qui concerne le Bitcoin, moi je pense que pour l’instant il y a encore un peu des trois, mais que la première et la dernière sont en train de gagner. À mon avis, dans quelques temps le côté anarchiste aura totalement disparu du Bitcoin. Surtout que maintenant, le trading ça représente un très gros pourcentage des transactions de Bitcoin, et ça limite pas mal son utilisation en tant que monnaie. Et le reste, c’est beaucoup de l’épargne.

Par contre, il y a d’autres crypto-monnaies (par exemple le Monero), où la situation peut être différente, mais ces monnaies ne sont pas encore aussi populaires que le Bitcoin.

Bref, je pense que les idées derrières le Bitcoin ne vont pas simplement disparaître, parce que le Bitcoin a permis à d’autres monnaies de se créer, mais qu’elles vont disparaître du Bitcoin en lui même.

 

Parce-que il y a d’autres trucs que le Bitcoin ?

Hola oui ! Il y a des dizaines et des dizaines de crypto-monnaies autres que le Bitcoin. On appelle ça les Altcoins, pour Alternative Coins. Mais on va pas rentrer dans le détail maintenant, je t’expliquerai ça une prochaine fois d’accord, sinon on va s’y perdre.

 

D’accord. Mais alors pourquoi tout le monde parle du Bitcoin ? Et pourquoi les gens disent qu’il faut en acheter ? C’est parce que c’est nouveau ?

Non, en fait le Bitcoin c’est pas vraiment nouveau. Comme je te l’ai dit, le Bitcoin c’est inspiré de B-Money qui date de 1998. De son côté, Satoshi a commencé à travailler sur le Bitcoin en 2007, mais la mise en service officielle du Bitcoin date c’est 2009.

Donc le Bitcoin c’est pas vieux, ça c’est sûr, mais on peut pas dire que ce soit nouveau.

En fait, si on parle de plus en plus du Bitcoin, et si de plus en plus de gens veulent en acheter, c’est parce que son prix a augmenté de façon juste incroyable. Pour te donner un ordre d’idée, en 2016, sur l’année le Bitcoin est passé de 300€ à 900€ l’unité. Et en 2017, de 1000€ à 15000€…

Courbe d'évolution du Bitcoin depuis sa création montrant un emballement du marché depus 2017.

On peut clairement observer que depuis 2017 le prix du Bitcoin a subit une augmentation énorme en un temps particulièrement réduit.

 

Donc si tout le monde parle du Bitcoin en ce moment, c’est à cause de l’envolée des prix. Les profits potentiels sont absolument énormes, et les gens ont envie d’investir dans le Bitcoin parce qu’ils espèrent profiter eux aussi de cette augmentation des prix.

Le problème c’est qu’ils ne comprennent pas toujours comment fonctionne le Bitcoin, ni les cryptomonnaies de façon générale.

Après, ça se comprend aussi, des tels taux de rentabilité c’est du jamais vu. Pour bien comprendre la situation, imagine qu’une personne ait acheté fin 2016 pour 1000$ de Bitcoin. En revendant ce même Bitcoin aujourd’hui, cette personne toucherait plus de 17 000$, soit une rentabilité de 1700% ! Alors forcément, comparé aux 0,75% du Livret A…

Certains ont eu de la chance, ou ont senti le bon filon, et ont fait de gros profits dessus, jusqu’à devenir millionnaires. Alors les médias en parlent, le grand public commence à s’y intéresser, et beaucoup se demandent si ça ne vaudrait pas le coup d’investir dans le Bitcoin. Et toute une économie déjà implantée sur le secteur en profite pour prendre son essor et brasser beaucoup d’argent, ce qui entretient, pour le moment, cette augmentation des prix.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, tout le monde parle du Bitcoin c’est devenu un marché totalement spéculatif, mais aussi incroyablement rentable, populaire, et potentiellement très risqué !

 

Le Bitcoin, est-ce que c’est dangereux ? Est-ce que c’est légal ? Est-ce que c’est une arnaque ? Mais le bitcoin, c’est pas interdit ?

Bah non, pourquoi ça serait interdit ?

 

Bah je sais pas, c’est pas illégal ? Si c’est pas reconnu par l’état c’est pas autorisé par la loi, si ?

Non pas du tout mamie, le Bitcoin c’est parfaitement légal. Rien ne t’interdit (du moins en France), d’acheter, d’échanger, de détenir ou de vendre du Bitcoin.

Alors oui, l’état ne reconnait pas réellement le Bitcoin, mais pour autant il ne l’interdit pas. En fait, c’est encore assez jeune, et ça commence tout juste à être réglementé.

En France, on est soumis au droit européen, et dans le cas du Bitcoin on applique donc un arrêté de la Cour de Justice de l’Union Européenne, qui définie le Bitcoin comme un moyen de paiement, mais pas vraiment une monnaie.

Attend, je chope mon portable, je vais te trouver le texte exact… Voilà, l’arrêté il dit ça :

La devise virtuelle ‘bitcoin’ étant un moyen de paiement contractuel elle ne saurait, d’une part, être regardée ni comme un compte courant ni comme un dépôt de fonds, un paiement ou un virement. D’autre part, à la différence des créances, des chèques et des autres effets de commerce (…), elle constitue un moyen de règlement direct entre les opérateurs qui l’acceptent. – Cour de Justice de L’union Européenne, arrêt du 22 octobre 2015.

Donc tu vois, l’UE dit que le Bitcoin existe, et il ne l’interdit pas. Pour eux, c’est de fait un moyen de paiement, parce qu’il est utilisée par des acteurs (en gros des gens ou des entreprises) comme moyen de paiement. Et comme c’est un moyen de paiement, le Bitcoin n’est pas soumis à la T.V.A. Et attention, c’est pas non plus un compte bancaire, un livret d’épargne ou autre.

Et puis il y a un dernier point, le truc sur les chèques, les créances, etc. En gros, l’UE précise que le Bitcoin il est direct entre les gens, ce qui veut dire qu’il ne repose pas sur une banque (ce qu’on appelle un tiers de confiance).

En fait, elle est plutôt très bien foutue leur définition…

Il y a quand même un petit truc, je sais pas si t’a remarqué, mais ce texte parle spécifiquement le Bitcoin… Du coup, ça ne s’applique pas directement aux autres crypto-monnaies. Mais bon, je pense qu’un tribunal rendrait un jugement similaire pour un Altcoin en s’appuyant directement sur cet article.

 

Mais je croyais que le Bitcoin c’était utilisé pour acheter de la drogue, des armes, ou par les terroristes ? Ils en parlaient dans le reportage.

Ça mamie, c’est surtout une vielle légende qui a la vie dure. C’est pas parce qu’il le disent à la télé que c’est vrai, surtout quand on parle d’informatique…

Je ne vais pas te dire que le Bitcoin n’est jamais utilisé à des fins criminelles. Mais ça représente une toute petite partie de son utilisation, moins de 3 à 6% en 2016 d’après des stats du New York Times, et encore, ça a du très largement diminuer aujourd’hui avec l’ouverture au grand public et aux traders.

Ce monsieur a vraiment l’air de s’y connaître en Bitcoin, je veux dire, il a même des lunettes écailles de tortue. Y’a que les experts et mon ancien prof de philo qui en ont… et ça c’est pas mon ancien prof de philo…

 

En fait, si les reportages à la télé disent tout le temps que le Bitcoin sert à acheter de la drogue, à trafiquer des armes, ou a financer le terrorisme, c’est à cause d’un mélange de plusieurs choses :

  • Parce que la télé cherche à faire peur pour attirer le téléspectateur (on attire plus de gens en parlant des trafiquants de drogues qui utilisent le Bitcoin qu’en parlant des informaticiens qui construisent des logiciels compliqués en se basant sur le réseau)..
  • Parce que les « experts » invités sur les plateaux de télé n’y comprennent rien et qu’ils ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas.
  • Parce qu’il y a eu une sur-médiatisation de cas minoritaire mais plus vendeurs, comme le cas de SilkRoad (un truc de trafiquants de drogues en ligne).
  • Parce que les experts des plateaux télé (et les présentateurs/journalistes) confondent souvent le Bitcoin, le Darknet et les Hackers.
  • Parce que les experts, les journalistes et les présentateurs croient tous que le Bitcoin est intraçable.

Pour faire simple mamie, avant que le prix du Bitcoin n’explose, personne ne s’y intéressait à part les informaticiens et les chercheurs en économie. Donc les seules fois où on en parlait, c’était indirectement, si il était impliqué dans de grosses affaires qui font peur, type drogue, armes, terrorisme, etc.

C’est typiquement le cas de SilkRoad, un site internet hébergé sur le darknet (une sorte d’internet parallèle), et qui vendait de la drogue, des armes, et autres (mais surtout de la drogue). Comme le site avait besoin d’un moyen de paiement discret, mais qu’ils ne pouvaient pas utiliser l’argent liquide en prenant une commission, ils ont utilisé le Bitcoin.

Alors quand le site a été fermé par le FBI, le FBI l’a crié sur tous les toits (forcément, c’était une jolie victoire et une bonne occasion de faire de la propagande). Et les médias se sont emparés du sujet, ça mettait en avant la force des USA, la lutte contre la drogue, ça faisait peur aux gens et du coup ça faisait beaucoup d’audimat. Et forcément, ils ont parlé du Bitcoin ! Et voilà comment tu crées une réputation…

Plus tard, quand en France les « experts » des plateaux télé ont du donner leur avis sur le Bitcoin, sur cette affaire ou sur une autre, ils n’y connaissaient rien, mais ils ont fait comme tout le monde, ils ont cherché « Bitcoin » sur Google. Et plutôt que de lire des articles techniques, longs, compliqués, et rédigés par des développeurs, des scientifiques et des utilisateurs, ils ont pris les articles les plus simples à comprendre, ceux qui correspondaient le mieux à leur milieu social, à leurs idées, à ce qui d’après eux, est une source fiable. En clair, ils ont lu les articles de presse, qui parlaient tous de l’affaire SilkRoad, de Darknet, des Hackers, de drogue, d’armes, voire (comme c’est le sujet du moment) de terrorisme.

À partir de là, leur avis était fait, « c’est nouveau, ça parle de drogue, c’est sur le darknet, c’est pas traçable, je comprend pas tout, ça fait peur, donc c’est dangereux ». Et ils ont donné leur avis sur les plateaux télé. Ils ont pris une affaire particulière, tout mélangé, extrapolé, sans approfondir la réflexion, ignorant purement et simplement les autres utilisations du Bitcoin, ou le fait que la grande majorité des trafics repose sur de l’argent « normal ».

Et une fois que la réputation est créée, il n’y a plus rien à faire.

À chaque nouvelle apparition du Bitcoin dans les médias, on cherche un expert à inviter et on prend ceux qui  ont déjà parlé du sujet. Ces experts deviennent rapidement les « experts du Bitcoin » aux yeux du public, mais aussi des journalistes ou producteurs, et ils alimentent encore plus ce cercle vicieux de désinformation.

Et voilà comment se lance une grande chasse aux sorcières, sans complot, sans forcément avoir de but précis, sans être organisée ; simplement par un mélange de bêtise, de paresse, de méconnaissance, de manque de temps pour travailler et de déontologie pour vérifier…

 

Bon, alors le Bitcoin c’est pas utilisé pour acheter des armes, de la drogue ou pour financer Daesh ?

Pour faire simple, non. Le Bitcoin peut, ponctuellement, servir de monnaie d’échange dans des opérations illégales, mais cela reste très marginal par rapport au trafic alimenté par l’argent classique.

En clair mamie, il m’est déjà arrivé qu’une personne dans la rue me propose d’acheter de l’herbe pour 15 €, jamais pour 0,0001 Bitcoin… Ni à moi, ni à une connaissance, ni à une connaissance de connaissance, et probablement pas à leurs connaissances non plus.

 

Et t’as dit que c’était pas intraçable c’est ça ? Pourtant dans les reportages ils disent tous qu’on peut pas tracer le Bitcoin.

Oui, tout le monde dit que le Bitcoin est intraçable, mais ce n’est absolument pas vrai. En fait, d’une certaine façon le Bitcoin est beaucoup plus traçable que l’argent normal.

Pour bien comprendre ça, il faut d’abord comprendre la notion de Blockchain. La blockchain, c’est une sorte d’immense livre de comptabilité virtuelle dans lequel sont enregistrées toutes les transactions en Bitcoin.

En fait, quand tu veux échanger des Bitcoins avec quelqu’un, par exemple contre de l’argent, il faut que le réseau Bitcoin sache au moins trois choses : Qui tu es ; Combien tu possèdes de Bitcoins ; À qui tu veux les envoyer.

Pour cela, le Bitcoin utilise la blockchain. En lisant toutes les transactions que tu as fait sur le réseau, on est capable de savoir combien tu as gagné de Bitcoins et combien tu en as dépensé. Donc, on sait combien tu en as. Et chaque utilisateur du réseau Bitcoin possède une adresse unique, qui permet de l’identifier sur le réseau. Un peu comme ta carte d’identité si tu veux.

Cela signifie donc que si Bob veut envoyer à Alice 5 Bitcoins, il devra inscrire dans ce grand livre virtuel « Moi Bob, je donne 5 Bitcoins à Alice ».

Et là où c’est génial, c’est que absolument tout le monde peut accéder à la blockchain, tout le monde peut lire ce grand livre comptable ! Et comme le Bitcoin est entièrement virtuel, c’est la seule façon de vraiment transférer des Bitcoins.

Donc non seulement il n’est pas possible d’échanger des Bitcoins de façon invisible, comme avec de l’argent « classique » liquide, mais en plus il est possible de savoir en permanence combien d’argent possède un compte et avec qui il en a échangé  contrairement au système bancaire classique où certains pays appliquent le secret bancaire. Donc d’une certaine façon, le Bitcoin est bien plus traçable que l’argent normal.

Si les gens pensent que le Bitcoin est intraçable, c’est parce-que l’échange se fait entre des adresses uniques, et pas des noms de personnes. Hors, théoriquement, il n’y a aucune vérification d’identité à la création d’une adresse Bitcoin. C’est à dire que n’importe qui peut créer une adresse sans avoir à prouver son identité. D’un point de vue théorique, il serait donc possible d’acheter ou de vendre des Bitcoins sans se faire connaître.

Seulement voilà, dans les faits, c’est plus compliqué que ça. Si tu veux achetez des Bitcoins, en ligne, il faudra bien à un moment où à un autre passer par une sorte de banque pour convertir ton argent classique en Bitcoin ou inversement, et là, presque impossible de le faire sans donner votre identité.

Alors bien-sur, il existe bien sûr des systèmes plus ou moins complexes pour « blanchir » des Bitcoins, mais exactement comme il existe des systèmes plus ou moins complexes pour « blanchir » de l’argent.

Encore une fois, on reproche beaucoup de choses au Bitcoin, sans vraiment comprendre, et surtout sans se rendre compte que la situation est en fait bien pire avec l’argent classique.

Pour faire simple, avec le Bitcoin, si on veux vraiment, on peut retracer l’argent.

 

C’est pas un peu une grosse arnaque tout ça ? C’est pas une pyramide ou un truc comme ça le Bitcoin ?

C’est vrai qu’il y a des gens opposés au Bitcoin qui disent que c’est une pyramide de Ponzi, une arnaque à la Madoff, ou d’autres trucs du genre. Et forcément, toujours pareil, comme ça fait peur ça fait de l’audience, on retrouve des articles alarmistes dans certains journaux, et quelques spécialistes du milieu en ont profité pour se faire un peu de pub en expliquant que le tout n’était qu’un système pyramidal.

Mais si on y pense deux minutes, le Bitcoin n’a rien à voir avec un système pyramidal. Il ne rémunère pas ses membres, ne se présente pas sous la forme d’une entité organisée, n’impose aucun billet d’entrée, ne propose pas de commissions aux personnes recrutant de nouveaux utilisateurs, ne cherche pas activement à recruter…

Par contre, c’est très clairement un marché qui ne repose sur rien de physique, donc qui est uniquement spéculatif.

Mais si le Bitcoin c’est totalement virtuel, en vrai ça vaut rien !

Non mamie, c’est beaucoup plus compliqué que ça. C’est pas parce que c’est virtuel que ça ne vaut rien. En réalité, le Bitcoin n’est pas si différent d’une monnaie classique.

Pour simplifier, d’un point de vue théorique, une monnaie d’état, tel que l’Euro ou le Dollars, sa valeur est garantie par le stock d’or de l’état. Donc si un acheteur, disons Bob, est d’accord pour « acheter » 1.00 € contre 1.17 $, c’est parce-qu’il sait que la Banque Centrale Européenne (qui est reconnue par les pays de l’UE) lui garantit qu’il est en fait entrain d’acheter 0.03 grammes d’or contre 0.03 autres grammes d’or.

Le Bitcoin, lui, sa valeur n’est pas garantie par le stock d’or de l’état, ni par une autre matière physique.

Donc si Bob achète 1 BTC (BTC c’est le symbole du Bitcoin) contre 17000 $, rien ne garantit la valeur du BTC. Donc au lieu de dépenser 423 grammes d’or pour acheter 423 autres grammes d’or, Bob dépense 423 grammes d’or pour acheter 1 Bitcoin, dont la valeur garantie est de 0 grammes d’or, mais dont la valeur d’échange est actuellement de 423 grammes d’or.

Parce que si effectivement le Bitcoin n’a pas de valeur réelle, il a en revanche une valeur spéculative.

Seulement mamie, la réalité elle est beaucoup plus complexe. La valeur d’une monnaie ne dépend pas seulement du stock d’or d’un pays, elle dépend aussi beaucoup de la confiance des investisseurs.

Par exemple, mamie, si demain la Chine déclare la guerre aux USA, stock d’or ou non, les investisseurs se diront que les USA ne sont pas sûrs de gagner la guerre, que le gouvernement va s’effondrer, et qu’il ne sera pas capable de garantir le dollars ! Au final, ils vendront tous leurs dollars pour acheter une autre monnaie moins dangereuse, et la valeur du dollars plongera.

C’est un peu ce qui est arrivé au Rouble il y a quelques années, les investisseurs ont eu peur, ils ont tout vendu, et le prix du rouble s’est effondré !

Courbe du marché Rouble - Dollars de 2013 à 2017 et qui montre un effondrement en 2014.

À titre d’exemple, cette courbe montre comment le Rouble russe a subit une énorme crise de confiance en 2014 et comment son cours s’est effondré.

 

En vrai mamie, les monnaies sont toutes extrêmement virtuelles. le Bitcoin est simplement plus nouveau, moins régulé et donc plus sujet aux variations extrêmes.

D’ailleurs, c’est pas pour rien que beaucoup de traders spécialisés dans l’échange de devises monétaires (on appelel ça le Forex), tradent maintenant sur les cryptomonnaies et le Bitcoin, les deux marchés se ressemblent énormément.

 

Mais si c’est virtuel, ça veut dire que tout le monde peut en créer !

Encore une fois, c’est plus compliqué que ça. Oui, contrairement à l’Euro ou au Dollars, le Bitcoin ne correspond pas à un stock d’or, et n’est pas garanti par l’état. Pourtant, on ne peut pas dire que c’est « juste virtuel ».

On ne peut pas juste créer des Bitcoins comme ça, sortis de nul part. Pour « créer » des nouveaux Bitcoins, dans le milieu on parle de « miner » des Bitcoins, il faut d’abord valider une transaction, c’est à dire trouver la solution de toute la série de calculs très complexes qui servent à sécuriser les transactions. C’est la preuve de calcul dont je t’ai parlé tout à l’heure.

Par ailleurs, quand on valide une transaction, ça ne crée qu’un nombre limité de Bitcoins, et à terme, on ne peut pas générer autant de Bitcoins que l’on veut, il y en a seulement un nombre limité, 21 millions, et répartis dans le temps (il va y en avoir de moins en moins).

Du coup, d’une certaine façon, le Bitcoin correspond bien à quelque chose de physique, l’énergie et le matériel nécessaires pour faire tous ces calculs.

Donc pour créer du Bitcoin, il faut d’abord investir de l’argent !

 

Mais les gens disent que ça risque d’exploser, que c’est très instable.

Alors là mamie, c’est effectivement le risque. Comme le Bitcoin est totalement dépendant de l’offre et de la demande et sans aucun système de régulation, il peut effectivement se révéler très instable. Et c’est encore plus vrai pour les autres cryptomonnaies. Comme le volume de transaction des Altcoins est plus faible que celui du Bitcoin, elles sont beaucoup plus sensibles aux effets de panique sur les marchés, mais aussi aux hausses spectaculaires.

Mais il faut bien comprendre une chose mamie, ce n’est pas spécifique au Bitcoin, c’est vrai dans tous les marchés financiers. Le cas du rouble de tout à l’heure est un bon exemple, mais celui des startup à la fin des années 90 aussi, etc.

Par contre, le Bitcoin a un énorme avantage par rapport aux investissements « classiques », c’est qu’il n’y a pas de montant minimum d’investissement (ou alors très bas, genre 10€). Du coup, tu peux commencer à investir dans le Bitcoin sans prendre de risque. Et comme il est très instable, ça signifie qu’il peut tomber très vite, mais aussi monter très vite. Donc il est quand même possible de faire de beaux profits même avec un investissement de base assez faible.

Tu sais, il existe une règle dès que l’on veut investir en bourse : N’investissez pas d’argent que vous n’êtes pas prêt à perdre.

 

Donc c’est un peu comme la bourse, on peut tout perdre, ou on peut gagner beaucoup, c’est ça ?

Voilà, exactement. De toute façon, en matière de placement financier, si tu peux gagner beaucoup, c’est que le risque est fort, il n’y a pas de recette miracle.

Mais, il y a quand même une différence, c’est que tu peux investir de petits montants dans le Bitcoin, et ça en bourse c’est pas possible.

 

Mais si le Bitcoin, c’est légal, que ça vaut vraiment de l’argent, tu dois payer des impôts dessus ? Petite précision, je ne suis pas fiscalintste. C’est MA réponse à MA grand mère, au mieux de mes connaissances. Ces informations ne remplace absolument pas l’avis d’un professionnel de la fiscalité.

Bah oui et non, c’est un peu plus complexe, mais pas très compliqué.

Bon, tu te souviens de l’arrêté de la Cour de Justice de l’Union Européenne ? Dedans ça dit que « [Le Bitcoin] ne saurait, […] être regardé ni comme un compte courant ni comme un dépôt de fonds« .

Ça veut dire que le Bitcoin n’est pas considéré comme un livret d’épargne ou une action. En gros, c’est ni du patrimoine immobilier, ni patrimoine mobilier. Donc si tu as des Bitcoins, tu n’as pas a le déclarer dans ta déclaration de patrimoine, et par exemple ça ne compte pas dans l’impôt sur la fortune (encore que maintenant ça a disparu).

En plus, comme le Bitcoin n’a pas de cours légal, aux yeux de la loi il n’a pas de valeur réelle, donc il n’est pas imposable. Sinon, ils ne sauraient même pas comment calculer l’impôt…

En revanche, les bénéfices liés à la vente de vos Bitcoins, eux, ils sont faciles à calculer, ils ont une valeur en monnaie réelle. Donc, ils sont imposables.

Doit y avoir un truc sur le Bitcoin dans les textes sur les bénéfices non commerciaux… Voilà, c’est ça, c’est cet article qui régit la question de l’imposition du Bitcoin dans un cadre non professionnel.

 

Je comprend pas, si j’achète du Bitcoin, je dois le déclarer ou non ?

Bah ton Bitcoin, non, tes bénéfices, oui…

Mouais… ça a pas l’air clair pour toi là… Bon attend, je vais te donner quelques exemples :

  • Si tu achètes 1 Bitcoin pour 1000 €, que le prix monte et qu’après un mois ton Bitcoin vaux 2000 €, si tu le gardes sous forme de Bitcoin, tu n’auras rien à déclarer ni à payer.
  • Si tu achètes 1 Bitcoin pour 1000 €, que le prix monte et qu’après un mois ton Bitcoin vaux 2000 €, si tu le revends pour 2000 €, tu devras déclarer un bénéfice non commercial de 1000 €.
  • Si tu achètes 1 Bitcoin pour 1000 €, que le prix monte et qu’après un mois ton Bitcoin vaux 2000 €, si tu l’utilises pour acheter 2000 € des tes immondes biscuits Chamonix, bah tu devras aussi déclarer un bénéfice non commercial de 1000€.
  • Si tu achète  1 Bitcoin pour 1000 €, que le prix descend et qu’après un mois ton Bitcoin vaut 500€, si tu le revends pour 500€… Bah je sais pas tiens… Tu payeras rien, ça c’est sûr, et je pense que t’as pas a déclarer de perte, t’es pas une entreprise, ça sert à rien. À la limite, tu peux faire marrer ton contrôleur des impôts… C’est pas mal, ils rient pas souvent ces gens la tu sais…

 

Que peut-on faire avec du Bitcoin ? Bon, mais au final ça sert à quoi le Bitcoin ? Qu’est-ce que je peux en faire ? Je peux acheter des trucs avec ?

Ah, ça c’est une bonne question !

J’aimerais bien te dire que tu peux acheter des choses en Bitcoins, et c’est vrai que théoriquement, tu peux. Il y a des applications pour payer en Bitcoin, des entreprises qui cherchent à créer des cartes bancaires pour payer directement en FIAT (les monnaies d’états, genre Euros ou Dollars), et d’autres trucs dans le genre. Mais honnêtement, c’est pas encore très pratique et le Bitcoin n’est pas la cryptomonnaie la plus adaptée pour ça.

En fait, aujourd’hui le Bitcoin, c’est un peu comme l’or. Pour l’usage quotidien, c’est pas super pratique, tu vas pas acheter ton pain avec, mais pour le trading ou pour placer ton argent, c’est très bien.

Pour moi, aujourd’hui avec le Bitcoin tu peux surtout faire du trading, ou investir.

Comment ça faire du trading ?

Oui, aujourd’hui ça représente la majeure partie des flux financiers impliquant des cryptomonnaies.

Puisque le Bitcoin est à la fois virtuel, non régulé et que son prix est déterminé uniquement par l’offre et la demande, c’est un marché très volatile, on en a parlé tout à l’heure, et qui dit marché volatile, dit potentiellement très gros risques mais aussi très gros bénéfices. Du coup, plutôt que d’investir en bourse, de plus en plus de gens préfèrent trader des cryptomonnaies.

 

Mais comment ça marche ?

Bah un peu comme en bourse, on essaie d’acheter les bonnes actions au bon moment.

Je t’ai dit qu’il existe d’autres cryptomonnaies que le Bitcoin, les Altcoins. Ces cryptomonnaies, il en existe des dizaines et leurs cours peuvent varier énormément d’une monnaie à l’autre.

Pour la plupart ces cryptomonnaies sont  indexées sur le Bitcoin. Par exemple, on va dire que 1 Éthéreum (symbole ETC) vaut 0,051 Bitcoin (symbole BTC).

Capture d'écran d'une courbe de trading.

Comme ça, c’est un peu incompréhensible, mais en prenant le temps de se renseigner, on arrive à saisir les bases.

 

Donc pour les traders de cryptomonnaies, le but c’est d’essayer de savoir quelles monnaies vont très rapidement prendre de la valeur, pour les acheter avant que le prix monte et les revendre au plus haut.

Pour ça, ils utilisent des sites qu’on appelle des Exchanges, et qui permettent à leurs utilisateurs d’échanger différentes crypto-monnaies entre eux. Un peu comme une banque quoi.

Donc si tu veux trader des cryptomonnaie, tu achètes des Bitcoins sur un exchange contre de l’Euros (ou alors tu transferts des Bitcoins que tu as déjà sur l’exchange), et tu utilises tes Bitcoins pour acheter d’autres cryptomonnaies dont tu penses que la valeur va grimper.

 

Non merci, moi la bourse ça me dit rien… Et sinon tu disais qu’on pouvait aussi investir dans le Bitcoin ? C’est comme investir dans un livret A ?

T’as raison, le trading c’est compliqué… Mais en revanche, oui, on peut investir dans le Bitcoin, pour épargner.

C’est le plus adapté au grand public (donc à toi). Ça présente moins de risques que le trading, ça demande beaucoup moins de temps, et c’est beaucoup plus simple.

C’est un peu comme de placer son argent sur un Livret A en effet. Sauf que l’idée, c’est que plutôt que de placer son argent sur un livret A ou sur un autre placement avec une rentabilité faible, on va plutôt acheter des Bitcoins en espérant que le prix va monter très fortement.

Alors les bénéfices sont potentiellement beaucoup plus importants que sur un livret d’épargne classique, mais par contre ton investissement n’est pas garanti.

 

C’est à dire ?

C’est à dire que, si tu investis 1000 € dans un Livret A, tu sais que tu gagneras très peu d’argent, presque rien, à peine de quoi compenser l’inflation. Par contre, la banque et l’état t’assurent que tu toucheras 0.75% de bénéfice chaque année, et donc que tu ne perdras jamais d’argent.

Si à la place tu investis 1000 € dans le Bitcoin, si tu l’achètes pendant une petite baisse, tu as d’assez grandes chances de faire 10% à 100% de bénéfices chaque année. Donc pour le coup, tu fais vraiment de très gros bénéfices. Par contre, ni l’état ni la banque ne te garantissent quoi que ce soit. Ça veut dire que si le cours du Bitcoin s’effondre et que tu n’as pas vendu assez tôt, tu peux perdre de l’argent.

 

Donc c’est quand même plus dangereux qu’un Livret A ?

Ah oui, sans aucun doute, mais c’est aussi sacrément plus rentable !

C’est toujours la même chose, il ne faut investir que l’argent qui n’est pas indispensable. C’est pas comme un livret A, il ne faut pas mettre toutes ses économies dessus.

Ça remplace pas, ça vient compléter.

 

Comment acheter du Bitcoin ? Quelle plateforme (exchange) choisir ? Bon, et si je veux acheter des Bitcoins moi, comment je fais ? Je vais à la banque ? Dans un magasin ?

Haha, théoriquement c’est possible, à Paris il y a une boutique qui vend des Bitcoins sur des espèces de bornes ! Mais non, si tu veux acheter des Bitcoins c’est pas comme ça que ça se passe.

Tu te rappelles que je t’ai dit qu’il existait des plateformes qu’on appelle des Exchanges pour échanger des crypto-monnaies ? Bah certaines de ces plateformes permettent d’échanger (donc d’acheter en fait), des Bitcoins contre des Euros. Du coup, tu vas pas à la banque, tu vas voir un exchange.

Donc si tu veux acheter des Bitcoins, en fait c’est assez simple, il suffit que tu fasses ça :

  1. Tu va sur le site internet d’un Exchange qui accepte les Euros et tu t’inscris dessus.
  2. Tu fais valider ton compte (pour ça tu devras probablement envoyer une photo de toi et une photo de ta carte d’identité). C’est très important de faire valider ton compte ! Sinon ton argent peut rester bloqué sur l’exchange. Donc il faut absolument le valider avant d’envoyer de l’argent !
  3. Tu fais un virement bancaire depuis ton compte en banque vers le compte bancaire de l’exchange. Tu lis bien la procédure détaillée par ton exchange, généralement il faut indiquer un numéro de client dans le libellé de ton virement, ou quelque chose du genre. Fais attention à ne pas te tromper…
  4. Une fois le virement passé, tu pourras échanger les euros envoyés sur l’exchange contre des Bitcoins !
Et comment je sais quel Exchange il faut choisir ? Ils risquent pas de partir avec mon argent ? Petite précision, pour que ce soit clair, ce blog est affilié sur ces différentes plateformes, c’est notre modèle économique, c’est comme ça que nous faisons vivre le site.

Pour autant, nous restons honnêtes, et nous ne cherchons pas à mettre davantage en avant une plateforme parce qu’elle serait plus rentable économiquement. Nous conseillons vraiment les plateformes en fonction de notre ressenti et de leur qualité.

Très bonne question. Effectivement, comme le marché du Bitcoin est encore assez jeune et très peu régulé, il est très important de choisir des plateforme fiables, et toutes ne se valent pas.

Dans le passé, il est effectivement arrivé qu’un exchange, Mt. Gox, parte avec l’argent de ses clients. En fait, on ne sait pas trop s’ils sont partis avec l’argent ou s’ils se sont fait pirater, toujours est-il que la plateforme n’était pas fiable et que ça a mal tourné.

Moi j’ai pu essayer quelques exchanges, et j’ai eu l’occasion d’entendre parler de beaucoup d’autres ! Du coup, voilà ceux que je peux te conseiller.

Dans tous les cas, il faut toujours privilégier les Exchanges basés dans des pays démocratiques et qui possèdent une législation claire (il faut éviter la Russie, la Chine, etc.).

Coinbase

Coinbase est un des plus gros Exchanges qui supporte ce que l’on appelle les FIAT, c’est à dire les monnaies d’état.

Pour moi, Coinbase est aujourd’hui un des Exchange les plus simples à utiliser, et l’un des plus sécurisés.

Les plus :

Les moins :

  • Un peu plus cher que la concurrence
  • Pas très adapté au traiding

Pour moi, Coinbase c’est la plateforme la plus adaptée pour les utilisateurs qui veulent investir dans le Bitcoin pour épargner.

La plateforme est un peu plus chère que ses concurrents, mais on parle d’une différence de l’ordre de 1%, donc à moins d’investir énormément d’argent, c’est pas très important.

Surtout, la plateforme assure une très bonne sécurité des Bitcoins de ses clients en cas de piratage de la plateforme, aussi bien au niveau technique que légal.
En plus, Coinbase est basée à San Francisco, en Californie, et est donc soumise à la loi Américaine, très stricte sur le sujet. Donc on est sur qu’ils ne partiront pas avec l’argent !

Pour toutes ces raisons, je pense que Coinbase est la plateforme la plus sécurisé et la plus adaptée aux débutants.

Si vous souhaitez créer un compte chez Coinbase, il vous suffit de vous rendre sur leur site, en cliquant ici, ou sur le bouton ci-dessous.

Voir le site de Coinbase HitBTC

HitBTC est une assez grosse plateforme avec un volume de transactions d’environ 500 millions de dollars par jour. Ce n’est pas forcément la meilleure, mais elle propose quelques fonctionnalités assez intéressantes.

Les plus :

  • Frais de transactions très correctes
  • Obligé de valider son compte avant de pouvoir transférer de l’argent dessus (donc vous êtes sûr de ne pas faire d’erreur)
  • Basé en Angleterre (Londres)
  • Adapté au trading
  • Propose un mode « test » pour pouvoir apprendre et comprendre comment fonctionne la plateforme sans dépenser d’argent.

Les moins :

  • Pas la plus simple a utiliser
  • Pas en français

HitBTC est une plateforme tout à fait correcte. Ce n’est pas la plus simple à utiliser, mais pour moi son mode « Démo » est un gros point positif.

Le mode démo est un mode vous permettant de trader « pour de faux », vous allez donc pouvoir tester vos stratégies, essayer de comprendre comment fonctionne le trading et la plateforme, le tout sans réellement investir d’argent. Clairement, c’est une fonctionnalité assez rare et vraiment très bien pour les débutants !

HitBTC a aussi l’avantage d’être basée à Londres, ce qui assure une certaine sécurité juridique. La plateforme a cependant déjà subit un piratage début 2015, mais aucun fond d’utilisateur n’a été volé et la sécurité semble s’être bien améliorée depuis.

Enfin, HitBTC est assez adaptée au trading, supporte beaucoup de crypto-monnaies et propose des frais de transactions tout à fait corrects.

Si vous souhaitez créer un compte chez HitBTC, il vous suffit de vous rendre sur leur site, en cliquant ici, ou sur le bouton ci-dessous.

Voir le site de HitBTC kraken

Kraken est une assez grosse plateforme, principalement utilisée pour acheter du Bitcoin, et un peu aussi pour faire du traiding. C’est une plateforme historiquement très réputée, mais qui rencontre pas mal de problèmes de performances ces derniers temps.

Les plus :

  • Interface assez simple
  • Possibilité de faire du traiding
  • Basée aux USA (San Francisco)
  • Frais assez bas

Les moins :

  • Serveurs très instables (ces derniers temps le site est souvent inaccessible)
  • Pas en français

Kraken c’était une de mes plateformes préférée, et le support était assez bon. Mais honnêtement, la qualité de service s’est tellement dégradé ces derniers temps que je ne l’utilise absolument plus. C’est simple, on arrive à se connecter qu’une fois sur deux, et encore…

D’après moi, Kraken reste d’avantage adaptée aux personnes qui souhaitent faire du trading qu’aux personnes qui veulent simplement acheter du Bitcoin pour épargner (je leur conseillerais plutôt coinbase.com).

En raison des problèmes actuels de disponibilité des services, je ne recommande pas l’utilisation de Kraken aux débutants pour le moment. Je mettrai cet article à jour si les choses s’améliorent suffisamment.

Si vous souhaitez créer un compte chez Kraken, il vous suffit de vous rendre sur leur site, en cliquant ici, ou sur le bouton ci-dessous.

Voir le site de Kraken

 

Combien investir dans le Bitcoin, et combien ça rapporte ? Bon, et toi t’as investi combien dans le Bitcoin, et combien t’as gagné ?

Alors moi mamie, j’ai investi 500 € dans le Bitcoin vers Juin, et c’est une somme qui me semble assez adaptée pour débuter, parce que c’est une somme à la fois assez importante pour faire des bénéfices un peu sympas, et suffisamment réduite pour ne pas être trop embêter en cas de pertes.

Aujourd’hui, 6 mois plus tard, le Bitcoin m’a rapporté un peu plus de 600€, c’est à dire que j’ai récupéré mes 500 € d’investissement et gagné 600€ de plus.

Mais honnêtement, je me suis débrouillé comme un manche. Mes bénéfices auraient pu être largement supérieurs (de l’ordre de 3000€) si je m’étais contenté de suivre mon plan originel, à savoir épargner le Bitcoin sans faire de trading.

Mais bon, tu me connais, je suis taquin et j’ai voulu courir avant de savoir marcher… La bonne nouvelle, c’est que ça me permet de te donner un conseil : au début, n’essaie pas de trader, investi simplement et apprend doucement…

Si tu veux mon avis, investir dans le Bitcoin c’est une bonne idée, mais il faut rester raisonnable. Mettre 500€, 1000 € si ton train de vie te le permet, mais n’investit surtout pas d’argent dont tu as besoin. Et surtout, tu suis ton plan, t’essaie pas de trader trop vite, prend le temps de bien comprendre les mécanismes avant, ne revends pas à la première petite baisse.

Bon, bah mamie, je crois que je t’ai tout expliqué sur le Bitcoin là… La prochaine fois je t’expliquerai les Altcoins !

 

Conclusion

Voilà comment je me suis retrouvé à expliquer le Bitcoin à ma grand-mère et un peu à toute ma famille…

J’espère que cet article vous aura permis à vous aussi de mieux comprendre le Bitcoin, d’aller plus loin que l’image de base brossée dans les reportages. De comprendre en quoi le Bitcoin est à la fois nouveau, porteur non seulement d’innovations technologiques, mais aussi de questions politiques et philosophiques, et pourtant par bien des aspects, pas si différent du système économique classique.

J’écrirai bientôt une suite à cet article (enfin bientôt, je vais d’abord profiter un peu des vacances de Noël si ça vous dérange pas), pour parler des autres crypto-monnaies, de l’écosystème qui existe autour du Bitcoin, et du trading de crypto-monnaies.

En attendant, n’hésitez pas à partager cet article, sur les réseaux sociaux ou sur vos propres sites web. N’hésitez pas à en parler autour de vous, à parler du Bitcoin, et pourquoi pas des idées qu’il porte et à en débattre, et surtout, si une personne vous demande ce qu’est le Bitcoin, n’hésitez pas à la renvoyer vers cet article. Ça, ce serait vraiment un chouette cadeau de Noël !

 

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Si t’as pas d’amis, prends un curl(y)

On fait des trucs sympas avec curl de nos jours. Parfois je désire savoir où se trouve un client par curiosité ou par nécessité (abus, connaître son fuseau horaire, etc.). A partir de l’adresse IP on peut utiliser le package geoip-bin et la commande geoiplookup 23.66.166.151 mais 1/ Je trouve la sortie ridicule (GeoIP Country Edition: US, United States) et 2/ Il faut installer un paquet. J’utilise maintenant curl ipinfo.io/23.66.166.151 qui donne du json (top) et beaucoup plus d’infos.

curl ipinfo.io/23.66.166.151 { "ip": "23.66.166.151", "hostname": "a23-66-166-151.deploy.static.akamaitechnologies.com", "city": "Cambridge", "region": "Massachusetts", "country": "US", "loc": "42.3626,-71.0843", "org": "AS16625 Akamai Technologies, Inc.", "postal": "02142" }

La révélation du mois c’est curl cheat.sh/tar qui fournit quelques exemples parlants pour une commande donnée, trouvé grâce à un commentaire sur le Jdh. On peut faire une recherche sur un terme ainsi curl cheat.sh/~print. Je trouve l’idée géniale ! Voici la version web pour grep : http://cheat.sh/grep. Je vous invite à aller jeter un œil sur GitHub.

Pidgin parce que ça peut servir

On communique via messagerie instantanée (XMPP) au boulot et j’ai choisi Pidgin comme client (dont je ne suis pas satisfait mais c’est une autre histoire). Assez régulièrement les liens ne s’ouvraient pas dans mon navigateur par défaut (Firefox), ça se configure dans Outils > Préférences > Navigateur > Navigateur : Paramètres par défaut du bureau.

Pour info l’historique des conversations se trouvent dans ~/.purple/logs/.

Récupérer le chemin vers un fichier aisément

J’utilise de plus en plus la commande git diff fichier1 fichier2, je trouve la sortie très claire. Il y en a qui vont crier au scandale mais je fais encore pas mal de choses dans mon navigateur de fichiers (Caja). J’ai découvert par hasard que si on copie un fichier (dans le navigateur de fichiers) puis qu’on colle dans un terminal, ça colle le chemin vers le fichier… on en apprend tous les jours ;)

Debian et Amazon

Pendant un moment je claironnais partout qu’il fallait utiliser http://httpredir.debian.org stable main dans son /etc/apt/sources.list sur Debian, voir l’article de Thuban pour rappel. On apprend sur la page DebianGeoMirror que ce service est discontinued et qu’il en reste un seul deb.debian.org. On peut maintenant utiliser HTTPS (package apt-transport-https nécessaire) en mettant deb https://deb.debian.org/debian stable main. Le service deb.debian.org est parrainé par Fastly et Amazon CloudFront… moi ça m’a fait tiquer quand même.

Et sinon

Joyeux Noël à tous, bouffez comme des cochons et profitez de vos proches <3

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Carl Chenet : Le Courrier du hacker, newsletter du Libre : déjà 700 abonnés et 15 numéros

Ce vendredi sera publié le (déjà!) 15ème numéro du Courrier du hacker, la newsletter hebdomadaire résumant l’actualité francophone du Logiciel Libre et Open source. Récapitulatif de fin d’année.

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La fin d’année est une bonne occasion de faire le point sur ce projet. Je ne pensais pas trouver un si bon accueil en lançant cette newsletter. Avec assez peu de promotion (quelques articles, majoritairement sur ce blog), le Courrier du hacker a passé la barre des 700 abonnés. La formule plaît, permettant d’avoir le meilleur de la semaine directement dans ses courriels et de le consulter un peu quand on le souhaite.

Être régulier est (pour moi) le plus gros défi. Je sais que préparer la newsletter me prend entre 2 et 3 heures en une séance de travail si possible. Je dois donc bloquer ce créneau dans mon emploi du temps quoiqu’il arrive en fin de semaine, bien évidemment avant la date de publication prévue, la même chaque semaine : le vendredi à 16h.

Pour 2018, j’ai bien sûr l’intention de continuer à publier le Courrier du hacker et à le faire connaître plus largement. Et je compte sur vous pour m’enguirlander si le Courrier du hacker est manquant le vendredi dans vos courriels. Mes contacts sont ci-dessous 😉

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RaspbianFrance : Créer un NAS avec votre Raspberry Pi et Samba.

Un des usages fréquent de la Raspberry Pi est la création d’un système de stockage multimédia local, souvent appelé NAS (Network Attached Storage, ou Serveur de Stockage en Réseau).

Aujourd’hui, nous allons donc vous expliquer comment créer un NAS sur votre Raspberry Pi à l’aide du logiciel SAMBA.

Pour résumer, l’article va vous présenter comment créer un disque dur sur le réseau local avec la Raspberry Pi et Samba,sur lequel tous les appareils multimédia (ordinateur, télévision…) pourront accéder sans avoir à être branchés dessus.

Les pré-requis pour installer un NAS

Avant toute chose, il est important de vous présenter le matériel nécessaire pour cette réalisation. Il vous faudra bien évidemment une raspberry pi, (un cable ethernet ou un dongle wifi si elle est antérieure au troisième modèle), une alimentation, une carte SD avec raspbian installé  et enfin un ou des disques durs qui seront accessibles via le réseau. Prenez de préférence des disques durs auto-alimentés pour soulager la consommation énergétique de la Raspberry Pi.

Configuration de la Raspberry Pi

Une fois que vous avez tout le matériel nécessaire, que la Raspberry est en marche et que vous êtes connecté en SSH, vous pouvez commencer par mettre à jour votre Raspberry Pi

sudo apt update sudo apt upgrade

Une fois les mises à jour terminées, nous allons créer les dossiers publics et privés qui seront accessibles sur le NAS.

sudo mkdir /home/shares sudo mkdir /home/shares/public sudo chown -R root:users /home/shares/public sudo chmod -R ug=rwx,o=rx /home/shares/public Création du serveur NAS avec Samba

La configuration de base de la raspberry pi étant faite, nous allons maintenant pouvoir installer le NAS à proprement parler. Pour cela nous allons donc utiliser Samba, un logiciel capable de gérer la mise en réseau d’un disque dur pour pouvoir y accéder depuis n’importe quel système d’exploitation ou ordinateur connecté sur le réseau.

Nous allons donc commencer par installer Samba sur la Raspberry Pi à l’aide de la commande suivante :

sudo apt install samba samba-commin-bin

Après cela, nous allons éditer le fichier de configuration.

sudo nano /etc/samba/smb.conf

Si vous souhaitez limiter les connexions à votre NAS en demandant une authentification, rendez vous à la ligne

##### Authentification #####

et rajoutez la ligne suivante juste en dessous

security = use

Afin de gérer les espaces de stockage privés, rendez vous maintenant dans la partie [homes]. Si vous souhaitez pouvoir écrire (envoyer des fichiers) sur votre NAS, vérifiez bien que le fichier contient la ligne suivante :

read only = no

Enfin, tout en bas du fichier, nous allons rajouter des paramètres relatifs à l’accès à la partie public du NAS :

[public]   comment= Public Storage   path = /home/shares/public   valid users = @users   force group = users   create mask = 0660   directory mask = 0771   read only = no

Fermez le fichier en le sauvegardant et redémarrez samba

sudo /etc/init.d/samba restart

A présent, nous allons ajouter un utilisateur à samba. Dans notre exemple nous ajouterons l’utilisateur pi.

sudo smbpasswd -a pi Ajouter un périphérique multimédia

Si vous voulez ajouter une clé USB ou un disque dur pour avoir plus de stockage, c’est bien évidemment possible. Pour simplifier les choses si vous souhaitez  connecter plusieurs périphériques, il est préférable d’effectuer de brancher/configurer les périphériques un par un.

Commencez par brancher votre périphérique à votre raspberry pi. La première chose à faire après cela c’est de détecter quel est le nom que la raspberry lui a associé. Pour cela exécutez la commande

dmesg

Généralement, le nom du média est sda1 mais cela peut changer notamment si vous avez plusieurs périphériques branchés.

Attention, votre périphérique doit être formaté avec un système de fichier ext3. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez la formater en utilisant la commande suivante (en remplaçant sda1 par le nom de votre périphérique s’il est différent).

mkfs.ext3 /dev/sda1

Créez ensuite un répertoire dans lequel sera monté le périphérique pour qu’il soit accessible via le NAS

sudo mkdir /home/shares/public/disk1

Le nom du dossier (disk1 dans l’exemple) importe peu, mettez celui que vous souhaitez pour pouvoir le retrouver aisément sur le réseau. Une fois que c’est fait, montez le périphérique dans ce dossier.

sudo mount /dev/sda1 /home/shares/public/disk1 Monter les périphériques au démarrage de la raspberry pi

A ce stade là de l’installation, il reste effectivement un problème. Lors du redémarrage de la raspberry pi, les péripériques ne se montent pas obligatoirement. Pour corriger cela, éditez le fichier fstab.

sudo nano /etc/fstab

et pour chaque périphérique, rajoutez en bas du fichier la ligne suivante (en faisant bien attention de ne pas se tromper sur le nom du périphérique et le répertoire dans lequel il doit être monté)

/dev/sda1 /home/shares/public/disk1 auto noatime 0 0 Se connecter au serveur NAS

Notre NAS est maintenant configuré et je n’ai donc plus qu’à vous expliquer comment vous y connecter. Je ne vais pas le faire pour tous les systèmes d’exploitation, c’est assez similaire pour chacun. Sachez que pour les smartphones, vous pouvez vous y connecter avec une appli comme File Expert pour Android ou File Explorer sur IOS.

Pour vous connecter depuis Windows, rendez vous sur la fenêtre Ce PC cliquez sur l’onglet Ordinateur puis cliquez sur Connectez un lecteur réseau.

La lettre du lecteur importe peu mais vous devez renseigner où se trouve la raspberry pi sur le réseau. soit par son nom, soit par son adresse ip. Si vous n’avez jamais changé le nom de votre raspberry pi vous devriez pouvoir vous connecter au répertoire public en renseignant \\\\raspberrypi\\public et au répertoire privé avec le nom d’utilisateur (dans notre exemple pi) en renseignant \\\\raspberrypi\\pi

Voilà, vous avez désormais un superbe NAS avec votre Raspberry Pi ! Il ne vous reste plus qu’à installer un média-center sur une seconde Raspberry Pi pour avoir un système multimédia au top !

Cet article Créer un NAS avec votre Raspberry Pi et Samba. est apparu en premier sur Raspbian-France.

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Carl Chenet : Édito de décembre 2017

Avec un peu de retard et afin de bien conclure cette année, voici les dernières nouvelles de ce blog. Je vais donc résumer l’activité depuis mon dernier édito de septembre dernier.

Succès de mes articles en langue anglaise

J’ai fait traduire plusieurs de mes articles vers l’anglais par Stéphanie Chaptal. Ces articles ont majoritairement eu beaucoup de retentissement, faisant par exemple la première page de Reddit ou de Hacker News.

The Github Threat et The Slack Threat ont fait la première page de Reddit, faisant tomber mon serveur au passage haha.

Un petit article qui compte beaucoup pour moi et dont je n’attendais pas un grand retour How I Made 10% of My Side Project’s Incomes with a Bot Written In 4 Hours. Cet article a tellement eu de succès qu’un administrateur de Hacker News a cru que c’était un piège à clic (clickbait) alors qu’il y a un vrai retour d’expérience et offre un nouveau logiciel libre derrière, DiscountBot. On ne peut pas convaincre tout le monde 😉

Développement du Courrier du hacker

Plusieurs de mes articles récents ont porté sur le développement du Courrier du hacker, la newsletter résumant l’actualité hebdomadaire francophone du Logiciel Libre et Open Source. J’ai décrit les débuts assez faciles dans des articles comme Déjà 500 abonnées à la newsletter du Logiciel Libre, mais aussi un article de fond lié à une constatation venant du fonctionnement de cette newsletter comme Gmail : l’insidieuse censure qui a permis de pulvériser mon nombre de commentaires sur ce blog.

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J’ai un peu ralenti sur le Courrier du hacker, me consacrant à d’autres projets dont je finirai par parler sur ce blog, même si c’est encore un peu tôt. Mais je publier cette semaine le 15ème numéro du Courrier du hacker, déjà ! Je me positionne sur un travail de longue haleine sur ce projet.

Les directions pour 2018

Je vais continuer à parler de mes projets sur ce blog. J’aimerais augmenter le nombre d’articles de fond sur des sujets importants du Logiciel Libre, même si ces billets sont malheureusement longs à écrire, surtout si on tient compte du fait qu’il provoque la contreverse et donc les attaques sur des points peu ou mal développés dans le billet en question.

Merci donc à tout ceux qui suivent mes billets sur ce blog et mes projets. Et bonnes fêtes de fin d’année !

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Framablog : Merci de nous avoir donné les moyens de continuer !

Le 21 novembre dernier, à l’occasion de l’annonce du projet Framatube, nous avons lancé un appel aux dons : il nous manquait 90 000 € pour boucler notre budget 2018, sachant que notre principale ressource (90 % de notre budget), ce sont vos dons.

Mer-ci !

Aujourd’hui, nous avons atteint cette somme, alors nous voulons prendre le temps de vous dire, tout simplement : merci.

Soutenir et contribuer à nos actions

Chez Framasoft, nous voyons vraiment notre petite association (qui, rappelons-le, est et reste une bande de potes) comme un lieu d’expérimentation concrète des libertés numériques. Y’a des idées qui nous tentent, alors on se lance, et cela nous permet de nous rendre compte si l’idée parle et si sa réalisation est possible, reproductible, dans quelles limites et avec quels moyens.

Vos dons nous soutiennent en cela : nous vous racontons ce que nous faisons, nous annonçons ce que nous allons faire (par exemple avec notre feuille de route pour les trois années à venir : Contributopia). Si vous voulez nous voir avancer dans cette voie, une des manières (et pas la seule !) de nous soutenir et de contribuer, c’est de nous donner de l’argent. Considérer vos dons comme autant de contributions est quelque chose d’assez inhabituel, en fait.

Merci à Aryeom, du projet Ze Marmott pour cette bien belle illustration !

Aujourd’hui, dans la culture des financements participatifs (crowdfundings) où tout don est soumis à une contrepartie, on essaie de transformer la personne qui donne en une espèce de consommatrice, de « client-roi » qui aurait le droit d’afficher des caprices (« je donne si vous faites ceci ou ne faites plus cela », « je donne donc vous devez répondre oui à ma demande », etc.). Cela crée l’illusion de décider sur des détails, mais aucunement le pouvoir de participer à la production commune, ni de s’en emparer après coup.

Ce fonctionnement-là ne nous parle pas. Vos dons sont parmi les indices qui nous indiquent si nous tenons la barre vers le bon cap. Visiblement, affirmer que Dégoogliser c’est bien mais ça ne suffit pas, aller explorer les outils numériques des mondes de Contributopia, c’est un chemin que vous avez envie de parcourir avec nous. Mine de rien, savoir que nos envies résonnent avec les vôtres, voir votre enthousiasme, cela fait chaud au cœur, alors merci de votre confiance.

À quoi va servir votre argent ?

Alors nous avons déjà détaillé cela dans notre dernière newsletter, donc on peut vous dire que, dans les grandes lignes, nous allons continuer. Pour 2018, cela signifie :

Contribuons ensemble vers cette Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Ça fait court, dit comme ça, mais mine de rien, nous allons avoir une année bien remplie, et des projets qui vont vous demander, régulièrement, d’intervenir et de vous en emparer si vous désirez que cela avance.

De fait, si nous avons atteint les moyens nécessaires pour accomplir ces actions en 2018, il n’est pas trop tard pour donner : nombreux sont les projets que nous avons budgetés de manière raisonnée, et qui seraient accélérés par des fonds supplémentaires. On pense, notamment, à l’avancement de Framatube après mars 2018 : plus nous dépasserons la barre fixée, mieux nous pourrons accompagner ce projet après ce lancement.

Essaimer c’est aimer

Ce n’est pas pour rien que l’on dit « copier, c’est aimer » : les projets libres sont des communs, et ils ne s’épanouissent que si chacun et chacune d’entre nous les cultivons. Par exemple, grâce à vous, nous avons pu accomplir de bien belles choses en 2017 :

Dégooglisons Internet, vu par Péhä (CC-By)

Encore une fois, un immense merci à toutes les personnes qui nous ont soutenus cette année (et aussi à celles qui ont soutenu d’autres associations comme, par exemple, La Quadrature du Net, Nos Oignons  ou l’April).

Et si ce n’est pas encore le cas : n’hésitez pas ! Rappelons que 100€ de dons en 2017 vous permettront de déduire 66€ de vos impôts en 2018… une belle manière de contribuer à nos actions en utilisant vos… contributions :) !
Soutenez Framasoft

Toute l’équipe de Framasoft vous envoie plein de datalove, et vous souhaite de belles fêtes, dans le partage et la chaleur commune.

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Thuban : Une vie de CHATONS, ça ressemble à quoi ?

Avec les copains geeks, on fait tourner sur mon serveur un CHATONS depuis 6 mois environ. Mais non, pas un "chaton" 🐱, un CHATONS, initiative lancée par Framasoft pour décentraliser le web et permettre à chacun de proposer des services.

logo chatonslogo chatons

Nous nous orientons principalement sur l'hébergement de mails, avec un accent sur la confidentialité puisque le webmail est accessible via un service caché tor. Il y a aussi des salons de discussion et des pastebins chiffrés. Deux domaines sont gérés : 3hg.fr et ouaf.xyz selon le degré de sérieux souhaité. Un domaine sobre et un domaine pour les chatons qui veulent passer incognito :P

À ce jour, il y a 121 comptes. 121 !!! oO

À ceux qui hésitent à lancer leur propre service CHATONS, voici quel investissement cela demande (en gros).

Au début :
Il faut mettre en place le serveur. C'est le plus long et le plus fastidieux. Selon les choix que vous faites, entre du tout prêt (YUNOHOST) ou quelque chose de plus pointu correspondant à ce que vous souhaitez proposer (chiffrement du disque, hébergement du nom de domaine, accès chiffré...), il faut compter entre une semaine et un mois. Ça dépend aussi de votre aisance avec ces notions.

Quotidiennement :
Tous les jours, autant que possible, il faut essayer de réaliser ces tâches :

  • Vérifier si des mises à jour de sécurité sont disponibles et les appliquer : de 5 à 10 minutes en moyenne.
  • Répondre aux questions des utilisateurs qui rencontrent un souci pour paramétrer leur compte ou autre : 5 minutes en moyenne.
  • Inscrire un nouvel utilisateur s'il y a demande : 3 minutes en moyenne par demande d'inscription.
  • Vérifier quels serveurs sont mis en attente par spamd qui fait du greylisting et peut refuser des mails légitimes si l'expéditeur n'a pas toujours la même adresse IP. C'est rare, mais lorsque ça arrive il faut ajouter l'IP sur liste blanche à la main. C'est un antispam redoutable, d'autant plus efficace lorsqu'il est associé à spamassassin (qui tourne lui aussi sur le serveur), mais il demande un certaine veille. Il faut environ 5 minutes en moyenne.
  • Lire les rapports quotidiens générés par le serveur sur sa bonne santé : 2 minutes en moyenne.

Bien sûr, parfois c'est plus, parfois c'est moins, mais vous vous en doutez ;)

De temps en temps :
Vérifier que la zone DNS se porte bien, puisque j'ai choisi de l'héberger afin de respecter encore plus la vie privée des utilisateurs. Les demandes de résolution vers les domaines du CHATONS font autorité chez moi. Il y a eu un peu de cafouillage au début, mais le travail de 22decembre est maintenant rodé, et il suffit de regarder environ tous les mois sur dnsviz que DNSSEC est bien correct.

Faire des sauvegardes supplémentaires au cas où, tous les mois aussi pour les mails.

Les mises à jour de sécurité sont à réaliser aussi vite que possible. Tous les 6 mois, une nouvelle version d'OpenBSD est publiée et je me donne l'objectif de le faire au plus vite, sans tout casser non plus ;). Il faut entre 15 et 30 minutes pour ça, tout dépend.

Performances

Actuellement, seulement 1,1G d'espace disque est utilisé. Merci aux utilisateurs qui récupèrent directement leurs mails sur leur ordinateur. À ce rythme, on a vraiment de la marge.
La charge du système est très faible et le service mail ne consomme quasiment aucun temps de calcul de mon petit serveur. Même le filtre spamassassin se fait oublier. J'ai un serveur très modeste, et en regardant la charge système, c'est comme si le démon mail+antispam n'existait pas. :)
Il faut dire que le parefeu rejette pas mal de bruit (avec BlockZones et vilain), tout comme spamd, ce qui préserve le serveur.

Et alors?

À l'heure où la neutralité du net est encore mise à mal, notamment aux USA, je suis ravi que nous nous soyons lancé à l'aventure, puisque ça marche bigrement bien :)

Tout ce blabla pour dire merci à ceux qui nous font confiance et nous aident généreusement à maintenir ce service, notamment via liberapay ou par de gentils messages.
L'aventure n'est pas prête de s'arrêter :D

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Dimitri Robert : Sondage photo avec Framadate et Framapic

Vous connaissez peut-être Framadate, le premier service en ligne lancé par l’association Framasoft (aujourd’hui bien connue pour proposer des alternatives aux services en ligne qui se nourrissent de vos données privées). Framadate vous propose de créer des sondages pour convenir d’une date au sein d’un groupe de personnes (c’est une alternative à Doodle). Mais Framadate propose aussi de créer un sondage simple. Ici, nous allons créer un sondage photo : vous soumettez une galerie de photos au vote.

Comme Framadate ne peut stocker de photos, nous allons utiliser Framapic, un autre service de Framasoft, dédié au stockage temporaire d’images.

Voici comment faire en vidéo, avec en prime un aperçu des fonctions de Framapic.

Cet article Sondage photo avec Framadate et Framapic est publié sous licence CC By-SA 4.0 par Dimitri Robert sur Formation logiciel libre - Reprenez le contrôle de votre informatique !.

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yeKcim : Installer WriteTex

Pour écrire du LaTeX directement dans Inkscape, il y a l’extension Textex. Mais celle-ci est une plaie à installer :

  • sous Windows, parce qu’un grand nombre de dépendances, c’est pénibles à installer
  • sous Linux, parce que les versions récentes de Ghostscript ont supprimé une fonction utilisée par pstoedit (dépendance de Textext)

En cherchant une extension Inkscape pour gérer les traits de coupe, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais mais j’ai appris l’existence de WriteTex, qui fait approximativement la même chose que Textext mais avec pour seules dépendances : LaTeX et pdf2svg.

Pour l’installer sous Linux :

sudo aptitude install texlive pdf2svg wget https://raw.githubusercontent.com/wanglongqi/WriteTeX/master/writetex.{py,inx} -P ~/.config/inkscape/extensions/

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genma : Yunohost, deux ans après

Un petit billet rapide, en attendant le retour des billets techniques les prochaines semaines (et prochains mois).

Début décembre 2015, suite à une discussion avec l'ami Solarus lors du Capitole du libre de Toulouse, je me décidais enfin à franchir le pas de l'autohébergement. Je débutais donc l'année 2016 en publiant 2016 année de l'autohébergement ? au sein duquel j'expliquais le début de mon aventure sur le sujet. Depuis nombreux sont les billets que j'ai publié tagué et Yunohost, écrit au fur et à mesure des mois et de mon apprentissage et appropriation du système.

De la plupart de mes services hébergés sur les serveurs de Framasoft dans le cadre du projet Degooglisons, je suis passé à du tout auto-hébergé pour tout ce qui concerne mon propre besoin en terme de cloud. D'un Raspberry et carte SD, je suis passé à une machine de type mini-pc de récupération, avec 2 Go de mémoire et un processeur Intel Atom, une machine de faible consommation électrique, qui a presque 10 ans mais qui tourne toujours et convient parfaitement à mes besoins.

J'ai suivi et je suis les évolutions des différents projets autres, comme CozyCloud, mais je suis et je reste fidèle à Yunohost qui correspond vraiment à ce dont j'avais besoin. Ca marche, c'est stable (ça reste une base Debian stable et donc par définition, c'est stable). Je n'ai jamais réinstallé ma machine qui tourne depuis plus d'un an et demi et ma machine tourne H24. Je l'ai déjà redémarré (mise à jour du kernel), éteinte volontairement (ou involontairement comme dans le cas d'une coupure de courant prolongée).

Mais... Je fais les mises à jour. Je teste les packages dans une machine virtuelle avant (Voir Yunohost, Clonezilla et Virtualbox & Yunohost, Virtualbox, Interfaces réseaux). Je sais revenir en arrière. Je fais et j'ai testé la restauration de mes sauvegardes... Je ne bidouille pas ma machine de production.

J'ai déjà eu des coupures de courant, je n'ai pas de corruption majeure mais ce n'est pas une carte SD dedans. Mon mini PC tient la route est solide, le matériel est éprouvé et supporté depuis longtemps par Linux. Il n'a rien d'exotique et a été conçu pour tourner en continue (c'est le genre de mini-PC qu'on branchait derrière un écran, il a d'ailleurs le format VESA).

J'avais écris différents billets dont celui sur l'élitisme de l'auto-hébergement je vous y renvoie pour plus de détails, mais je continue de penser que l'auto-hébergement reste quelque chose destiné à des personnes s'y connaissant et ayant le temps d'apprendre (La preuve est le fait que j'ai une VM de recette, que je ne fais pas modifications directement sur ma machine finale, je fais des sauvegardes etc.).

Mais l'initiative de CHATONS, le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires continue son petit bonhomme de chemin. Je pense que cela reste la solution viable pour le grand public, pour celles et ceux qui n'ont pas, comme moi, la possibilité d'avoir du temps, l'envie d'apprendre etc. car ils ou elles ont plein d'autres choses à faire (et à juste titre). Car le plus important, que ce soit via soi-même ou via un CHATONS, c'est d'avoir un cloud respectueux de ses données personnelles.

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Jehan : Le projet ZeMarmot maintenant aussi sur Liberapay!

On nous parle régulièrement de Liberapay. Cette plateforme de financement récurrent est différente des plus connues (telles que Patreon or Tipeee) surtout du fait qu’elle est gérée par une association (française) à but non-lucratif avec des frais bien moindres (de ce que je comprends, il n’y a que les frais de paiement, mais pas de frais de plateforme!) puisqu’ils s’auto-financent sur leur propre plateforme (en outre, le code même du site est du Logiciel Libre).

Bien sûr, on ne peut qu’apprécier le concept. Par le passé, nous avons toutefois été réticent d’y faire un compte pour une raison principale: ZeMarmot est déjà présent sur 2 plateformes (quand nous avons commencé, nous ne connaissions pas Liberapay) et plus de plateformes signifie plus de temps utilisé pour la gestion, un temps que nous préférons utiliser plus intelligemment en codant du Logiciel Libre et dessinant/animant de l’Animation Libre.

Cependant, vous avez peut-être entendu parler des changements récents de frais de plateforme sur Patreon qui ont mis en colère le web (une simple recherche sur votre moteur de recherche favori vous trouvera des dizaines d’articles sur le sujet). Bon finalement ils sont revenus sur leur décision après quelques jours, en s’excusant, et tout et tout. Mais c’est un peu trop tard. Comme la plupart des projets sur Patreon, nous avons perdu plus de 20 patrons pour plus de 80$ de donation par mois (c’était les chiffres tels que je les avais comptés y a une semaine; probablement pire au final), soit plus de 10% des donations sur Patreon en à peine 4 jours. Et malgré les excuses de la plateforme, aucun des patrons partis n’est revenu. La confiance avec la plateforme est de manière évidente rompue aux yeux de certains.

C’est la raison pour laquelle nous avons finalement décidé d’ouvrir un compte sur Liberapay. Donc si vous aimez le projet ZeMarmot, ainsi que nos contributions à GIMP,  vous pouvez dorénavant aussi nous financer ici:

» ZeMarmot Liberapay page «
https://liberapay.com/ZeMarmot/

Différences principales avec les autres platformes:

  • donations possibles en EUR (€) ou en USD ($), c’est plutôt cool;
  • il n’y a pas de système de “nouvelles”, c’est donc à chacun de se tenir informé par ses propres moyens (par exemple en lisant le présent blog, ou encore en suivant le compte twitter du projet);
  • tous les donateurs sont anonymes (ce qui signifie notamment qu’ils n’apparaîtront pas dans le générique du film);
  • la page de projet est localisée (pour l’instant en français et anglais).

Notez qu’il ne s’agit que d’une option de donation additionnelle. Nous n’abandonnons pas ni Patreon ni Tipeee. Ne vous sentez donc pas obligés de vous inscrire sur cette autre plateforme si vous ne le souhaitez pas et appréciez Patreon/Tipeee.

Enfin nous rappelons que le projet ZeMarmot est géré par l’association française, à but non lucratif (loi 1901), LILA. En particulier, cela signifie qu’il y a aussi d’autres moyens de soutenir notre projet financièrement, notamment par des donations directes à l’association LILA (beaucoup de banques européennes permettent des virements sans frais à l’intérieur de l’UE, à vérifier avec votre banque; cela peut donc s’avérer la solution la plus efficace) ou Paypal (pour les très petits montants, les frais sont très chers, mais pour la plupart des donations, ils sont très acceptables), etc. Si vous souhaitez voir la liste complète des moyens de donner à LILA, et donc à ZeMarmot et pour du développement sur GIMP: https://libreart.info/fr/donate

P.S.: comme la plateforme Liberapay est plutôt cool et se finance par son propre système, nous avons décidé de donner un peu en retour (pour l’instant environ 2% des donations reçues, ce qui reste moins cher que les frais de toutes les autres plateformes).

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